Après La Tyrannie médiatique en 2012, Jean-Yves Le Gallou signe, avec la fondation Polémia, un nouvel essai dénonçant l’emprise de l’idéologie dominante sur les médias, véhiculée notamment au travers de la publicité. La désinformation publicitaire s’attache donc à décrypter les visées finales de celle qui passe aujourd’hui pour un élément si banal, voire inoffensif, de nos vies connectées, à savoir la publicité.

Car sous couvert de nous vanter tel produit ou telle marque, la publicité cherche plus insidieusement à modifier nos comportements. Son but est de réduire le commun des mortels au rôle de consommateur, et de le condamner aux achats forcés à perpétuité s’il veut tenter de satisfaire sa raison de vivre.

En cela, la publicité ne fait que servir l’idéologie actuelle. Cette dernière, mêlant héritage des Lumières aux idées libertaires de Mai 68, assaisonnés de libre-échange, ne souhaite rien moins que la création d’un homme nouveau – par essence déraciné –, dans une société nouvelle, cosmopolite, alimentant en permanence ce système économique ultra-mondialisé. À ces fins, les maîtres-mots à diffuser sont donc diversité, antiracisme, mondialisation, consommation… Les publicités qui s’adressent à nous en permanence jouent sur cette gamme avec brio !

Jean-Yves Le Gallou, énarque et fondateur du think tank Polémia, analyse avec précision les moyens mis en œuvre par la publicité pour relayer ces messages : communication « cool » et branchée, promotion du communautarisme, modification de l’image de l’homme et de la femme… Sous des allures qui se veulent sympathiques, la publicité désinforme et déconstruit.

En outre, les mécanismes psychologiques aujourd’hui employés sans vergogne vont jusqu’à ahurir ceux qui les subissent. Il est loin le temps des premières publicités qui s’adressaient à la raison des consommateurs : choisir tel ou tel produit parce que, objectivement, la qualité est meilleure. Aujourd’hui, les publicitaires souhaitent avant tout agir sur l’inconscient des populations pour mieux conditionner les comportements. Il est donc urgent d’échapper à cet ahurissement général ; l’auteur de La désinformation publicitaire suggère des solutions pour y parvenir.

ALG

La désinformation publicitaire, Jean-Yves Le Gallou, Editions Via Romana, 90 p. 10€

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1 COMMENTAIRE

  1. La publicité d’autrefois ne s’adressait pas qu’à la raison ! Chacun a vu de ces « réclames » pour des remèdes de charlatans, et plus tard ces « pin-ups » destinées à vendre des voitures : rien de rationnel là-dedans.
    La publicité a pour but de vendre, mais elle a aussi l’avantage d’être pragmatique. Elle est attentive aux progrès des sciences cognitives, de l’éthologie, etc. Elle pourrait même jouer un rôle de vulgarisation ! Elle sait que les sociétés ont besoin d’identité, que l’homme est mu par des sentiments que la morale condamne (et pas seulement le sexe !), etc.
    Hélas les publicitaires sont aussi des êtres sociaux et les vedettes de la profession cousinent avec celles des médias, du spectacle et de la politique : pour briller dans les dîners en ville et plaire aux gens qui font et défont les carrières, elles doivent sacrifier ostensiblement à l’idéologie dominante. D’où la relative abondance des annonces « politiquement correctes », au détriment peut-être des entreprises qui les paient !

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