Plougonvelin. Franc succès de la conférence sur l’abbé Perrot

perrot

11/12/2016 – 11H15 Plougonvelin (Breizh-info.com) – Ce samedi 3 décembre à Plougonvelin (Pays du Léon), se tenait en fin de journée une conférence ayant pour thème « Au-delà de la polémique : l’abbé Yann-Vari PERROT et Plougonvelin ». Plus de 70 personnes étaient présentes dans la médiathèque de la commune.

Organisée par P.H.A.S.E. Iroise

À l’origine de cette initiative, se trouve une association locale, P.H.A.S.E. Iroise (Plougonvelin, Histoire et Avenir, Souvenirs et Ecoute), dont le président Rémy Le Martret a décidé de sortir des sentiers battus sur un sujet qui a longtemps exacerbé les passions en Bretagne. Et c’est ce même Monsieur Le Martret qui a expliqué pendant plus d’une heure et demie les liens entre Plougonvelin et celui qui reste pour beaucoup un des piliers de l’Emsav, Yann-Vari Perrot. Retraçant la vie du recteur de Scrignac, l’exposé évoquait en premier lieu sa jeunesse à Locmaria-Plouzané, commune où l’abbé Perrot dira sa première messe en juillet 1903 à l’occasion de la Sainte Anne (Santez Anna).

La trame de cette conférence a d’ailleurs fait précédemment l’objet d’un article très exhaustif sur le site de l’association P.H.A.S.E. Iroise disponible ici .

Des anecdotes intéressantes

Au delà du travail méticuleux fournit par Rémy Le Martret, notamment par le recueil de témoignages de personnes encore vivantes, quelques anecdotes et autres digressions sympathiques venaient étayer les propos du conférencier. Ainsi, il nous était rappelé par exemple la présence de l’abbé Perrot à l’enterrement de Yann Sohier, nationaliste breton et « instituteur de gauche », en 1935 à Plourivo, venant mettre un bémol aux étiquettes collées un peu trop facilement depuis 70 ans sur la personnalité du recteur. Mais il fût également question de poésie et du travail de collecte de l’abbé Perrot lorsqu’il créa en 1906 le concours du « Barzaz-Bro-Leon ».

Nous apprendrons au passage que des nuances notables existent entre la version d’époque du chant « Gwir Vretoned » (Vrais bretons) et celle popularisée aujourd’hui.

Un refus du politiquement correct rafraîchissant

Pour expliquer la complexité du personnage de Yann-Vari Perrot, Rémy Le Martret a rappelé à l’assistance la médaille de guerre obtenue par l’abbé à l’issue de la guerre 1914-1918 pour sa bravoure en tant que brancardier sur le front mais aussi la mort de deux de ses cousins lors de l’épisode de Conlie pendant la guerre franco-prussienne (1870), épisode ignoré de l’histoire bretonne.

L’occasion pour le conférencier de faire malicieusement remarquer que cette histoire bretonne n’était pas enseignée et, « qu’à titre personnel », il ne comprenait pas pourquoi il y avait des rues Gambetta en Bretagne aujourd’hui. Ce sont en partie ces événements de Conlie qui feront rejaillir le sentiment autonomiste puis nationaliste breton au début du XXème siècle. La conférence s’achèvera plus tard sur la période trouble des années 1940, lorsque l’abbé Perrot sera assassiné le 12 décembre 1943 à Scrignac par un membre des factions communistes locales. Le président de l’association P.H.A.S.E. souligna la confusion qui règne toujours dans les esprits entre la personne de l’abbé Perrot et la création de la milice bretonne en réaction à sa mort, le Bezen Perrot, auparavant Bezen Kadoudal, dont le recteur de Scrignac en désapprouvait plusieurs aspects.

Il est à noter que, contrairement  à des conférences passées sur le sujet, le conférencier conclut son intervention en insistant sur le fait que « chacun se fera son opinion, en toute liberté ».

À l’issue de cet exposé, nous avons posé quelques questions à Rémy Le Martret sur sa démarche dans l’interview suivante :

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

  • feiz ha breiz

    L’abbé Perrot est et restera le personnage religieux
    le plus emblématique du siècle dernier par son engagement pour la défense de la culture bretonne et l’identité bretonne.