Medef Bretagne. Joël Chéritel a la mémoire courte

Les dirigeants du Medef sont des gens formidables. Le culot et l’aveuglement les conduisent à raconter n’importe quoi. On pourrait même leur reprocher de ne pas connaître leurs dossiers. C’est le cas de Joël Chéritel, président du Medef Bretagne. Il voit en effet Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon comme des «candidats de la dépense publique et des hausses d’impôts», dont les programmes respectifs «feraient courir un grave péril à notre économie, à l’emploi et au pouvoir d’achat» (Ouest-France, 15-16 avril 2017).

Comme les miracles n’existent qu’à Lourdes, il ne faut pas attendre de Le Pen ou de Mélenchon – en cas d’élection – des résultats merveilleux. De Macron ou de Fillon non plus. En effet, seules une sortie de l’Union européenne et de la mise en place d’un bouclier neutralisant les effets négatifs de la mondialisation procureraient des changements significatifs. Vaste programme !

Une certitude cependant : Le Pen et Mélenchon ne pourraient pas faire pire que Hollande. Dès maintenant, on peut fournir quelques pièces du bilan du président sortant. Des éléments qui « parlent » au libéral qu’est Joël Chéritel. Taux des prélèvements obligatoires (estimation) : 44,5% pu PIB, soit 1004 milliards d’euros à la fin 2017. Pression fiscale en 2015 : 45,5% du PIB.  Déficit public : 3,4% du PIB en 2016 (75,9 milliards d’euros). Dette publique :96% du PIB en 2016 (2 147 milliards d’euros). Dans ces deux derniers cas, on ne respecte pas les critères de Maastricht (3% et 60%). D’après la loi de finances, en 2017, le déficit de l’État atteindra 69,320 milliards d’euros et 41,548 milliards seront consacrés à la charge de la dette, c’est-à-dire à payer les intérêts des emprunts contractés par l’État. Cette même année, les besoins de financement de l’État représenteront 185,4 milliards d’euros (amortissement de la dette à moyen et long terme, ainsi que le déficit à financer). Qui dit mieux ? Une consolation : « sur la durée du quinquennat, la dette publique aura connu une progression de 6,5 points, contre 20,8 points durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy » (Le Monde, 25 mars 2017).

Puisque Joël Chéritel  craint pour «l’emploi», on peut lui rappeler qu’à la fin février, en Bretagne (5), Pôle emploi enregistrait 444 900 demandeurs d’emploi (catégorie A, B,C,D et E) contre 328 800 en mai 2012 ( début du quinquennat de François Hollande). Soit une progression de 116 100. Ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon n’en sont responsables. C’est ce qu’à l’air d’oublier le président du Medef Bretagne qui ne trouve rien à redire lorsque les fabricants de chômage s’appellent Sarkozy ou Hollande.

Bertrand Cémat

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  • Collectif Crec

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