Loire-Atlantique : Qui sont les candidats EELV aux législatives ?

02/01/2017 – 08H00 Nantes (Breizh(-info.com) – En Loire-Atlantique, Europe Ecologie les Verts (EELV) a désigné neuf candidats aux législatives. Une seule circonscription n’est pas couverte – celle de François de Rugy (44-1 Nantes-Orvault), qui a quitté le parti avec fracas en 2015. Celui-ci est maintenant candidat aux primaires PS pour le parti associé Ecologistes ! dont il est président et qui regroupe les écolos qui ont rallié le PS, en échange de postes ministériels, ou pour ne pas perdre leurs sièges à l’Assemblée nationale ou dans les collectivités locales. EELV annonce qu’un candidat sera investi dans la 44-1 en mars prochain.

Dans la 2e circonscription (Nantes-centre), Pascale Chiron sera dans une position pour le moins inconfortable : adjointe à la mairie de Nantes, il lui faudra pour faire un bon score critiquer la municipalité dont elle fait partie – on doute cependant que ce sera sur les graves manquements de la politique de sécurité publique de la municipalité, dont sont victimes au quotidien les commerçants des marchés de la ville et même ceux du marché de Noël.

Et elle ne pourra guère se limiter à une candidature de témoignage, car son score sera comparé à celui qu’elle a fait aux municipales en 2014 : 14,55% au premier tour, après lequel elle a fusionné sa liste avec celle du PS. Dans certains bureaux de vote elle a fait bien mieux : ainsi, à Molière n°302 (Decré-Bouffay) elle a atteint 25.19%, Molière n°301 (Hôtel de Ville) 17.49%, Emile Péhant n°310 (Champ de Mars) 24%, Emile Péhant n°320 (Olivettes-Madeleine) 25.24%, Emile Péhant n°308 (Baco) 21,51%, André Lhermitte n°422 (Brasserie) 20,99%, André Lhermitte n°423 (Salorges) 21.29%, Jean Jaurés n°103 (Bel Air) 21,91%, Jean Jaurés n°105 (Saint-Stanislas) 18,47%, Jean Jaurès n°104 (22,38%), Stalingrad n°222 et 223 (entre la rue Gambetta et la gare) 20,57 et 21,52% etc. Le dénominateur commun de tous ces quartiers du centre historique : ils se sont beaucoup embourgeoisés et sont souvent très inégalitaires : rue Fouré, entre les allocataires des Médecins sans frontières ou du G.A.S.PROM, et les locataires très bourgeois des appartements aux étages – ou les cadres de Nantes Métropole qui déjeunent dans la rue le midi – il y a un abîme. Côté carte postale de la « ville où il fait le mieux vivre », en revanche, ils sont aussi très cosmopolites.

Architecte-urbaniste de formation, Pascale Chiron a occupé divers postes au sein des municipalités successives nantaises : conseillère municipale à la Qualité environnementale des bâtiments publics grâce à l’appui de Ronan Dantec qui la fait entrer dans la liste de Jean-Marc Ayrault, puis adjointe à l’Énergie et enfin (depuis 2014) 3e adjointe au « Logement, habitat et formes urbaines, nouvelles façons d’habiter » (sic) ; elle est aussi en charge, pour Nantes Métropole, de la stratégique vice-présidence du Logement social. Issue d’une famille d’enseignants de la Chapelle sur Erdre, écolos avant l’heure – ils ont été les premiers de la commune à produire de l’électricité à partir de panneaux solaires –  elle vit en couple avec un musicien et a deux enfants avec lui.

Dans la 3e circonscription (Nantes / St Herblain / St Etienne de Montluc), fief PS inexpugnable, c’est Judith Leray qui est investie. Celle-ci y était déjà candidate à la législative partielle avec Jean-François Talio (17,05% des voix), soit 11% de plus qu’en 2012, une progression à nuancer cependant compte tenu d’une campagne courte et d’une participation de moins de 25%. Elle était aussi candidate aux municipales à Saint-Étienne-de-Montluc en 2014, à la tête d’une liste « de gauche et verts » qui a fait 13,01% ; elle est élue d’opposition dans cette commune.

Dans la 4e circonscription (Nantes-Rezé), autre fief de gauche, c’est François Nicolas qui a été investi par EELV. Cet informaticien de Rezé est aussi un apparatchik du parti. Il faisait partie en jusqu’en mai 2016 du bureau exécutif régional (BER) qui s’est penché en juillet 2015 sur la possibilité d’exclure les proches de François de Rugy au sein d’EELV. Ce BER réunissait, au téléphone, Elen Debost, Dorian Piette, Jean-Michel Braud, Catherine Bassani-Pillot, Danièle Estay et François Nicolas. Il fait aussi partie de la coordination anti-nucléaire de la région nantaise, du collège habitant au sein du conseil économique et social communal de Rezé – il en a été le président de 2008 à 2014 et du collectif de gestion du Retz’l, une monnaie locale lancée à Rezé.

Dans la 5e circonscription (Nantes-Erdre, Nort, la Chapelle-sur-Erdre, Ligné) EELV a investi Franco Fédélé. Cet architecte est l’un des cinq auteurs du rapport pour le réaménagement de Nantes-Atlantique présenté par les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Il a aussi animé l’atelier citoyen constitué pour enrichir le débat sur l’amélioration possible de l’aéroport existant. Il était aussi suppléant aux candidats EELV pour le canton de Nantes-6 en 2015 et en 19e place sur la liste pour la Loire-Atlantiques aux régionales 2015.

Dans la 6e circonscription (Châteaubriant, Ancenis, Blain, Saint-Nicolas de Redon) EELV a investi Corinne Desfosses. Complètement inconnue localement, elle fait partie de la commission thématique Enfance-Education-Formation d’EELV dont elle a été élue au bureau ; elle est professeur d’histoire-géographie et éducation civique dans un lycée ; elle a enseigné 14 ans au lycée public Camille Claudel de Blain.

Dans la 7e circonscription (Guérande – Pontchâteau – St Gildas des Bois) EELV a investi Yves Coquard. Chauffeur-livreur, habitant à Saint-Molf et père d’un enfant, il est engagé dans une association de solidarité avec le Togo. Il a déjà été candidat aux cantonales, sur le canton de Guérande avec Danielle Estay, militante écolo historique (7,60% des voix). En avril 2013, dans les colonnes de notre confrère Saint-Nazaire Infos, il relayait un communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme, qu’il avait signé, et qui s’attaquait avec véhémence au Front National. Ce dernier venait d’officialiser sa candidature à la mairie de Saint-Nazaire. Yves Coquard estimait alors que « le FN bafoue la république et la démocratie, et que c’est effectivement un parti dangereux qu’il faut isoler. Il n’y aura pas d’« Hénin-Beaumont de l’Ouest » […] Actuellement, 2 députés de ce parti siègent à l’Assemblée Nationale, deux de trop ».

Dans la 8e circonscription (Saint-Nazaire – Savenay) EELV a investi Fabrice Bazin. Élu municipal à Saint-Nazaire, il était candidat sur la liste pour la Loire-Atlantique aux régionales 2015.  Il est manipulateur… en électro-radiologie médicale au centre hospitalier de Saint-Nazaire. Adjoint au maire de Saint-Nazaire en charge de la lutte contre les discriminations et l’égalité homme-femme jusque novembre 2015 (pour des raisons professionnelles, il a demandé le retrait de cette délégation mais reste en charge du quartier de l’Immaculée), il fait partie aussi de la commission Féminisme d’EELV. Il a aussi participé en mai 2014 au « parrainage républicain » d’un Algérien sans-papier, en instance d’expulsion et pris sous son aile par la cellule locale du MRAP et la gauche nazairienne ; la cérémonie était présidée par le socialiste Xavier Perrin, tandis que les parrains étaient Fabrice Bazin (EELV) et Yvon Renevot (PCF). Vivante illustration du fait que, malgré ses divergences idéologiques et ses (nombreuses) divisions, la gauche sait se réunir pour un objectif noble : profiter de la générosité du contribuable.

Dans la 9e circonscription (Pays de Retz) EELV a investi Corinne Guignard. Elle aussi candidate sur la liste pour la Loire-Atlantique aux régionales de 2015, elle exerce le métier de conseillère emploi et vit sur Pornic. Elle est conseillère municipale d’opposition dans cette ville. Comme François Nicolas, investi dans la 4e circonscription, elle modère la liste de diffusion interne aux écolos du sud-Loire. Par le passé, elle a été candidate aux cantonales à Pornic pour EELV en 2011 (10.51% des voix).

Dans la 10e circonscription (Vignoble), EELV a investi Anne-Myriam Douchement. Originaire de Vertou, elle a étudié la philosophie à Nantes avant de partir pour La Rochelle, où elle a étudié la finance et l’économie à l’ESC. Elle a travaillé dans la grande distribution à Paris. Revenue dans la région nantaise, elle a passé un diplôme d’agronomie-élevage, tout en entamant une reconversion professionnelle pour devenir professeur de lettres modernes. De 2008 à 2014 elle était  conseillère municipale à Vertou de 2008 à 2014 en charge de la culture, de la jeunesse et du sport. Écologiste, elle défend aussi les droits des « LGBTQI », autrement dit des homos, lesbiennes, transgenres, bisexuels et intersexués, et fait partie de « l’observatoire de la parité et des pratiques » au sein d’EELV. En 2013, alors qu’elle avait 23 ans, qu’elle était étudiante en urbanisme et conseillère municipale à Vertou, elle était sur la liste Modem aux régionales. En novembre 2015 elle signe sans ambiguïté un communiqué émanant d’un mystérieux « collectif PMA » pour revendiquer la PMA (procréation médicale assistée) pour toutes – et surtout les couples de femmes : « Ayant des amies lesbiennes, étant pour l’égalité de tous les citoyens, étant une enfant adoptée qui considère qu’avoir 2 papas ou 2 mamans c’est aussi bien que d’avoir un papa et une maman, ayant été une élue de la République Française, étant militante écologiste, je me fais un devoir de défendre jusqu’au bout le droit à la PMA pour toutes !!! ».

Louis Moulin

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