Merci François Guéant !

08/08/2017 – 09h00 Ploërmel (Breizh-info.com) – Le président de la République veut supprimer la réserve parlementaire (82 millions d’euros pour l’Assemblée nationale et 53 millions pour le Sénat en 2016) qui permet aux députés et aux sénateurs d’aider financièrement les associations et les communes de leur circonscription.

Emportés par leur élan, les membres de la commission des lois de l’Assemblée nationale veulent également supprimer la réserve ministérielle (32,9 millions en 2011 et 5 millions en 2017) sur laquelle le ministère de l’Intérieur a la haute main et qui sert à aider des projets soutenus par des élus.

C’est l’occasion de rappeler qu’«en 2011, un certain François Guéant, alors conseiller régional UMP de Bretagne, se montre d’une grande opiniâtreté : il parvient à faire subventionner douze dossiers pour plus de 322 000 euros, selon les données consultables sur le site du ministère de l’Intérieur. Un an plus tard, il se présentera aux législatives.» (JDD, 23 juillet 2017).

A cette époque, François Guéant est vaguement avocat et son père, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, lui a trouvé un emploi au siège de l’UMP ; il est censé s’occuper des « jeunes actifs » (sic). Pour avoir été dans le passé préfet de Bretagne, le ministre sait qu’il existe dans cette région des circonscriptions solidement ancrées à droite ; celle de Ploërmel, par exemple. Le sortant, Loïc Bouvard (UMP), ne se représente pas. D’où l’idée de parachuter le fiston pour les élections législatives de 2012. Au préalable, on l’a fait élire conseiller régional en le plaçant en position éligible sur la liste de droite.

L’opération se déroule avec le concours très actif de Paul Anselin, maire de Ploërmel, qui se transforme en coach du jeune Guéant. Mais la mayonnaise ne prend pas. François Guéant est victime d’un rejet de la part des électeurs qui ne raisonnent pas comme les notables locaux. Les premiers voient en lui un sarkozyste parachuté, tandis que les seconds se pâment devant ce type qui « a le bras long ».

Guéant sera battu au second tour par un novice en politique, Paul Molac, homme du pays connu pour son engagement en faveur de la culture bretonne, qui est chargé de représenter la gauche  (PS , EELV, UDB) : 32 197 voix (52,56%) contre 29 064  voix (47,44%).

Pour autant le passage de Guéant junior en Bretagne n’a pas été négatif. D’une part parce qu’il a permis l’élection d’un homme acquis à la cause bretonne, ce qui n’aurait pas été possible si la droite avait présenté un candidat « normal », maire ou conseiller général. D’autre part, grâce au robinet actionné par Guéant père, douze communes se sont vues accorder 322 000 euros de subventions provenant de la réserve ministérielle ; ce qui est loin d’être négligeable pour des communes rurales.

Bernard Morvan

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

  • Christophe Bouhier

    Néanmoins c’est très socialiste: on vous prend plein d’impôts, et si vous êtes sage, on vous redonne des miettes!

  • guylaine

    Et il veut donner le fruit de cette récupération pour que sa femme Brizitte puisse le dépenser à sa guise ! Il n’est pas égoïste à part çà ?