Emil Kirkegaard : « Le quotient intellectuel mondial est à peu près de 85 » [Entretien]

Emil Kirkegaard, spécialiste danois du Quotient Intellectuel

14/03/2017 – 08h00 Nantes (Breizh-Info.com) – Emil Kirkegaard est un Danois, linguiste et expert autodidacte de l’intelligence humaine. Il est notamment connu pour une étude parue en 2013 sur les différences de quotient intellectuel (QI) moyen constatées au Danemark entre les conscrits européens et extra-européens.
Récemment, cette étude a à nouveau été publiée avec quelques nouveautés, dont une présentation renouvelée des données. Nous avons traité des résultats de cet étude dans un article paru il y a quelques jours.

A cette occasion, nous l’avons interrogé sur les consensus scientifiques quant à l’intelligence humaine. Sur la pertinence des tests de quotient intellectuel ou les différences des QI moyens entre les groupes de populations, Emil Kirkegaard récapitule pour nous les positions qui sont partagées par la majorité des experts.

« Les tests d’intelligence standardisés permettent de plutôt bien mesurer la capacité cognitive générale d’un individu »

Breizh-Info : Existe-t-il un consensus scientifique sur le fait que les tests de quotient intellectuel, en permettant de mesurer le facteur G, sont pertinents pour évaluer l’intelligence d’un individu ?

Emil Kirkegaard : Oui et non. Il y a un consensus sur le fait que, s’ils sont administrés dans de bonne conditions, les tests d’intelligences standardisés (tels que le Wechsler ou le Stanford-Binet) permettent de plutôt bien mesurer la capacité cognitive générale d’un individu (aussi appelée facteur G).

Mais le terme intelligence n’est pas utilisé de la même manière par tous. Certains chercheurs utilisent ce mot pour parler de G tandis que d’autres préfèrent utiliser le mot dans un sens plus large, incluant toutes les capacités cognitives humaines, pas simplement G. Par exemple, ils peuvent faire référence aux capacités mathématiques.
D’autres l’utilisent dans un sens étendu incluant les comportements rationnels en général.

Les usages contradictoires de ce terme ne sont pas véritablement importants pour la recherche, pas plus que pour l’utilisation des tests de QI pour des objectifs pratiques. Au final, ce n’est donc pas si important à mon avis.

Breizh-Info : Dans le livre The Bell Curve et dans le manifeste Mainstream Science on Intelligence, il est fait état d’un consensus sur le fait que, si les tests de QI sont correctement administrés, ils ne peuvent pas être biaisés culturellement ou racialement. Êtes-vous d’accord avec cela ? Existe-t-il une partie significative de la communauté scientifique qui rejette ce consensus ?

Emil Kirkegaard : La questions des biais des tests de quotient intellectuel fait partie d’un sujet plus général, celui de l’invariance métrique. Pour faire simple, dire qu’un test respecte cette invariance métrique signifie que le score d’un test a la même signification pour des groupes de personnes différents. [Plus d’informations sur ce concept ICI, ndlr]

Des déviations mineures ne sont pas un problème à moins qu’elles pointent toutes dans la même direction. Le plus gros des problèmes pour beaucoup est de savoir si les tests ne sous-estiment pas les capacités des groupes avec des QI mesurés comme faibles, par exemple les Africains ou les immigrés récents en Europe.
Un type de biais est facile à comprendre, celui du langage. Si vous me donnez un test de vocabulaire en français, je ne le réussirai pas très bien et le score de quotient intellectuel résultant de ce test ne serait pas une bonne estimation de mon facteur G.

Il y a eu de nombreuses recherches sur cela aux USA et la conclusion est que les tests ne sont pas biaisés à un quelconque degré pour les locuteurs natifs. Mais un biais a été trouvé pour les locuteurs non-natifs, que ce soit aux USA ou aux Pays-Bas.
Quand on travaille avec des locuteurs non-natifs, il n’est pas adapté d’utiliser des tests verbaux. Il est préférable d’utiliser des tests non-verbaux à la place. Dans les recherches multiculturelles, il est commun d’utiliser des tests non-verbaux pour cette raison.

La graphique ci-dessous montre la distribution des scores de quotient intellectuel pour les Européens et les extra-Européens au Danemark. Le fossé est d’approximativement 14 points.

Quotient Intellectuel des conscrits danois par Emil Kirkegaard

Dans cette étude, il n’y a semble-t-il pas eu de biais lié au langage car les extra-Européens ont été tout aussi médiocres dans les parties verbales et non-verbales.

Cela signifie que que beaucoup d’entre eux ne seront pas capable de prendre part à nos sociétés de plus en plus basées sur les hautes-technologies et auront du mal à trouver des emplois. Les emplois typiques pour des personnes ayant 86 de quotient intellectuel sont camionneurs, chauffeurs de taxi, manutentionnaires ou agents d’entretien.
De nombreux tests sont utilisés pour entrer dans les études supérieures ou comme étape dans un entretien d’embauche.

Un deuxième point important sur les éventuels biais est de savoir si les tests prédisent de la même manière les performances de plusieurs groupes différents.
Si les tests ne prédisent pas la performance pour un groupe de personne, cela n’a aucun sens d’utiliser les tests de quotient intellectuel pour recruter des employés. A ce sujet, il a été démontré que les tests de quotient intellectuel prédisent de la même manière pour différents groupes de personnes la réussite scolaire et la performance au travail. En fait, ces tests tendent même à donner un léger avantage aux groupes les plus faibles. Cela signifie qu’un individu ayant un score de quotient intellectuel faible fera en moyenne légèrement moins bien que ce qui était attendu de lui au regard de son résultat au test.
Cela est possible car les tests de QI ne sont pas de parfaits instruments de mesures et donnent un léger avantage aux personnes ayant un score faible. Peu de gens sont au courant de cela.

Sur les différences de quotients intellectuels moyens entre les groupes de population : « Des différences bien établies, observées depuis au moins 100 ans »

Breizh-Info : Existe-t-il un consensus scientifique sur les différences de QI moyens entre les groupes de population ?

Emil Kirkegaard : Qu’il y ait des différences entre facultés cognitives générales [facteur G, ndlr] est complètement établi. De telles différences ont été observées depuis au moins 100 ans.
Il y une discussion continuelle sur le fait de savoir si ces différences ont décru, sont restées les mêmes ou bien ont augmenté.
Je ne connais aucun expert qui nie la réalité de ces différences bien que certains estiment qu’elles sont moins grandes que ce que disent certains autres. C’est logique dans une discussion scientifique normale.

Emil Kirkegaard, spécialiste danois du Quotient Intellectuel

Pour mettre les choses en perspective, il est intéressant de prendre en compte les efforts qui ont été réalisés pour compiler les données relatives au QI dans tous les pays du monde.
Quand ces données sont analysées, le Quotient Intellectuel mondial est à peu près de 85. Les scores les plus bas sont trouvés en Afrique subsaharienne (entre 60 et 80) et parmi les Aborigènes d’Australie (environ 70). On a mesuré le Quotient Intellectuel moyen en Inde entre 80 et 85. Les pays arabes vont de 75 à 85. Au sommet, on trouve des pays de l’est asiatique comme Singapour ou le Japon avec des QI moyens compris entre 105 et 110. En dessous d’eux viennent les pays Européens avec des scores entre 85 et 105. Les pays européens ayant les moins bons scores sont les pays des Balkans et d’Europe de l’est tandis que le Quotient Intellectuel moyen le plus élevés est en Finlande. La France a un score d’environ 100. Mais la plupart de ces données ont été compilées avant l’immigration massive qu’ont connue ces pays. Les scores actuels ont sans doute baissés et continuent à diminuer.

Si l’on considère des critères ethniques ou raciaux au lieu de parler de pays, on a découvert que les Juifs ashkénazes ont un QI moyen compris entre 105 et 115. Il s’agit donc du plus intelligent groupe ethnique connu, ce qui se reflète dans leurs extraordinaires réalisations scientifiques. Les Roms n’ont pas de pays mais leurs scores aux tests de Quotient Intellectuel sont aussi faibles que ceux des Africains d’Afrique (environ 74).

Breizh-Info : Y a-t-il un groupe significatif de spécialistes qui remet en cause le fait que la population africaine subsaharienne possède un QI moyen aussi faible ?

Emil Kirkegaard : Je ne pense pas qu’il existe un seul expert qui doute qu’un Africain subsaharien ne soit pas très performant dans des tests de QI, en moyenne. Certains pensent que la moyenne est à peu près à 70 de QI tandis que d’autres la considèrent plutôt aux alentours de 80. Cela dépend de la manière dont chacun sélectionne les études.
Récemment, de nouvelles études ont été avancées suggérant une valeur du quotient intellectuel moyen entre 70 et 75. C’est donc sans doute la meilleure estimation.

Il est tout à fait possible que ces faibles scores observées chez certaines populations aient des causes environnementales. Pour cette raison, on peut s’attendre à ce que ces groupes de populations voient leur quotient intellectuel augmenter dans les prochaines décennies. Cependant, on ne sait pas à quel point les rôles de la génétique et de l’environnement contribuent aux différences entre les groupes de population.
Il est probable que nous découvrions la réponse à cette question dans les prochaines années.

Propos recueillis par Nicolas Faure

Crédit Photo : Emil Kirkegaard
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  • PL44

    Dans une émission de télévision, il a été dit qu’en 1914, le QI moyen des Français était de 70. Je ne sais pas si c’est très sérieux. Déjà, les tests de QI existaient-ils à l’époque ?

  • wladpreclais

    Le livre de Robert Merle est parfaitement d’actualité

  • SeanP.

    attention cet article va fortement déplaire à David T. , notre posteur polygraphe et moral , qui s’acharne à trouver des fétus de paille dans l’oeil des rédacteurs de Breizh INfo (sans constater bien sûr les deux énormes poutres cathos de gauche et marxistes qui encombrent son regard :-) )

    • Ludo22

      Je m’ en doute. Il fait partie de ces censeurs qui veulent empêcher tout travail scientifique au motif que les résultats heurtent leur sensibilité idéologique, qu’ ils sont contraires à « l’ éthique et à la morale » qu’ ils entendent imposer à tous.
      Les chiens aboient, la science avance. Les digues contre le réel cèdent et ils en crèvent.