Selon la CNUCED, les acteurs maritimes, les ports et les infrastructures côtières doivent être préparés d’urgence face aux effets prévus du réchauffement climatique.

Réchauffement climatique et transport maritime

La COP24 se tient à Katowice en Pologne, du 2 au 14 décembre. Il s’agit de la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Un rendez-vous scruté par les observateurs du monde entier, et plus particulièrement par les acteurs de l’industrie maritime et portuaire.

Ainsi, Regina Asariotis, responsable des politiques et de la législation à la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), a déclaré lors d’une réunion tenue en marge de cette COP24 :
« Les zones les plus durement touchées, les côtes, nous toucheront tous puisque la majeure partie du commerce lui-même est gérée par le transport maritime et les ports internationaux ».

Un constat qui a conduit la CNUCED à inciter l’ensemble des acteurs de l’économie maritime à faire face à cette réalité. Sans oublier de tenir compte des petits États insulaires en développement et très vulnérables face aux changements climatiques.

Encore plus de CO2 ?

Toutefois, il faut souligner que le contexte environnemental n’est pas spécialement propice à l’optimisme. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les émissions de CO2 devraient encore augmenté au titre de l’année 2018 (potentiellement +2 %). Une trajectoire déjà amorcée en 2017 avec une hausse mondiale de 1,6 %. De quoi reconsidérer l’objectif majeur de l’Accord de Paris : maintenir l’augmentation des températures mondiales sous les 2°C. Et, dans le meilleur des cas, à 1,5°C.

Le directeur exécutif de l’AIE Fatih Birol a déclaré : « Nos données montrent qu’en dépit de la forte croissance de l’énergie solaire photovoltaïque et éolienne, les émissions ont recommencé à augmenter dans les économies développées, soulignant la nécessité de déployer toutes les technologies et l’efficacité énergétique ». Et d’ajouter que « ce revirement devrait être un autre avertissement aux gouvernements qui se réunissent à Katowice cette semaine. Des efforts accrus sont nécessaires pour encourager encore plus d’énergies renouvelables, une plus grande efficacité énergétique, plus d’énergie nucléaire et plus d’innovation pour des technologies telles que le captage, l’utilisation et le stockage du carbone et l’hydrogène, par exemple ».

Le maritime face à la tempête

Même si l’industrie maritime n’a pas été incluse dans l’Accord de Paris, l’OMI (Organisation Maritime Internationale) s’est engagée à réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Toutefois, des mesures concrètes visant à en faire une réalité restent encore à définir.

La CNUCED estime que l’industrie doit agir rapidement, car les effets du changement climatique devraient se faire sentir dès 2030, lorsque le point de réchauffement planétaire de 1,5°C sera probablement atteint, selon le rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Dans ces conditions, les changements prévus concernant le niveau de la mer, la température, les précipitations, mais aussi la hausse de la fréquence des fortes tempêtes sont susceptibles d’affecter les ports maritimes ainsi que toutes les infrastructures de transport de liaison et le réseau logistique mondial. L’anticipation n’est donc pas un luxe !

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Pline)
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