Corse. Jean-Guy Talamoni engage le bras de fer face à M. Valls et l’Etat français [+ video ]

Talamoni

21/12/2015 – 07h00 Bastia  (Breizh-info.com) – Tout un symbole : Jean-Guy Talamoni le nationaliste corse, a donc été élu nouveau président de l’assemblée de l’Ile de beauté. Et cela même alors qu’il  appartenait, au premier tour des élections régionales, à une liste minoritaire qui a fusionné avec celle de M. Simeoni. C’est la première fois, depuis la création de l’assemblée en 1982, qu’un représentant des nationalistes occupe cette fonction. Un événement qui fait de ce jeudi 17 décembre une journée fondamentale dans l’histoire du peuple corse.

Elu au troisième tour de scrutin à la majorité relative, il a pris place dans le fauteuil qu’occupait jusqu’ici Dominique Bucchini. Lors du vote, Jean-Guy Talamoni a obtenu les 24 voix des élus nationalistes sur les 51 sièges de l’Assemblée. Le candidat de la gauche, Paul-Marie Bartoli, a obtenu 12 voix et celui la droite, Camille de Rocca Serra, 11. Quatre élus (FN) ont voté blanc.

Le nouveau président de l’assemblée de Corse a ensuite prononcé intégralement son discours en langue corse, en faisant notamment référence à l’histoire du combat nationaliste depuis plus de quarante ans. De la défense et la promotion de la langue corse au le développement économique en passant par l’amnistie des prisonniers politiques, M. Talamoni a déroulé l’intégralité des revendications traditionnelles des militants indépendantistes corses.  «En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n’était pas un morceau d’un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d’être au monde» a-t-il expliqué dans un discours particulièrement fort et teinté d’émotion et de fierté retrouvée. «Demain, nous obtiendrons l’amnistie des prisonniers et des recherchés (…) et personne ne pourra s’opposer à cette volonté populaire», a ainsi déclaré M. Talamoni avant d’être applaudi par les élus nationalistes, le reste de l’assemblée observant la scène, médusée.

A ses détracteurs, qui multiplient les sorties dénonçant un discours exclusivement en corse, M. Talamoni s’est empressé de répondre sur BFM TV :  « Mon pays, c’est la Corse, argue-t-il. Nous n’avons voulu offenser personne, nous avons le plus grand respect pour la France qui est un grand pays. Mais, nous sommes nationalistes, notre langue, c’est le corse, et nous avons été mandatés pour défendre la langue corse ». M. Talamoni s’est également prononcé en faveur de la préférence régionale, en expliquant notamment : «Nous proposons à ceux qui sont résidents depuis dix ans d’avoir exactement les mêmes droits que nous »

Le sujet des prisonniers est particulièrement sensible, Manuel Valls, Premier ministre, étant opposé à toute amnistie : « Un sujet sur lequel nous serons intraitables : il n’y a pas de prisonniers politiques corses, il n’y a pas de préalable », aurait-il déclaré mardi soir à Paris. Pour lui,  l’existence d’un peuple corse distinct du peuple français n’est pas envisageable même si le Premier ministre prend des « pincettes » .« Je veux dire à Monsieur Talamoni que la Corse c’est la France. Elle sera toujours la France », avait prévenu Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, dans un entretien à Corse-Matin, en août 2013.

« vous êtes devenus fou ou quoi les Bretons ? Vous avez réélu le chef des armées françaises oh ? »

Le gouvernement a finalement très peu communiqué sur le sujet du vote corse depuis dimanche soir, bien qu’étant un vote de défi contre la République. Un vote qui fût un signal fort adressé par les Corses : « ici c’est la Corse, pas la France. La République, nous n’en voulons pas .» nous explique un militant nationaliste joint par téléphone, qui nous fait d’ailleurs part de son incompréhension sur le vote en Bretagne avec l’accent typique des insulaires : « vous êtes devenus fou ou quoi les Bretons ? Vous avez réélu le chef des armées françaises oh ? ». 

Les prochaines semaines pourraient bien être animées, déjà au sein de l’assemblée de Corse, puis lorsque viendront le temps des négociations avec Paris. La Corse – qui bénéficie déjà d’un statut spécifique au sein de la République française – pourrait en effet devenir une source d’inspiration pour d’autres peuples qui – dans l’hexagone – cherchent également à élever la voix. On pense aux Bretons – toutefois condamnés à l’échec tant que l’autonomisme ou l’indépendantisme sera relégué au second plan par rapport aux aspirations idéologiques de gauche, ce qui n’est pas le cas en Corse. On pense à l’Alsace, où les autonomistes viennent de faire 10% aux élections régionales. Mais pourquoi pas aussi aux Basques ou aux Catalans dont la patrie charnelle est coupée en deux entre la France et l’Espagne ?

Face à la crise profonde qui traverse l’Europe et particulièrement la France (crise économique, politique, institutionnelle) , le retour au premier plan des petites nations et des peuples avalés par les Etats-Nations est en passe de devenir une réalité. Après l’Ecosse, après la Catalogne, c’est la Corse qui semble vouloir prendre sa destinée en main – y compris le contrôle de ses flux migratoires comme le soulignait Talamoni en septembre. Au grand dam des partisans de l’Etat-Nation.

Photo : DR
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  • jaouen

    On n’est pas fous, on est réalistes? La droite bretonne n’est pas à la hauteur (ni en Bretagne administrative, ni en « Pays de la Foire » d’ailleurs). Et puis cela arrive très souvent que le chef des armées françaises soit un breton. JYLD est dans la continuité de la tradition historique. Du Guesclin, Arthur III de Richemont, et bien d’autres…

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  • mélennec

    DU DOCTEUR LOUIS MELENNEC, PARIS.

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    QU’EST-CE QU’UNE NATION ? LA CHUTE DEFINITIVE D’UN CONCEPT FAUX D’UNE FAUSSETE ABSOLUE : LA REPUBLIQUE FRANCAISE N’EST NI UNE, NI INDIVISIBLE.
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    La Nation est un groupe humain vivant ensemble, sur le même territoire, partageant les mêmes valeurs, les mêmes joies, les mêmes épreuves, parlant ou non une même langue, sous un gouvernement commun. Au bout d’un temps, ces hommes et ces femmes se lient ensemble, par ce que nous appelons un sentiment d’identité commune – ou sentiment national -, distinct de celui des peuples voisins, qui ont subi la même évolution, et qui sont vécus comme des étrangers. Point n’est besoin de connaître à fond l’histoire des sociétés anciennes ni modernes, pour comprendre ce phénomène : il est lié consubstantiellement à l’espèce humaine : les peuples – ou nations – ont existé de tous les temps, de même que le droit international, au moins sous une forme rudimentaire.

    C’est une stupidité de dire qu’il n’y a dans l’espace hexagonal dénommé « La France », qu’une seule nation. La nation française existe, c’est vrai. Elle est au centre de ce qu’on dénomme assez ridiculement « l »hexagone ». Mais à la périphérie, il y d’autres nations : les Basques, les Bretons, les Corses, les Flamands, les Savoisiens et les Niçois … La liste n’est pas close. Les Bretons et les Basques sont identifiés avant les Francs et les Français; leur histoire est beaucoup plus ancienne, leur langue aussi. Les Corses, pas davantage que les Bretons, les Savoisiens, ne sont pas ce que l’on a appelé absurdement des « composantes du peuple français ». Ce sont des Nations à part entière, au même titre que les Ecossais, les Catalans, les Gallois … Elles tirent leur Dignité d’elles-mêmes, en AUCUN CAS d’une quelconque concession d’un quelconque Etat colonial.

    La négation des nations périphériques dans l’espace « hexagonal » est l’effet d’une IMPOSTURE, d’une MANIPULATION MENTALE nées en 1789, dans des cerveaux malades, qui ont prétendu par la violence et la corruption des esprits imposer à ces nations antiques une religion fausse, frelatée, faite d’inexactitudes destinées à les soumettre et à les humilier.

    La vérité est aujourd’hui connue. Elle détruit d’une manière définitive ce qui a été enseigné par la contrainte aux enfants des écoles, de 1789 à aujourd’hui … »

    LOUIS MELENNEC, Extraits d’une conférence enregistrée à Paris sur le Thème : « Qu’est-ce qu’une Nation ».

  • Antoine

    Retour étonnant de l’histoire.

    La révolution française a été reprise en main par le coup d’état de Brumaire. En fait Bonaparte était un nationaliste corse, des écrits pendant sa jeunesse démontrent qu’il détestait la France. Il serait intéressant de publier ces correspondances occultées. Il quitta la Corse car en rivalité avec le clan Paoli. Des rivalités typiques en Corse et qui perdurent. Ensuite Bonaparte revint en Corse expulsant le clan rival.

    Maintenant on découvre le politique Gilles Simeoni, une classe et un charisme inconnue chez les politiques hexagonaux.

    • An

      Bonaparte était surtout bonapartiste. Ces derniers écrits expliquaient comme l’Angleterre devait mater la France.
      Sinon, la Corse nous donne une leçon. En espérant qu’ils réveillent les Bretons. Les Corses sont malheureusement trop peu nombreux. Tout comme les Basques. Ils ont besoin des Bretons et des Alsaciens. Nous sommes malheureusement moralement minables. « Fou » est nous faire trop d’honneur. Ce sont les Corses qui sont fous. Vive la Corse !

    • An

      Sur Simeoni, oui. Il était connu des tous les antijacobins depuis son élection à la mairie de Bastia (quelle belle ville, bien plus que l’ennuyeuse Ajaccio). Maintenant, il gagne en aura. Bon candidat pour les Presidentielles ? Meilleur orateur que Troadec mais il est corse… et il faut conquérir le Français lambda pour qui le Breton est sympathique et le Corse mafieu. Mais en « PM » de campagne de Troadec, ça serait parfait. Malheureusement, les Bretons sont de minables peureux.

  • Gaëtan

    Vous avez oublié de commenter les réactions de vos amis du Front National. Les élus FN se sont offusqués du discours en corse et ont employé le terme « ennemi de la France »… Et dire que vous assurez la promotion de leurs idées sur ce site !

  • florian

    les breton fou? non je crois pas, plutôt des moutons qui suive bêtement les autre sans savoir ou aller en tout cas pour moi, il foute le bordel parce qu’il en on marre des charge assommante de l’état actuel mais pourtant il on quand même voté hollande a ni rien comprendre. des grandes gueule (pour la plupart)