Transports. Le retour de la taxe poids lourds (écotaxe) en Bretagne ?

Taxe poids lourds

C’est une idée peu commentée pour l’instant mais qui pourrait bien raviver de vieilles tensions. En effet, la ministre des Transports Elisabeth Borne a accordé mercredi 5 juillet une interview à nos confrères des Échos, quotidien d’information économique, dans laquelle l’ancienne patronne de la RATP fraîchement nommée envisage une nouvelle forme de taxe poids lourds. Une annonce qui rappellera directement à nos lecteurs bretons l’épisode de l’écotaxe à l’automne 2013 et le mouvement des Bonnets rouges qui en avait résulté.

La crainte d’une nouvelle contestation

Il semble qu’Elisabeth Borne ait également en mémoire cette annonce malheureuse du quinquennat Hollande puisqu’elle nie l’idée d’un retour « en l’état » du dispositif de l’écotaxe tel qu’il fut proposé à l’époque.

Ce serait donc une taxe très modulée qu’envisagerait le ministère des Transports avec un éventuel dispositif de péages pour les poids lourds sur des portions de routes nationales, « sans pénaliser les déplacements de proximité » selon Elisabeth Borne. Un exemple de ce type existe déjà dans le département des Landes.

Elle évoque par ailleurs le fait que plusieurs régions administratives françaises se seraient portées volontaires pour expérimenter des dispositifs de taxation routiers. Le Conseil régional de Bretagne osera-t-il revenir sur un terrain pour le moins tumultueux à l’Ouest ?

L’écotaxe, un gouffre financier en suspend

La prudence quant à un nouvel impôt de la route pour les transporteurs a, certes, une origine politique puisque les Bonnets rouges sont encore dans toutes les têtes. Mais l’impact financier de ce projet laissé à l’abandon n’est pas tombé dans l’oubli non plus du côté du ministère des Transports.

Initialement prévue pour subvenir financièrement à la construction et à l’entretien des infrastructures de transport, rappelons tout de même que cette écotaxe fut une mesure résultante du Grenelle de l’Environnement datant de 2007 et du gouvernement Fillon.

Alors que les premiers portiques furent installés à la fin de l’été 2013, le « soulèvement » des agriculteurs et de l’agroalimentaire bretons suivi du mouvement des Bonnets rouges n’ont jamais permis à l’État français de percevoir la taxe en question. Un abandon en cours de route qui coûtera tout de même un milliard d’euros selon la Cour des comptes. De quoi mettre suffisamment en garde les décideurs politiques avant de relancer un projet similaire.

VL

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  • canville

    Et dire que la solution existe depuis 22 ans – …….. J’imagine tous les bateaux, équipés du système ….. Un peu de curiosité, un peu d’humilité messieurs …..

    (et les camions évidemment)