Philippe Perchirin : « pour une autre politique de l’agriculture en Bretagne »

agriculture

Philippe Perchirin – spécialiste en philosophie du monde celtique – nous autorise à reproduire une déclaration qu’il a rédigé sur les réseaux sociaux, en faveur d’une autre politique de l’agriculture en Bretagne.

Il faudrait vraiment une politique de l’agriculture en Bretagne visant à faire basculer celle-ci :

1. De la quantité vers la qualité : moins, mais plus cher, et en direction de marchés porteurs et non de subventions (abandon du soviétisme) ;

2. Vers les produits bio, durables, les spécialités régionales (y compris la relance de variétés anciennes et locales de légumes et de fruits, idem celle de races bovines, ovines et de volailles anciennes et d’origine locale, produisant moins de viande, de lait ou d’œufs peut-être, mais porteuses de goût et d’originalité) ;

3. Les produits spéciaux, nouveaux et originaux, pas de masse, les produits de terroir et marins – y compris d’inspiration exotique (pourquoi pas, 2 n’exclut pas 3) ou enrichis par la recherche ;

4. L’intégration de valeur ajoutée, le passage par les agriculteurs de la production de simples matières premières à celle de produits semi-finis ou finis afin d’accroître la profitabilité des exploitations ;

5. La diversification de la commercialisation de la filière mortifère de la grande distribution vers la vente directe (vente à la ferme, vente sur Internet), la vente par correspondance, la vente vers le commerce de proximité et les hôtels/restaurants – sans toutefois l’exclure au cas par cas ;

6. Ce dernier point suppose la réorganisation des agriculteurs vers des plateformes de vente commune de produits de qualité, de spécialités, de produits bio et durables, de produits semi-finis et finis spécialisées dans la vente directe (notamment sur Internet, et ce en Bretagne, en France, en Europe et dans le monde entier), la vente par correspondance, la vente vers le commerce de proximité et les hôtels/restaurants – par exemple sous la forme de coopératives.

Ceci suppose bien sûr la capacité politique régionale à mener une telle révolution agricole :
– par la capacité de communication politique envers les acteurs, directs et indirects, du monde paysan ;
– par la possibilité d’accompagner tous ceux qui souhaitent s’engager dans cette révolution agricole à travers des exonérations complètes d’impôts et de charges pendant 5 à 10 ans, non 10 ans minimum ;
– par la mise en place de financements avantageux, avec moratoires de remboursements sur 5 à 10 ans, des taux zéros, des garanties de la région pour les financements privés pour tous ceux qui souhaitent s’engager dans cette révolution agricole ;
– par la mise en place d’organismes de formation à tous les niveaux dans cette perspective, ou la réorientation des organismes existants dans ce sens et par la réalisation des infrastructures publiques adéquates en concertation avec tous les acteurs de la branche ;
– par la mise en place d’une communication marketing politique régionale à l’attention des débouchés, régionaux, européens et mondiaux.

Cela suppose un changement de mentalité chez les politiques et les syndicalistes dans ce pays de m … , et aussi au niveau de la profession. Qu’ils arrêtent de pleurer et de demander des subventions de l’Etat sans aucune autre idée d’avenir…

Philippe Perchirin

Crédit photo : DR
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