Loire-Atlantique. La MSA cherche à communiquer sur le digital avec les agriculteurs qui galèrent au quotidien sur son site

12/08/2017 – 08h15 Nantes (Breizh-info.com) – Sonnez fanfares triomphales, tonnez canons, battez tambours. La MSA de Loire-Atlantique recherche un stagiaire en communication digitale, « rigoureux, dynamique, d’un très bon relationnel » pour communiquer sur le digital avec les agriculteurs.

Ledit stagiaire sera entre autre chargé de « proposer des idées pour favoriser l’appropriation du digital (quizz, jeux, animations, atelier, film), réaliser l’inventaire de tous les supports de communication existants de la caisse centrale MSA et Loire-Atlantique – Vendée, bâtir un référentiel de communication, définir un kit de communication socle » et « préparer les digital days de ladite MSA ». Pas cher payé pour un travail en mesure de mobiliser plusieurs personnes payées à plein temps.

Pendant ce temps, les agriculteurs de Loire-Atlantique (et de Vendée) galèrent au quotidien avec le site de la MSA,  sur lequel ils sont maintenant obligés de faire diverses démarches, telles que le TESA (titre emploi simplifié agricole) pour embaucher leurs saisonniers. Avant, ils remplissaient des carnets, trouvaient les taux annuels des cotisations retraites et CSG – qui changent tous les ans et sont différents entre la Loire-Atlantique et la Vendée pour la plupart des activités, laissaient le double au salarié et envoyaient le reste à la MSA.

« Cette année, ça a été particulièrement folklo », se confie un agriculteur du nord du département. « Pour embaucher mon saisonnier, j’ai galéré comme un con sur le site, puis avec l’astreinte téléphonique, recommencé sur le site, où j’ai fini par tomber sur un formulaire qui a été rédigé par un type qui ne connaît que l’administration et rien que ça. Ça bug si la date n’est pas DD/MM/YY, si  certaines lignes ne sont pas remplies – même s’il n’y a pas d’étoile qui indique que c’est obligatoire de les remplir, et même sans raison, du genre « la sélection n’est pas conforme au contrat » ou autre ».

L’agriculteur a fini par jeter l’éponge :  « comme je n’ai pas que ça à faire – c’est du temps perdu irrécupérable –, j’ai fini par appeler la MSA, leur expliquer que je n’y arrivais pas avec leur site de merde, et que j’envoyais ma déclaration au format papier, avec un vieux carnet TESA qui traînait. On m’a confirmé que c’était encore possible jusqu’à la fin de l’année. Auquel cas on envoie le papier en lettre recommandée. Internet et la MSA ça fait vraiment deux».

Le stagiaire en communication pourra donc s’atteler à rendre plus communicant le site de la MSA – qui est assez mal fichu et particulièrement abscons par endroits. Ou trouver un agriculteur pas en burn out – à cause de la masse de travail, du manque de rentabilité et/ou des cotisations MSA maousses que bien des exploitants n’arrivent pas à payer – lui demander de remplir un TESA sur internet et compter les noms d’oiseau.

Louis Moulin

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