Législatives. A Rennes, Gaëlle Andro (PS) risque de ramer

18/04/2017 – 08H00 Rennes (Breizh-info.com) – Gaëlle Andro (PS) n’a pas le temps de s’ennuyer : conseillère municipale de Rennes, première vice-présidente de Rennes Métropole en charge du développement économique, de l’emploi et des finances, conseillère départementale de Rennes 1 (Saint-Jacques-de-la-Lande), présidente de Rennes Atalante. On notera tout de même qu’avec Rennes Métropole et le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, son casse-croûte est assuré avec ces deux indemnités. Bref, c’est une professionnelle de la politique et une cumularde jouant en Ligue 2.

Mais il faut croire que toutes ces occupations ne suffisent pas à son bonheur. On la retrouve donc candidate aux législatives dans la circonscription de Rennes – Cesson-Sévigné. En effet, l’actuel député, Nathalie Appéré (PS), maire de Rennes, ne peut plus continuer à cumuler ces deux mandats. A cause de la loi organique du 14 février 2014 interdisant le cumul des fonctions exécutives locales ave le mandat de député ou de sénateur. Il y est indiqué en son article 1 : « Le mandat de député est incompatible avec les fonctions de maire, de maire d’arrondissement, de maire délégué et d’adjoint au maire. » Et l’article 12 précise l’entrée en vigueur de cette disposition : « La présente loi organique s’applique à tout parlementaire à compter du premier renouvellement de l’Assemblée à laquelle il appartient suivant le 31 mars 2017. »

Madame Appéré a donc choisi de conserver l’hôtel de ville, c’est plus confortable et moins risqué que de se lancer dans une campagne législative en des temps où le Parti socialiste n’est plus à la mode. Elle a donc cédé sa place à Gaëlle Andro qui attendait son tour dans la file d’attente du PS.

En 2017 la partie n’est pas facile car madame Andro se heurte à l’indifférence des électeurs. « Je sens les gens déboussolés, tentés par l’abstention. On me lance souvent « vous y croyez encore » ? », raconte la conseillère départementale. Sur le terrain, l’«effet Fillon », comme elle l’appelle, est terrible. « Les électeurs sont en colère contre la classe politique. On sent aussi un vote FN qui s’assume, et c’est nouveau ici. » (Le Monde, 26/27 mars 2017).

Femme vaillante, Gaëlle Andro enchaîne déplacements et réunions chez l’habitant. «Peu aidée par un Parti socialiste dont la moitié des adhérents, rétifs à Benoît Hamon, semble en grève et dont une grosse partie des élus locaux, vallsistes, sont en retrait. « Je n’ai jamais vu ça. Ça sent la fin de cycle, mais je fais avec », constate-t-elle (Le Monde, 26/27 mars 2017).

Lors de ses rencontres avec les adhérents du PS, la candidate observe que ces derniers ne sont guère enthousiasmés par Hamon (revenu universel et légalisation du cannabis), et pencheraient volontiers pour Macron, le mieux placé pour barrer la route à Marine Le Pen. C’est le « vote utile », piège dans lequel étaient déjà tombés les électeurs « de gauche » au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 lors du duel Jacques Chirac/Jean-marie Le Pen. Ils sont prêts à recommencer…cette fois en faveur du candidat  – le banquier Macron ? -qui accédera au deuxième tour le 23 avril prochain.

Cela dit, Madame Andro ne doit pas désespérer. Car sa circonscription est ancrée à gauche. En effet, en 2012, au second tour, Nathalie Appéré (PS) l’avait emporté facilement contre Bertrand Plouvier (UMP) : 63,45% contre 36,55%. Au premier tour les candidats d’Europe-Écologie- Les Verts, du Front de gauche et du Front national avaient engrangé, respectivement, 8,27%, 5,84% et 5,40% des suffrages exprimés, tandis que Mme Appéré faisait la course en tête avec 48,10%.

Bernard Morvan

Crédit photo :DR
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  • Nomizoé

    « On sent aussi un vote FN qui s’assume, et c’est nouveau ici. »

    On assume, c’est à dire qu’on dit carrément qu’on est contre le remplacement des Bretons par des Noirs et des Arabes.

    C’est la socialiste Andro qui s’assume pas.
    Elle ne va jamais dire aux gens :
    Votez pour moi et je vous remplacerai par des immigrés.

    Son projet consiste à à collaborer avec les remplacistes tout en disant :
    non, non, je ne veux remplacer personne, et d’ailleurs, il n’y a pas de remplacement.

    Mais elle ne dira jamais non plus qu’elle est contre le remplacement. Encore pire, elle suggèrera que ceux qui s’opposent au remplacement sont des salauds et des fachos.

    Autrement dit, ni chèvre, ni chou, laisser faire le remplacement en n’ayant l’air de rien.

    C’est une politique criminelle, mais Andro ne reconnaîtra jamais aucune responsabilité là-dedans, car elle n’assume rien du tout.

    Nous par contre, on assume.