Le Medef multiplie les attaques contre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon

MEDEF Gattaz

19/04/2017 – 07h40 Rennes (Breizh-Info.com) – Pierre Gattaz, président du Mouvement des entreprises de France (Medef), multiplie les tribunes hargneuses contre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. En Bretagne, Joël Chéritel, le président de l’antenne régionale du mouvement patronal, a décidé d’emboiter le pas de son patron.

Pierre Gattaz enchaîne les coups de gueule

Le président du Medef, par ailleurs directeur de l’entreprise Radiall au chiffre d’affaires estimé à plus de 310 millions d’euros en 2016, a bien compris qu’il s’agissait d’une élection peu ordinaire.
Alors que deux candidats critiques de l’Union européenne sont en bonne position pour espérer être au second tour, le directeur du Medef a décidé de concentrer toutes ses attaques sur ceux-ci. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont donc sévèrement étrillés à longueur d’interventions publiques.
Le 18 avril, Pierre Gattaz a même réussi l’exploit de publier deux tribunes différentes, l’une pour Le Figaro et l’autre pour Le Monde.

Au Figaro, il redit l’importance du vote : « Si par malheur nous venions à nous réveiller avec deux finalistes hostiles à l’Europe, le second tour n’y changerait plus rien. Nous aurions basculé dans l’irréversible. »
Le scénario de l’oracle Gattaz en cas d’élection de l’un des deux candidats est évidemment apocalyptique : « La défection française déstabiliserait immédiatement nos voisins italiens et rendrait le poids de la zone euro insupportable pour la seule Allemagne. Les taux d’intérêt exploseraient, les capitaux fuiraient. Nous serions rapidement étranglés par le poids de la dette ou par les conséquences d’un défaut, c’est-à-dire d’une incapacité à la rembourser. Les impacts en seraient dramatiques. »

Des erreurs factuelles volontaires ?

Dans Le Monde, le ton est plus mesuré. Pierre Gattaz critique malgré tout la volonté de sortir de l’UE et de l’euro affichée par les deux candidats. Ceux-ci, effectivement critiques de l’Union européenne, ne souhaitent pourtant pas sortir immédiatement de l’UE et de l’euro mais négocier avec les partenaires européens avant tout. Marine Le Pen promet même un référendum sur cette question.

Un détail très important qu’oublie bien volontiers le président du Medef. De manière toute aussi caricaturale, toujours dans sa tribune parue dans Le Monde, il feint de croire que les deux candidats veulent « se refermer sur [le] seul marché français ». Une analyse totalement fausse du programme de ces deux candidats qui, évidemment, ne souhaitent pas se couper du reste du monde.

En Bretagne, Joël Chéritel dans les pas du président du Medef

Le président du Medef breton suit logiquement les traces de la direction nationale. Sans surprise, selon Le Télégramme, Joël Chéritel s’est donc ému de la possibilité d’un duel opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. « Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon feraient courir un grave péril à notre économie, à l’emploi et au pouvoir d’achat », déclare-t-il notamment.

Brocardant la sortie de l’euro souhaitée par le Front national, il compare cette possibilité au programme économique de François Mitterrand.
Il attaque ensuite violemment le programme économique de Jean-Luc Mélenchon, pointant du doigt une augmentation des dépenses publiques de 240 milliards d’euros : « Il est impossible d’être à la fois le candidat de la dépense publique et le candidat du pouvoir d’achat. »

Le Medef s’attaque au programme de Mélenchon sur l’angle économique. Quant à celui de Marine Le Pen, moins fantasque financièrement, c’est sur un hypothétique repli sur soi qu’il est attaqué.
Ce discours très offensif contre les deux candidats témoigne de la panique qui semble gagner les représentants des multinationales. Ces élections présidentielles sont décidément bien particulières.

Crédit Photo : © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons
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  • valentini

    en réponse à l’explosion fraternelle, en forme de Gattaz-Pen, de nos ami(e)s de Paname et Panama

    Foire d’empoigne présidentielle pour un état à la turque

    Les trois-quarts de l’Électorat pour la Prédication de l’Ordre et la défense de la propriété, jusqu’en Afrique et en Orient, n’ont cure de leur propre histoire de France. Ils lui préfèrent les gauloiseries qui valent bien
    turqueries et autres chinoiseries. Les médias pas bégueules ni farouches leur en donnent. Aussi convient-il d’abord de dénoncer la mémoire immédiate de cette peuplade en déshérence, qui usurpe à
    chaque heure le titre de citoyen et le nom de peuple français et ses menteries prétentieuses à propos de l’Amour qu’elle porte à la France et aux Français. Cet Amour aussi énorme que collant lui sert en fait de carré blanc opposable à toute revendication défendant les conditions de vie et de travail de la masse
    redistribuée en pauvres, sales et méchants, selon les critères de la charité la plus aboutie, qui combine
    arrogance et mépris. Et ce gros Amour hérité et transmis de république en république a une histoire qu’il faut exhumer parce qu’elle éclaire le présent de promesses assassines, arborant des airs honnêtes et débonnaires, se vivant comme bon sens crânement rabattu, comme bonnet blanc de nuit, en sens
    commun. Le fait est que, sous couvert de liberté, d’égalité et de fraternité, faisandées à coups de phrases mielleuses, ces glorieuses républiques n’ont jamais été rien d’autre que les entremetteuses de gouvernement autoritaires, soit dictatures opportunes, soit coups d’état institutionnels permanents. Mais aucun de ces gouvernements réalistes, qui veut le moins veut le plus, n’a manqué de se piquer
    de révolution. C’est toute la beauté du sang-bleu se transfigurant sur le corps républicain en feuillage constitutionnel propre à satisfaire ses besoins. Ça sent mauvais ! C’est sûr ! Les gouvernement les plus récents, quant à eux, l’histoire s’accélérant, se vivent, depuis 2002, plus modestement comme révolution réformée de la dernière chance, que propulse le combustible humain des marchés, en quête d’extrême-urgence. De là, à contre-temps, comme pour se rassurer sur la destination prise et inconnue de tous, le folklore de la danse du canard à danser sur les estrades électorales. Les palmes violemment arrachées de la Révolution française leur servant à barboter dans le gris égoïste éminent de leur propre et misérable présent. Tout en eux est positivement haïssable. Mais passons. L’eau, comme on dit, souillée de sang ouvrier, a coulé sous les ponts où se souvenir de l’amour zouave pour quelque jolie
    princesse. Comme nous ne vivons pas que de gâteaux, voyons plutôt ce qu’il en est des héritiers de ce passé aux antécédents très-chargés et qui a la police pour angle mort.

    lire la suite sur le blog : pour un parti de l’abstentionnisme révolutionnaire (au sens de rejet de la politique électoraliste dont tout le monde voit quelle boue elle charrie, chose rien moins que politique)

  • Jean BAMBOIS

    C’est surtout dangereux pour leus portefeuilles, alors Votons correctement !…. C’est nous les gars de la MARINE !…..