Les appels se multiplient pour qu’Angela Merkel expulse l’ambassadeur des États-Unis en Allemagne après que ce dernier ait déclaré dans une interview au média Breitbart qu’il travaillait à « renforcer » les mouvements politiques de droite en Europe.

Rick Grenell, le bras droit de Trump en Europe, veut renforcer les conservateurs européens.

Nommé par Donald Trump

Il n’aura pas mis longtemps à faire parler de lui. L’ambassadeur des États-Unis à Berlin, Richard Grenell, n’a pris ses fonctions dans la capitale allemande que le 8 mai dernier. Nommé par Donald Trump, il n’est visiblement pas venu en Europe pour faire la promotion du politiquement correct.

Mais l’élément déclencheur est une interview que l’homme a accordée à l’édition britannique du journal en ligne américain Breitbart, un média qui ne récolte pas l’adhésion des socio-démocrates européens. C’est bien le moins que l’on puisse dire. Et les propos tenus ont suscité l’ire de nombreux députés allemands qui ont exigé l’expulsion de l’ambassadeur.

Aider les conservateurs

Au cours de l’interview en question, Richard Grenell a affirmé vouloir « absolument donner du pouvoir à d’autres conservateurs dans toute l’Europe, à d’autres dirigeants ». Il évoque également l’élection de Donald Trump qui a « donné du pouvoir » à ceux luttant contre « l’establishment politique » en Europe.

Des déclarations qui ont mis une grande partie de la classe politique allemande en émoi. Au premier rang de laquelle l’ancien président du Parlement européen Martin Schulz, désormais député de centre-gauche. Pour ce dernier, l’ambassadeur des USA « ne se comporte pas comme un diplomate mais comme un officier colonial d’extrême-droite » et il en a ainsi demandé l’expulsion le 5 juin.

De son côté, le ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré qu’il avait « demandé des éclaircissements » à son homologue américain.

Autriche en ligne de mire

Tandis qu’en Allemagne, les propos de Richard Grenell font échos à l’entrée de la formation politique AfD au Bundestag, l’ambassadeur des États-Unis a également invité Sebastian Kurz, chancelier autrichien peu en phase avec les positions d’Angela Merkel, à dîner.

Cependant, la vive polémique n’a visiblement pas perturbé le représentant de la diplomatie Trump à Berlin puisqu’il a précisé sur Twitter : « Je maintiens mes commentaires selon lesquels nous vivons un réveil de la majorité silencieuse – ceux qui rejettent les élites et leur bulle ». Sans manquer d’ajouter que l’idée qu’il soutiendrait des candidats ou des partis serait « ridicule ». Reste à savoir si ce feuilleton germano-américain connaîtra un nouvel épisode, l’intrigue de l’embargo iranien ne manquant pas non plus de pimenter la relation entre les deux pays.

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Richard Grenell)
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