Loire-Atlantique. Qui sont les candidats de l’UDB aux législatives ?

05/01/2017 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – A son tour l’UDB a désigné ses candidats aux législatives 2017, à la suite des principaux partis de la gauche, dont le PCF, le PS et EELV. Dans la première circonscription (Nantes-Orvault), l’UDB prévoit, comme le PS, de s’effacer pour laisser le sortant François de Rugy être le seul candidat à gauche (sans compter une probable candidature macroniste). Celui-ci est, comme l’UDB, favorable à la réunification bretonne, mais aussi pro-migrants et nettement marqué à gauche.

Dans la 2e circonscription (Nantes-Centre), l’UDB a investi Aurélien Boulé, auteur et scénariste nantais ; il est aussi JRI, notamment pour BFM-TV. Celui qui est né en 1984 à Nantes et a grandi sur l’île sainte-Anne a notamment réalisé avec la dessinatrice Paulette Taecke une BD sur la mémoire ouvrière et maritime de Nantes, « A marée haute ». Il est aussi responsable de la section UDB du pays de Nantes. En 2015 il était candidat sur le canton de Nantes-4. Sa suppléante est Axelle Rama, la sœur de la chanteuse Elodie Rama sur laquelle il a fait un sujet. Nantaise, elle a obtenu un diplôme métiers d’arts en céramique – ce qui lui permet de faire de belles créations – puis en 2007 une plus concrète licence professionnelle Management des Organisations option Assistant Manager (ouf!). Elle a travaillé cinq ans au 104, le très vide et dispendieux « navire amiral » culturel de la mairie de Paris, d’abord comme agent de billetterie, puis comme chargée d’accueil et d’administration du « cinq », une structure censée repérer et soutenir (avec l’argent du contribuable) les projets d’artistes amateurs « en voie de professionnalisation ». Ensuite, de mai 2014 à septembre 2015 elle a travaillé au sein de la maison d’artistes parisienne Polychrone. Depuis juillet 2016, revenue dans la région de Nantes, elle travaille dans les services administratifs de Red Bull, après avoir cherché à travailler dans le management d’artistes nantais – sans succès malgré une petite pub’ gratuite faite par nos confrères de Presse-Océan.

Dans la 3e circonscription (Nantes/Saint-Herblain/Indre/Saint-Etienne de Montluc) l’UDB a investi Gwenvael Duret. Celui-ci habite depuis peu à Couëron, sur la circonscription, mais est originaire de Sucé-sur-Erdre. Il est maître-nageur de métier, graffeur à ses heures (il a réalisé, à la demande de la SNCF et de la ville de Sucé, une fresque sous le pont du Pâtis, le long de la voie ferrée Nantes-Châteaubriant), et ancien militant socialiste. Il a quitté le PS après la réforme territoriale, pour rejoindre l’UDB, qu’il qualifie de « parti familial, de proximité, qui veut être la voix des petites gens du coin ». Il était candidat pour l’UDB sur le canton de la Chapelle-sur-Erdre, en 2015, avec Martine Boulanger, autre ancienne militante que le PS a déçu par son refus de faire une Bretagne unifiée au moment de la réforme territoriale. Le nom du suppléant n’est pas encore connu.

Dans la 4e circonscription (Nantes/Rezé) l’UDB a investi Amélie Barrely, ancienne coordinatrice des Bonnets rouges à Nantes – enfin du comité officiel, il y en avait alors un autre créé par des activistes du Printemps Français et nettement plus marqué à droite. Après avoir travaillé dans la restauration, puis créé des bijoux à Vic-Fezensac, elle est revenue à Nantes et s’est rapprochée de la gauche bretonne. Elle était candidate aux régionales sur la liste de Gilles Denigot, ancien docker de Saint-Nazaire, secrétaire général de la CGT Dockers pendant un quart de siècle et ancien conseiller régional EELV des Pays de Loire. Sa liste fut un flop (1,27%). Elle travaille comme assistante de direction et a créé une nouvelle auto-entreprise, Breizh Etik, cette fois avec Gaëlle Mance, afin de vendre des produits imprimés aux couleurs bretonnes : pochons, drapeaux, tissus etc. Son suppléant est l’artiste peintre rezéen Yann Quémeneur, candidat aux cantonales à Vertou, puis en 2012 pour l’UDB sur la 4e circonscription, élu en 2014 sur la liste de gauche à Rezé – il est depuis conseiller municipal en charge du patrimoine, candidat sur le canton de Rezé 2 en 2015 et fan de la boule nantaise. Cet ancien maquettiste, puis commercial dans la communication et l’édition a avoué à son corps défendant la très grande modestie des effectifs de l’UDB dans le Sud-Loire, en refusant, avec beaucoup d’embarras, d’en dévoiler le chiffre à nos confrères d’Ouest-France.

Dans la 5e circonscription (Nantes-Erdre / Carquefou / Nort / Ligné) l’UDB a investi Pierre-Emmanuel Marais, conseiller municipal UDB à Nantes délégué à la diversité linguistique, pédagogique et culturelle et aux activités périscolaires. Il est aussi un élu du quartier Chantenay – Bellevue – Sainte-Anne, c’est à dire à l’autre bout de Nantes par rapport à la 5e circonscription, le quartier de Nantes-Erdre s’étendant, lui, du Plessis Tison à Saint-Joseph de Porterie. Chargé de mission au Conseil Général de Loire-Atlantique, il écrit des romans en français et en breton, notamment pour enfants. Parmi ses créations, un polar, ne m’appelle pas Lola, qui assimile gaillardement nationalisme (breton) et violence, sur fonds de conflits entre l’Etat et la Bretagne. Il a aussi coécrit avec le rezéen (et militant de l’UDB) Yann Quémeneur un guide historique et culturel sur Nantes. Sa suppléante est Anna Jaouen, coordinatrice depuis 2008 des quatre radios associatives en langue bretonne, regroupées au sein de la structure Brudañ ha skrignañ, plus connue sous le nom de Radio Breizh.

Dans la 6e circonscription (Ancenis-Châteaubriant-Blain-Saint Nicolas de Redon), l’UDB investit son vieux militant coufféen Jean-Luc Pellerin, responsable de service en maintenance industrielle à la retraite, candidat en 2011 aux cantonales à Ancenis (3,41%), et candidat en 2015 aux régionales sur la liste de Gilles Denigot. Le nom du suppléant n’est pas encore connu.

Dans la 7e circonscription (Guérande-Pontchâteau-St Gildas des Bois) l’UDB a investi Sylvain Reminiac, paludier entre Saillé et Batz-sur-Mer formé au lycée agricole de Bel-Air à Fontenay-le-Comte. En 2002 il était candidat pour les Verts et Ecologistes à la cantonale partielle du Croisic, il y a eu 143 voix (3,40%). L’été il anime des visites des marais salants, organisées par la maison des Paludiers de Saillé. Le nom du suppléant n’est pas encore connu.

Dans la 8e circonscription (Saint-Nazaire – Savenay) l’UDB a là encore investi un militant historique, Hervé Carro. Candidat dans le canton de Savenay en 2011, dans celui de Blain (nouveau, regroupant donc ceux de Blain, Savenay et Cordemais) en 2015, ce chef d’entreprise dans le secteur des services à domicile est un breton de Paris. Il a été élu conseiller municipal d’opposition à Savenay sous l’étiquette PS en 2008, et est passé à l’UDB en 2010. A nouveau candidat sur une liste de gauche distincte de celle du PS en 2014, il a rempilé dans l’opposition municipale. Sa suppléante est Valérie Houguet, inconnue au bataillon.

Dans la 9e circonscription (Pays de Retz) l’UDB a investi Thierry Jamet, éditeur breton de Pornic (éditions du Temps / An Amzer). Il est notamment connu pour avoir édité Harry Potter en langue bretonne. Il a déclaré en 2014 : « Nous vivons au sud de Londres et au nord de Barcelone ! La Bretagne que nous aimons est ouverte sur le monde ! ». Tout un programme. Sa suppléante est Nadine Eyssalet, formatrice en travail social (à l’IFRAMES) à la retraite, trésorière du cercle celtique de Pornic et candidate aux régionales en 2015 sur la liste de Gilles Denigot. En 2015, il se présentait sous l’étiquette Nous te ferons Bretagne – avec la même suppléante – sur le canton (nouveau) de Pornic – Saint-Michel-Chef-Chef ; il était alors membre du Mouvement Bretagne et Progrès de Troadec, et avait le soutien électoral de l’UDB.

En septembre 2013, il se fendait d’une virulente lettre ouverte aux dirigeants de Diwan Breizh, après que celui-ci ait décidé la fermeture des écoles Diwan de Savenay (finalement sauvée sous une autre forme puis rouverte un an après) et de Pornic : « Au-delà du gâchis humain et du constat de mépris de la technostructure Diwan pour le travail accompli par les bénévoles sur le terrain, au-delà de notre écœurement, au-delà de notre colère, nous voulons par cette lettre ouverte mettre les choses au clair », écrivait-il alors. « Dans la plus grande tradition des procès staliniens des années 50, nous avons été condamnés sans même pouvoir assurer notre défense. Quand on pense que les représentants de la Loire-Atlantique à ce conseil ne se sont même pas opposés à cette décision de fermeture, il y a de quoi s’interroger sur l’exercice de la démocratie au sein de Diwan ». Il remettait en cause le fait que « la nomenklatura de Diwan a le droit de vie et de mort sur les écoles à cause du contrat de réseau qu’on leur fait signer », affirmant que l’école de Pornic a été fermée car les bénévoles qui la faisaient vivre étaient trop indépendants d’esprit. « Nous voulons que, quoi qu’il arrive, les bénévoles qui font vivre les écoles au niveau local aient le dernier mot », affirmait-il alors.

Enfin dans la 10e circonscription l’UDB présente le vigneron Maxime Chéneau, notoirement connu pour sa volonté de développer l’identité bretonne du muscadet. Parmi les multiples initiatives qu’il a impulsées ou auxquelles il participe, la Grande Tablée bretonne mi-mai chaque année à Nantes, le Breizh Gwin blanc ou rosé des vignobles Chéneau dont la bouteille est ornée du drapeau breton, le muscadet Breizh Cadet, le fest-noz annuel dans ses vignes – le dernier a d’ailleurs été organisé avec Amélie Barrely, que l’UDB a investi dans la 4e circonscription, ou encore le comité des Vins Bretons qui s’oppose à l’interprofession Interloire et réclame la création d’un label « vin breton », etc… Le nom du suppléant n’est pas encore connu.

Louis Moulin

Photo :DR
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  • udbpornizh

    9e circonscription : pour information, Diwan n’a fermé que le poste d’enseignants, faute d’élèves (6 élèves la première année, malgré 12 promis, 4 l’année suivante). Par ailleurs les mutations sont possibles au bout d’un an dans le réseau Diwan, pour préserver les enseignants. Or, l’ambiance à Pornic était si mauvaise, que l’enseignant a demandé et obtenu sa mut’ dès la fin de la première année scolaire.
    Diwan a proposé aux élèves d’aller à St Nazaire continuer leur scolarité, comme à Savenay, ce que les élèves locaux ont fait, à Pornic, Thierry Jamet qui faisait en tout comme si c’était SON école a préféré fermer. Et accuser Diwan ensuite. Il est le seul responsable de ce cuisant échec.
    Enfin il a été investi à Pornic car nous n’avons pas de militants capables d’y être candidats, et pour l’essentiel sur pression de Troadec (il a déjà été candidat pour le MPB, son mouvement). Les militants de l’UDB sur Pornic n’ont pas été consultés, et pour cause, il aurait essuyé un refus net. Chacun a donc le choix de voter breton ou jacobin, ce qui pour nous signifie qu’on s’est fait porniquer.

    Un militant UDB du pays de Retz.