Les caméras piéton pour la police municipale de Nantes, c’est fini ! A partir du 3 juin, l’expérimentation nationale de deux ans s’achève. Leur usage est désormais interdit durant un « temps d’évaluation ». Parfaitement au courant des dates, ayant eu largement le temps de les mettre en service auparavant, la mairie de Nantes n’a équipé ses agents qu’à partir du 5 mars 2018.

Elle a dépensé au passage 23.292 € TTC pour 45 caméras acquises auprès de Sentinel… en vain. Un raté évident de décision et de planification qui pose question sur la gestion des impôts des nantais.

« On avait prévenu notre hiérarchie », assure Laurent Desgens, délégué FO de la police municipale de Nantes. « Ils étaient apparemment persuadés que la date limite avait changé, puis nous ont fait comprendre qu’on continuerait à les utiliser, vu qu’une parade a été trouvée. Visiblement, elle n’a pas été trouvée ». Si bien que les caméras toutes neuves vont rester inutilisées et que l’investissement semble perdu. « La question qu’on se pose, c’est pourquoi la ville a tant attendu pour nous en équiper », abonde Laurent Desgens.

D’autant que face aux agressions, les agents de la police municipale sont démunis. C’est un vrai problème : en 2017, 21 agents de la police municipale ont été agressés (au 8 décembre 2017), dont 7 les trois derniers mois. Le dernier conseil municipal du 20 avril révèle une autre agression, le 9 août 2017 (2018_046DEC). Ceci porte le nombre annuel d’agents agressés à 22, sous réserve d’autres cas anciens ou récents pas encore révélés dans les petites lignes  du conseil municipal. On comprend mieux pourquoi la municipalité ne tient pas au courant les policiers municipaux du nombre d’agents agressés, ni des agressions après qu’elles soient survenues…

« Nous n’avons rien actuellement », confirme Laurent Desgens. « On nous avait promis des flashballs, puis on nous a dit que ce n’était pas une arme adaptée – effectivement, c’est plutôt pour le maintien de l’ordre dans les manifestations, maintenant on nous fait miroiter des Taser ». Pas de caméra-piéton – qui permet en filmant l’intervention de dissuader les éventuelles velléités de s’en prendre aux agents – pas d’armes, des quartiers de plus en plus sensibles… l’été risque d’être chaud à Nantes pour les agents de la police municipale.

Louis-Benoît Greffe

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