Carhaix. A peine lancée, la liste « Oui la Bretagne » bat déjà de l’aile.

regionales

31/07/2015 – 07h00 Carhaix (Breizh-info.com) – Certains observateurs politiques y voyaient un « accord historique pour la Bretagne ». Force est de constater que la plateforme « Oui la Bretagne » pilotée par Christian Troadec, maire de Carhaix, pour les élections régionales, semble déjà battre de l’aile, moins d’un mois après son lancement.

Il est vrai que – selon que l’on soit de gauche, de droite ou du centre – les ralliements à la plateforme se justifient différemment. Pour l’UDB, l’Union Démocratique Bretonne, les choses sont claires : son jeune porte-parole Nil Caouissin prône toujours publiquement la lutte des classes et souhaite participer à une plateforme « de gauche progressiste ».

lutte_classes
Pour le Parti Breton, classé au centre-droit, cette plateforme avait plutôt vocation à rassembler toutes les énergies , au delà des étiquettes politiques, au service d’une Bretagne libérée. C’est d’ailleurs ce qu’avait rappelé Yves Pelle, son président, dans une interview qu’il nous a accordée récemment.

Ce dernier a récemment provoqué la colère des responsables de l’UDB, notamment pour cela. Tout ce qui n’est pas à gauche est forcément d’extrême droite si l’on en croit Gaël Briand, membre de l’UDB et rédacteur en chef du mensuel « Le Peuple Breton ». L’UDB en a d’ailleurs profité pour rappeler que le Parti Breton n’était pas membre officiel de la plateforme « Oui la Bretagne », laissant ainsi planer publiquement le doute sur cette alliance.

 briand

Outre ces attaques , c’est également sur le fond des idées qu’une profonde différence apparait, entre les composantes de « Oui la Bretagne ».  Christian Troadec n’hésitait pas il y a quelques jours à attaquer le Parti Socialiste mais aussi la majorité de gauche (dont l’UDB fait partie) au conseil régional de Bretagne sur sa gestion de la crise concernant les éleveurs et l’agriculture. Ceci lui a valu réprimande et condamnation de la part de Pierrick Massiot himself.

briand

Dans le même temps, Nil Caouissin, sur le site du Peuple Breton, fustige là encore Yves Pelle et le Parti Breton qui auraient commis la faute grave de critiquer la gestion budgétaire du Conseil Régional de Bretagne.  « Alors que la Région Bretagne était peu endettée, le déficit a explosé sous les présidences PS de Le Drian et Massiot ». Ce sont les mots du Parti breton. Que tʼinspirent-ils ? » demande le mensuel de gauche .  Et Nil Caouissin de répondre  : « Cʼest soit de la méconnaissance, soit de la mauvaise foi […] On retrouve là un vieux thème de la droite libérale : les investissements publics seraient forcement inutiles, du gaspillage […] Lʼéconomie de marché ne va pas créer elle seule, par génération spontanée, les secteurs économiques et les infrastructures qui nous manquent.».
Rappelons que Christian Guyonvarc’h est rapporteur du budget de la Région Bretagne et que Mona Bras tout comme Naig le Gars sont conseillers régionaux dans la majorité de gauche …tout en étant membre de l’UDB.

Face à ces attaques, le Parti Breton a demandé à Christian Troadec de réagir publiquement, ce qui se fait pour le moment attendre. Difficile pour le maire de Carhaix de réussir à concilier l’inconciliable, c’est à dire une gauche dure et versée avant tout sur l’idéologie et la posture , avec un centre plus ancrée dans le réel et acceptant d’aborder les questions sociétales, y compris « celles qui fâchent » . D’autant plus difficile qu’il s’avère compliqué de faire confiance à une équipe dont une partie travaille déjà à l’heure actuelle avec la majorité PS au Conseil Régional.

Christian Troadec est dans une position très inconfortable. Cette crise interne symbolise même un manque d’autorité, au delà de Carhaix, pour celui qui prétend également être candidat à l’élection présidentielle. L’électorat « Bonnets rouges » , sensible à la Bretagne, ainsi qu’au « vivre, décider et travailler au pays » ne se retrouve pas, majoritairement, dans l’idéologie progressiste à la sauce UDB (les résultats électoraux de cette formation ces dernières décennies le montrent d’ailleurs parfaitement).

Le baron du Poher semble néanmoins vouloir continuer à travailler et se laisser guider par cette minorité qui ne représente plus grand monde.

Or,  dans le même temps sur sa droite, des personnalités (proches de l’Institut de Locarn, du Parti Breton, de la société économique bretonne, des petites entreprises, en passant par certains comités des Bonnets rouges encore vivaces) ne demandent qu’à le suivre ou à l’épauler sur des bases libérées du socialisme archaïque du 20ème siècle.

Sans un recadrage et un éclaircissement rapide, le risque est désormais grand de voir le projet « Oui la Bretagne » capoter  hormis sans doute en Centre-Bretagne. Cela pourrait amener de potentiels soutiens à se tourner vers des listes plus traditionnelles, comme celle de Marc Le Fur et de Républicains pour les plus régionalistes ou celle de Gilles Pennelle et du Front national pour ceux qui veulent « rompre avec ce système ».

L’élection régionale de décembre 2015 se jouera sur le rejet – ou sur l’adhésion – à la politique menée par la majorité socialiste et ses alliés (UDB et EELV compris) en Bretagne depuis deux mandats, mais également sur les conséquences de la politique nationale gouvernementale. Certains paris semblent dès lors plus risqués que d’autres …

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

  • Marie Martin

    Les 3 protagonistes dans cette affaire ne sont que les idiots très utiles pour le PS donc, pour Le Drian.
    Ce n’est pas avec ces imposteurs que la Bretagne gardera son identité.
    Il manque que les Verts pour faire une belote.

  • Marie Martin

    Les Verts ne sont là que pour la gamelle.
    Et Troadec, là pour ses intérêts, son ego et joue sur tous les tableaux.
    Troadec a voté pour qui à la présidence des départementales du Finistère ? Elle n’est pas PS la Présidente Sarrabézolles?
    La ratification des langues régionales c’est aussi ratifier les langues minoritaires !

    • Sual

      « La ratification des langues régionales c’est aussi ratifier les langues minoritaires ! »

      Article 1 :

      Par l’expression «langues régionales ou minoritaires», on entend les langues:

      pratiquées traditionnellement sur un territoire d’un Etat par des ressortissants de cet Etat qui constituent un groupe numériquement inférieur au reste de la population de l’Etat; et différentes de la (des) langue(s) officielle(s) de cet Etat;
      elle n’inclut ni les dialectes de la (des) langue(s) officielle(s) de l’Etat ni les langues des migrants;

  • Marie Martin

    Il faut différencier « régionales » de « minoritaires » car certaines communautés estimeront que leur langue est « minoritaire ».
    En réalité, les régionalistes veulent faire croire qu’ils souhaitent préserver leur région alors même qu’ils ouvrent les vannes à l’installation de communautés.

    • An

      « En réalité »
      Mais oui ! Le Complot ! Le Système !

      « certaines communautés estimeront que leur langue est « minoritaire » »
      Et elles parleront aussi français. En plus. Elles sauront s’ouvrir et se fermer avec flexibilité, selon les situations et les intérêts.
      Quant à l’aborigène, il ne parlera que le français. Son monde sera ouvert à tous et ne proposera aucun refuge, aucune alternative.
      Qui sera en position de force ?

      « ils ouvrent les vannes à l’installation de communautés »
      Mais bien sûr.

      Les régionalistes sont au pouvoir depuis 50 ans. La Grosse Nazion France, avec son modèle unique et supérieur d’assimilation, a empêché le communautarisme et l’empêche encore.

      Vouloir rendre le breton obligatoire et administratif, c’est antilibéral socialement et économiquement. Mais sans doute n’avons-nous pas assez de libéralisme, celui qui permet l’immigration légale et illégale, entre autres ?

      Votre peur vous paralyse. Vous avez déjà perdu.

      • Marie Martin

        Ce n’est pas en ratifiant la charte des langues régionales ou minoritaires que nous allons garder notre identité culturelle. L’identité culturelle se conserve en la pratiquant déjà dans les foyers, au sein de la famille sinon ça devient folklorique.
        Bien au contraire, comme je vous l’ai dit, d’autres en demanderont autant et personne ne pourra leur refuser.
        La Bretagne est en France et pour commencer, c’est le Français qui devrait être bien enseigné et ensuite, les langues régionales établies sur le territoire depuis des lustres.
        Subventionner l’école Diwan c’est bien mais attention d’autres demanderont la même chose. Et ce très rapidement.
        Tout comme les écoles catholiques sous contrat, les écoles coraniques sous contrat ! Est-ce cela l’identité française ?
        Les Régionalistes ne sont que le fruit du Système et collaborent avec le Système pour se faire élire et suivre leurs consignes.

        • An

          Non mais ce que vous dites, ça fait depuis la IIIe république que c’est gravé dans le marbre comme ça. Et c’est toujours comme ça. Il vous faut quoi pour comprendre que le modèle est mort ?
          Ce que vous dites c’est « il y a danger mais surtout ne changeons rien ». Hum.
          La peur, encore. Alors que ya pas un pays qui a ratifié la charte (ça fait plus de 10 ans) où ça ne se passe. Je ne dis pas que ça n’arriverait pas. Mais eux, ils tentent. Ils travaillent. Prennent un risque. Sont vivants. Ils ne pleurent pas avant d’avoir mal. L’Europe n’est d’ailleurs jamais totalement anti-européens. La charte, c’est justement dans l’optique de favorisé une élite enracinée. Si l’ouverture à l’Europe de l’est est dure à digérer, que c’est d’abord pour le fric et l’Allemagne, ça limite encore beaucoup l’immigration extra-européenne (mais si vous préférez un plongeur paki ou sénégalais plutôt qu’un polak ou magyar, parce que vous êtes Frônçaise, ça vous regarde).
          Aimer autant son pays et ne pas lui faire confiance, c’est que c’est un amour de routine, certainement pas de la passion.
          Et l’excuse.
          C’est la faute à l’Europe ! Bruxelles, Bruxelles, Bruxelles (trois fois, trois fois par jour, « Bruxelles cause tous les maux » tu répèteras). Aux Stasunis ou aux Chinois. Ah, les Allemands aussi ! Mais oui, surtout les Allemands ! C’est vrai ! Les Grecs, un peu, depuis peu.
          Si la France on l’avait laissé toute seule, on vivrait déjà en harmonie partout dans le monde mais l’hexagone resterait le plus beau pays de cocagne ! Ah si seulement on l’avait reconnu à sa juste valeur, elle n’aurait jamais fait sa dépression, la chère France ! Pauvre choupinette !
          Non, c’est la faute de la France et des Français, et puis c’est tout.
          L’orgueil, la dignité, les seuls choses qui donnent de la grandeur, ça commence par la responsabilité.
          Vous êtes au courant sinon que pleins de démographes français sont tout fiers de dire que le français sera la langue la plus parlée au monde grâce à… l’Afrique ?
          Que vous n’aimiez pas que les Africains arrivent en France avec leurs coutumes, je veux bien (moi, il ne me dérange pas plus que ça en eux-mêmes, ce qui me dérange c’est que ce sont de pauvres hères manipulés pour maintenir les pauvres contres les pauvres, pendant que les ultra-riches cosmopolites regardent le show en faisant tourner le pop-corn au caviar, c’est l’impuissance de l’Europe qui me chiffonne et c’est sa faute à elle, pas à d’autres) mais, comme je l’ai dit, les citoyens d’un pays ne parlant que le français et un globish seront affiablis, peu importe leur nombre (béquille de plus en plus courte), face à des communautés parlant le français, le globish ET le peul, ou le mandarin, ou je ne sais quoi.
          Quand à l’arabe, ils se fichent comme de l’an 40 de cette charte. Les pays arabophones n’ont qu’à récupérer les arabo-français brillants et qui font de bonnes études (que la vieille sur le retour Marianne n’a jamais excité, on les comprend) pour mettre la pression. Ou ils retournent dans le pays de papy pour investir leur savoir (payé par l’EducNat, donc les impôts français, investissement spoilié de plus en plus tous les ans qui passent avec le Maroc, l’Algérie ou d’autres avec trois fois plus de croissance éco que la RF) et leur patrimoine pour certains, ou des crédits (banques françaises, certes, pour ce que ça vaut pour les citoyens mais de plus en plus les banques locales, la mondialisation bancaire n’en est qu’à ses débuts, ça va faire très mal dans 10 ans quand elle sera vraiment comme les autres secteurs de l’économie, tous les indices de crises et de corruptions de plus en plus nombreux n’en sont que les symptomes).
          La France est ménopausée depuis longtemps (François Ier environ: Villers-Cotterêts, alliance avec les Turques, campagnes militaires pitoyables et du stupre, du luxe gras à la cour pour faire le change, tout en piquant les artistes des autres, pendant que son copain de débauche Henry faisait « fuck » au pape et posait les bases de la future plus grande culture de l’Histoire de l’Humanité, qui le restera encore un bon moment). Et à force d’avoir écarter les cuisses un peu partout dans le monde en croyant tenir la culotte à la fin, elle s’est retrouvée encore plus cocue qu’elle n’a cocufié, avec pleins de maladies vénériennes en prime.
          Hé ?
          Hé ouais. C’est la vie ! Comme on dit à Yaoundé et Antananarivo.

          • Marie Martin

            Ecrivez donc un livre …

          • An

            Lisez donc des livres…

    • Sual

      Les régionalistes ouvrent les vannes à l’installation de communautés en militant pour la signature de la charte ???

      -1/ Vous avez lu la charte ?

      -2/ Vous ne soutenez pas que les vannes à l’installation de communautés sont DEJA ouvertes ?

      • Marie Martin

        Une fois ratifiée, cette charte sera élargie aux autres communautés avec tout ce qui va bien avec. Il suffit de modifier quelques mots.
        C’est comme les référendums : le Non se transforme en Oui !
        Les Régionalistes tel que Troadec, Pelle, Mona Bras, Le Fur, Le Drian sont pour cet élargissement.
        « vannes déjà ouvertes », oui, mais par qui ? le débit s’accentue de jours en jours.
        Il suffit de connaître la position de ces régionalistes quant à l’élargissement de cette charte aux autres communautés et là, vous aurez tout compris.

  • jaouen

    Bonsoir.

    Primo, l’électorat des BR est à gauche en Centre-Bretagne, qui n’est pas le centre du monde. En Loire-Atlantique et même Morbihan les BR sont pour l’essentiel des artisans voire des ouvriers qui penchent souvent à droite pour en connaître plusieurs.
    Deuxio, je vais vous dire franchement, Locmaria Berrien, Mellionec et Spézet, on s’en fout. Aujourd’hui la Bretagne est portée par trois départements, où se concentre 100% des entreprises à forte valeur ajoutée, 95% des capacités de recherche et des entreprises qui ont un avenir, la quasi-totalité des entreprises exportatrices, 2/3 des emplois, 45 des 50 plus gros employeurs, presque tous les ports important, toute la capacité de production électrique etc, Ce sont la Loire-Atlantique, l’Ille-et-Vilaine et le Finistère. Ce sont eux qui commandent et ce sont leurs électeurs qui doivent être écoutés. Si le Centre-Bretagne n’en veut pas, une aumône à leurs communes deshéritées sous la forme de la péréquation, un parcours touristique et ce sera réglé. Leurs élus seront à plat ventre pour avoir encore un peu de gruau.

    • Gaëtan

      Je n’ai jamais prétendu que le Centre-Bretagne était le centre du Monde, je répondais juste à l’article dans lequel on pouvait lire que l’électorat de Troadec dépassait difficilement le Centre-Bretagne.
      Et Troadec a tout intérêt à maintenir sa ligne politique à gauche puisque c’est dans les communes rurales du Centre de la région qu’il réalise ses meilleurs scores, certainement pas dans le 44 ou le 56.
      Je connais aussi le milieu des artisans et je ne peux que vous contredire lorsque vous affirmez que ceux-ci soutenaient les BR. Les artisans au passage ne penchent pas tant que ça à droite, beaucoup d’entre eux votent UDI ou PS (merci le CICE).
      Votre attention portée aux départements n’a aucune cohérence, il serait plus pertinent de raisonner en terme de pays. Le pays de Douarnenez – en déclin – aurait plus de poids que celui de Lorient selon votre logique ?
      Vous préconisez de rétablir le suffrage censitaire ? La démocratie devrait être un exercice réservé aux habitant(e)s de Rennes, Nantes, Brest, Saint-Nazaire, Quimper, Quimperlé et Lorient ? J’ai bien peur que dans ce cas les résultats vous déplaisent mais conviennent aux habitants du Centre-Bretagne que vous semblez mépriser (ça vaut mieux qu’un parcours touristique croyez moi, et ne leur parlez pas d’aumône c’est pas leur genre). Si d’après votre proposition le 22 et la coquille vide que constitue l’essentiel de l’activité économique du 56 sont privés du droit de vote l’UMP et le FN peuvent s’abstenir de présenter des listes, ça ira plus vite.