Corse : trois élus nationalistes vont siéger au palais Bourbon

Le drapeau corse (1)

21/06/2017 – 05h50 Bastia (Breizh-Info.com) – Les corses semblent cultiver le paradoxe en politique. Le 14 décembre 2015 nationalistes et régionalistes unis l’emportaient pour la première fois au second tour des élections régionales sans toutefois obtenir une majorité absolue avec 24 sièges sur 51. Néanmoins 3 jours après Gilles Siméoni était élu Président exécutif par l’assemblée corse, une victoire historique.

En avril dernier, au premier tour des élections présidentielles Marine Le Pen arrivait largement en tête à la présidentielle en Corse avec 28% des suffrages. La candidate du Front national obtenait même près 31% de voix à Ajaccio comme à Bastia. Un score étonnant pour un parti qui cultive « sur le  continent » un jacobinisme exacerbé : suppression des régions, hostilité à l’enseignement des langues régionales… et le rejet de toute forme de  communautarisme  Ce résultat paradoxal tient au fait que le FN et Marine Le Pen savent en Corse s’appuyer sur la fibre identitaire et le rejet de l’immigration, un sentiment largement partagé comme l’ont montré les événements de l’été 2016.

Ainsi lors de sa visite sur l’ile de beauté Marine Le Pen, sur fond de drapeau à tête de maure,  n’avait  pas ménagé ses efforts de séduction à l’adresse des Corses, annonçant que si elle entrait à l’Elysée, elle organiserait le rapprochement dans l’île des prisonniers corses emprisonnés sur le continent, une revendication de longue date des acteurs locaux. Défendant l’enseignement de la langue corse, Marine Le Pen s’était  engagée en outre à rapatrier les cendres de Napoléon III de Grande-Bretagne en Corse et à interdire tout match de football en France chaque 5 mai, jour anniversaire de la catastrophe du stade de Furiani à Bastia. Son discours se termina par l’hymne corse, le Dio vi salvi regina, dont les paroles  avaient été distribuées aux sympathisants et militants. Un tract spécifique présentant les « sept mesures pour la Corse » de la présidente du FN avait même été édité.
Le résultat politique ne s’était pas fait attendre aux premier et second tour où elle atteignait même 48, 52 %, son record national.

Au premier tour des élections législatives les corses ont confirmé leur vote de 2015 en mettant en tête les candidats nationalistes et régionalistes toujours unis : 30, 4% à Bastia, 36, 4% à Corte, Calvi et en seconde position à Sartène 29,1% derrière le candidat de droite du clan Rocca Serra 36 %,  « tenant » la circonscription depuis des décennies. A Ajaccio le candidat régionaliste n’arrivait qu’en 3ème position à 13 voix seulement du candidat En Marche.

Le second tour a confirmé la poussée nationaliste des électeurs corses. En Haute Corse, c’est le grand Chelem les « natios » de Pè a Corsica  l’emportant dans les deux circonscriptions avec des scores sans appel de 63 et 61% ils l’emportent même à Sartène avec plus de 55%.

A l’inverse des élus d’Irlande du nord  du Sinn Fein qui ne siègent pas à Westminster , les nationalistes corses siègeront au palais Bourbon pour y porter deux revendications essentielles : co-officialité de la langue corse et création d’un statut de résident. Un  responsable nationaliste l’explique : « cette position de force inédite dans l’histoire nous donne surtout la capacité de poser la question corse au cœur des institutions françaises dont nous avons toujours été exclus ».

La Corse : un exemple pour la Bretagne ?

François Cravic

En Alsace, le mouvement régionaliste Unser land associé à « régions et peuples solidaires » a présenté 15 candidats il est arrivé au second tour dans une seule circonscription à Sélestat, où il passe entre les deux tours de 16,85% à 45,9%. Un exemple pour l’UDB ?

Jean-Guy Talamoni : « En Corse, l’insularité contribue sans doute à expliquer la vigueur du mouvement nationaliste » [Interview]

  • Alain

    Un exemple pour la Bretagne???
    Ca veut dire qu’il faudrait ne pas voter pour le FN???
    Que sauver la France est préférable à sauver la Bretagne???
    Que décider pour nous même à la place d’avoir la chance de voir les parisiens décider pour nous devrait cesser?

    Je n’ose pas croire ce que je viens de lire…
    Des Bretons civilisés qui seraient autre chose que des serpillières à jacobins (PM, EM, LR, FN…)
    C’est une pensée révolutionnaire.

    Mais pourquoi évoquer uniquement l’UDB???
    Eux qui prétendent qui veut l’entendre qu’ils ne sont pas nationalistes ni indépendantistes?

  • partizan

    On parle bien des ANTI-nationalistes? Ou bien il s’agit d’autres personnes

    • An

      La France est morte, hein.
      Parce que la France, c’est Paris et que Paris en a décidé ainsi.
      Si les Provinces ne veulent pas mourir, elles doivent renoncer à ce que Paris maîtrise.
      Ce qui ne les empêchent pas de s’associer les unes aux autres si elles le désirent, hein.
      Mais chercher à refonder la France d’antan est illusoire.
      Il faut avoir le courage de laisser crever Paris. Et sacrifier les familles et amis que tout le monde a à notre Paris, tant qu’ils refusent d’ouvrir les yeux.
      Quant à la Corse, elle a tout simplement intérêt à s’unir à la Sardaigne (ce qui sera peut-être vite une réalité physique : http://www.corsematin.com/article/article/une-capsule-supersonique-entre-la-corse-et-la-sardaigne). Mais les Corses ont eux aussi énormément de familles sur le continent, ce sera forcément plus complexe.

    • Gwendal Pennanech

      Non il s’agit bien de nationalistes. De gens qui défendent leur nation la Corse contre l’ennemie des nations, la France