France. Un viol de mineur par heure en 2016

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11/01/2017 – 06H15 Paris (Breizh-info.com) – Les mineurs sont majoritaires en tant que victimes dans le nombre de viols recensés en 2016 . En effet, sur plus de 13 800 cas enregistrés, 8 184 ont été commis sur des personnes de moins de 18 ans. Mercredi dans le Loiret, 10 individus âgés de 14 à 19 ans ont été interpellés par la gendarmerie dans le cadre d’une enquête pour viol mais aucun n’a été inculpé. La question de l’imprescriptibilité du crime de viol revient sur le devant de la scène politique.

Une photo de leur fille de 12 ans dénudée circulait sur les réseaux sociaux ! Voilà comment des parents ont été informés du viol de leur enfant. Après ouverture d’une enquête, la gendarmerie d’Artenay dans le Loiret a procédé à l’arrestation de 10 individus dont 9 mineurs. Ces derniers n’ont pas contesté la réalité des relations sexuelles mais ont assuré qu’elles étaient consenties. Une première expertise psychologique a indiqué que la victime était sous l’emprise de cette bande. Mais le juge a estimé qu’il n’existait pas de charges suffisantes pour une mise en examen pour viol. Deux d’entre eux ont tout de même été placés sous contrôle judiciaire. Un troisième âgé de 14 ans a été placé sous le statut de témoin assisté.

Samedi, 2 clandestins marocains ont été condamnés à 15 et 10 ans de prison pour avoir violé 3 garçons, de 8 et 11 ans à Paris, qu’ils gardaient en l’absence de leurs parents.

En un an, les viols sur mineur ont augmenté de plus de 10% et constituent plus de la moitié des cas enregistrés. Il y en aurait un toutes les heures. Les zones les plus touchées sont la Guyane avec 5 faits sur 10 000 habitants mais aussi la Réunion, l’Orne et le Territoire de Belfort. Le département du Nord n’est pas non plus épargné avec 383 infractions signalées. L’augmentation des statistiques serait liée au fait que les victimes sont mieux détectées et épaulées pour porter plainte. De leur côté, les juges dénoncent l’alcoolisation massive et la drogue combinées à une pornographie en libre accès, parfois brutale.

Un phénomène dont les racines ne sont pas que françaises. En Allemagne, les viols du nouvel an 2016 à Cologne, commis par des clandestins, auraient poussé les autorités à être plus réactives sur le problème. En Angleterre, l’omerta brisée dans l’affaire de pédocriminalité dans le milieu du football a permis à des centaines de victimes de se manifester.

Quoi qu’il en soit, le ministre de la Famille, Laurence Rossignol, a lancé vendredi une mission de consensus sur l’allongement du délai de prescription pour les violences sexuelles sur mineurs. Ces délais sont aujourd’hui de 20 ans après l’obtention de la majorité des victimes. Pour Violaine Guérin, présidente de l’association Stop aux violences sexuelles, l’imprescriptibilité serait essentielle rappelant que certaines victimes ont une remontée des faits extrêmement tardive en raison de mécanismes d’amnésie traumatique. Un point de vue que ne partagent pas de nombreux juristes qui y voient un danger pour la sécurité juridique.

Photo : DR
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