Bernard Lannes réélu à la tête de la Coordination rurale

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Bernard Lannes (au centre) président de la Coordination rurale

13/12/2016 – 08H00 Tours (Breizh-info.com) –  La Coordination rurale tenait son congrès,  le mercredi 7 décembre 2016 et le jeudi 8 décembre 2016 à Tours. A cette occasion, Bernard Lannes, a été réélu président national de la Coordination rurale à l’occasion de l’assemblée générale élective du syndicat. Il entame ainsi son troisième mandat (3 ans) consécutif à la tête du 2e syndicat agricole français.

Depuis décembre 2010, Bernard Lannes est impliqué au sein de la Coordination Rurale depuis la création du syndicat en 1992 ; il était alors déjà un militant syndical très actif. Le Gersois s’est dit heureux de cette nouvelle marque de confiance et s’est engagé à poursuivre le combat avec toujours autant de ferveur.

Voir ci-dessous notre rencontre avec M. Lannes lors du Space 2015 de Rennes

SPACE de Rennes. La colère des agriculteurs , la fuite des ministres [reportage photo et vidéo]

La nouvelle équipe de ce 3e mandat

Le nouveau comité directeur de la Coordination Rurale a également été élu à l’occasion de cet événement. Il compte 17 membres, dont 7 nouveaux entrants, qui ont à cœur de poursuivre ensemble le combat mené par leurs prédécesseurs et de poursuivre la progression du syndicat dans la perspective des élections professionnelles de 2019. A noter la présence de trois Bretons dans ce comité directeur.

Nouveau comité directeur de la Coordination Rurale :

  • Bernard Lannes (Occitanie), président
  • Véronique Le Floc’h (Bretagne), secrétaire générale
  • Damien Brunelle (Hauts de France), secrétaire général adjoint
  • Hervé Miachon (Auvergne-Rhône-Alpes), 1er vice-président
  • Lydie Deneuville (Bourgogne-France-Comté), 2e vice-présidente
  • Philippe Thomas (Grand Est), 3e vice-président
  • Max Bauer (Paca), 4e vice-président
  • Jean-François Couëtil (Bretagne), trésorier
  • Yvette Lainé (Normandie), trésorière adjointe

Autres membres : Pascal Aubry (Pays de la Loire), Éric Chassagne (Nouvelle Aquitaine), Nicolas Courmont (Auvergne-Rhône-Alpes), Sylvie Girard (Nouvelle Aquitaine), Hervé Guillerm (Bretagne), Martial Lecoq (Normandie), Philippe Ribault (Centre Val de Loire), Marius Synesius (Guadeloupe) et Bertrand Venteau (Nouvelle Aquitaine).

Une volonté de transparence et de remettre le syndicalisme au service des agriculteurs

Durant le congrès, plusieurs intervenants se sont succédés, et l’on pourra retenir notamment l’intervention de la géographe Sylvie Brunel, qui a rappelé l’importance de l’agriculture dans notre société et par là-même la nécessité de rendre à l’agriculture la reconnaissance de son travail pour la société tout en ne tombant pas dans l’image de « l’industrie de la peur ». Elle a par ailleurs souligné l’incohérence entre la volonté croissante d’avoir une agriculture toujours meilleure et la tendance ordinaire à tirer toujours davantage les prix vers le plus bas.

Intéressant également l’intervention de l’anthropologue Jean-Pierre Digard qui a cherché à répondre point par point aux accusations d’associations de défense animale. Il est d’ailleurs dommage qu’un intervenant de ces associations n’ait pas été convié, le débat aurait été passionnant.

Autre intervention, qui a eu le mérite de régler le compte des grandes coopératives, celle de Xavier Hollandts professeur de stratégie à la Kedge Business School, qui  a envoyé un uppercut : « Comment peut-on avoir des coopératives qui ont de plus en plus d’argent et des agriculteurs qui ont du mal à vivre de leur métier ? » en rappelant que ces coopératives devraient avant tout être au service des agriculteurs. « Les agriculteurs n’ont jamais été aussi compétitifs et paradoxalement, ils n’ont jamais été autant en difficulté » a-t-il déclaré.

Un engagement contre le démantèlement de l’agriculture et les aides à la reconversion

Dans son discours de clôture, Bernard Lannes, le président, s’en est pris au ministre « à mi-temps » de l’Agriculture Stéphane Le Foll et au dispositif d’aide à la reconversion des agriculteurs récemment adopté. Xavier Beulin, président du syndicat FNSEA a par ailleurs été accusé de « conflit d’intérêt entretenu par une cogestion outrancière ».

La convention MAAF-Pôle emploi-Vivea pour l’aide à la reconversion signée le 18 novembre « est en réalité une politique de démantèlement de l’agriculture et de concentration des outils de production », a dénoncé le président de la Coordination rurale. « Il est particulièrement scandaleux que les candidats à cette aide à la reconversion aient à renoncer, définitivement, à l’agriculture » a-t-il indiqué tout en rappelant « l’année noire 2016, marquée par les intempéries, la crise de la grippe aviaire et la chute des cours, qui pourrait être fatale pour de nombreuses exploitations agricoles ».

La convention porte sur plusieurs points : 

 MAAF apporte son soutien dans le cadre du dispositif d’aide à la réinsertion professionnelle (ARP) : une aide au départ de 3 100 € par actif (majorée de 50% en cas de déménagement), ainsi que la possibilité de financer des formations jusqu’à 2500 € ;

VIVEA, dans le cadre du congé formation, apporte son soutien aux chefs d’exploitation par une prise en charge de la formation plafonnée à 2500 € par personne pouvant être complétée par des cofinancements. VIVEA a décidé de consacrer 5 M€ au dispositif sur 2017 et 2018.

Pôle emploi intervient dans le cadre de sa mission de mise en œuvre des parcours de formation professionnelle, en mobilisant notamment les moyens supplémentaires alloués dans le cadre du « Plan 500 000 formations » : conseil en évolution professionnelle (CEP) du demandeur d’emploi ; financement des formations (le cas échéant avec VIVEA et le MAAF en co-financeurs), rémunération des stagiaires en formation et allocation d’aides à la mobilité.

Plus que jamais, cette convention 2016 de la Coordination rurale aura démontré le souhait du syndicat agricole d’aller de l’avant et de mener un combat déterminé en faveur des agriculteurs et des paysans.

Photos : breizh-info.com
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