Philippe Perchirin, traducteur et auteur d’essais philosophiques et politiques débute une série d’articles consacrés à l’ère Macron et à ce qu’il nomme « La marche à l’abîme de la France ». Ces articles sont consacrés à la phase finale de la crise française, dont le quinquennat d’Emmanuel Macron est emblématique. Premier article ci-dessous.

Une France figée, sclérosée, momifiée et tragiquement dépourvue de perspectives

Depuis le coup d’État médiatico-judiciaire de 2017, la France est entrée dans une phase de transition politique radicale ; la situation du pays reste cependant très instable, et celui-ci n’a toujours aucune autre perspective en vue que la poursuite de sa marche à l’abîme.

La France a connu, lors des élections de 2017, un coup d’État politico-médiatique fomenté de fait par une poignée de juges gauchistes soutenus par une campagne de propagande médiatique inouïe (sachant qu’il n’y a aucun pluralisme des médias en France).

Les ingrédients de cette manipulation sans précédent d’une élection (ne nécessitant aucun « complot », une convergence d’intérêts et d’actions suffisant parfaitement) qui aurait dû être annulée sont connus : a) saboter jusqu’à pratiquement l’entraver complètement la candidature du candidat de la droite classique afin b) d’imposer la nouvelle figure de Macron en substitution d’un PS minoritaire depuis 1993 voire 1986 mais maintenant définitivement fini, comme candidat unique de fait face à la candidature irrecevable du RN/ex-FN, c) en s’appuyant sur le désespoir des électeurs, oscillant entre le « dégagisme » des « tous pourris » des votants et l’abstention pour ne pas dire la sécession des non votants – sécession dont la gravité est très sous-estimée, puisqu’elle est la marque éminente d’une société disloquée et la partie immergée de l’immense iceberg de la défiance des Français face aux institutions et à la classe politique.

Les ingrédients de cette tactique qui a réussi sont certes éculés, mais toujours efficaces grâce notamment à la culture criminelle de toutes les composantes de la gauche et à l’insondable sottise de toutes les composantes de la droite :

  • Le Parti socialiste, qui a détruit radicalement l’économie, le système social (bancal dès l’origine, nous y reviendrons), l’État et finalement la société française (comme tous les régimes socialistes, mais ici plus lentement dans le cadre de ce bizarre régime actuel antilibéral de NEP à la française) est en crise depuis 1982-1983 et de fait minoritaire depuis 1993, voire 1986 ;
  • face à lui, une droite majoritaire (dont les électeurs toutes tendances confondues constituent une majorité de fait depuis 30 ans) reste durablement scindée grâce à la cynique (et fort peu démocratique) satanisation mitterrandienne du FN, à travers notamment la crapuleuse idéologie néo-nazie de haine raciale cyniquement baptisée « antiracisme », les causes sociétales délirantes des sectes gauchistes originairement issues de la déliquescence du stalinisme après 1953 et la « fascisation » indistincte des opposants de tous crus ;
  • mais il est vrai aussi grâce à la participation très active d’un JMLP plus impulsif et « grande gueule » que fin politique et des tristes ténors d’une droite « classique » dite « républicaine » (novlangue orwellienne) d’une indigence rare rendant toute alliance des partis de droite impensable et impensée ;
  • la gauche restant de son côté libre de constituer toutes les coalitions voulues avec tous les partis de gauche radicale les plus extrémistes, antidémocrates, antilibéraux et antihumanistes voire complices moraux de crimes contre l’humanité qu’on puisse imaginer, mais manipulant à merveille une langue orwellienne qui a désormais vidé de tout sens le vocabulaire politique utilisé en France (une marque évidente de totalitarisme) – coalition minoritaire régulièrement convertie en majorité fictive par la magie du scandaleux clientélisme et du scrutin majoritaire confiscatoire de la fausse démocratie française ;
  • la droite majoritaire mais divisée restant par conséquent écartée du pouvoir sous sa forme extensive depuis 30 ans (elle mène une politique de gauche dès qu’elle est élue, cf. Sarkozy) et la France ainsi gouvernée par une gauche minoritaire elle-même sous la pression constante de ses alliés extrêmes (au départ sous la forme de l’ « union de la gauche » avec le sanglant PC stalinien et ultimement celle de la tragicomique « gauche plurielle »), poursuivant donc avec entêtement une politique du pire ;
  • la droite « classique » dite « républicaine » a été définitivement enterrée de 2007 à 2012 par le dernier avatar de sa crasseuse imbécillité politique, l’ahurissante « ouverture à gauche » de Sarkozy, alors que les électeurs de droite réclament strictement l’inverse à cor et à cri, et ce depuis des décennies.

Les récentes élections européennes semblent confirmer ce scénario, démontrant ainsi le coup d’État de 2017 qui a inauguré une phase de transition dans l’histoire politique du pays.

Vers un avenir incertain, c’est le moins qu’on puisse dire

Qu’on en juge plutôt au vu des caractéristiques plutôt malsaines de ce scénario :

  • Les partis de la droite traditionnelle et de la gauche traditionnelle sont désormais en pleine débâcle. Ils cèdent le pas, en tout cas pour l’immédiat, à un tripartisme comprenant un RN/ex-FN eurosceptique et souhaitant contrôler l’immigration (mais au programme économique étatiste et interventionniste postmarxiste), une LaREM pro-européenne, immigrationniste voire pro-islam/islamisme (et au programme économique lui aussi largement étatiste et interventionniste postmarxiste et pas du tout libéral), les deux talonnés par des Écologistes souhaitant l’instauration d’une forme de totalitarisme d’un nouveau genre (et au programme économique encore plus étatiste et interventionniste postmarxiste que les autres) ;
  • Ce tripartisme directement sorti d’un roman inédit mélangeant anticipation cauchemardesque et horreur improbable est extrêmement instable :
  • Il maintient en fait le principe de la gouvernance extrémiste minoritaire qui a délégitimé tous les gouvernements français depuis 30 ans, LaREM restant libre de constituer une « fausse majorité en réalité minoritaire » en s’alliant avec les Écologistes,
  • alors que la droite reste plus que jamais désunie et donc incapable d’accéder au pouvoir, un RN/FN sans vision et sans leader charismatique au programme politique, économique et réformateur très indigent ne pouvant en aucun cas réunir une majorité sous sa seule bannière ;
  • situation qui n’a par ailleurs pas échappé à des millions d’électeurs qui ont désormais fait sécession en se réfugiant durablement dans l’abstention, sécession qui disloque désormais dangereusement la société française et commence à être marquée par l’apparition de phénomènes d’opposition extra-parlementaire (comme les GJ) appelés à se développer en créant une et des crises croissantes qui seront à terme insurmontables, et susceptibles de déboucher sur des soulèvements et des guerres civiles
  • si les dirigeants continuent de rejeter toute idée de réforme du système politique, économique et social du pays bien au-delà du seul changement de gouvernance.

Le nœud gordien de cette crise existentielle ne pourrait être tranché que si le président Macron était réellement ce qu’ont salué les médias français et étrangers : un homme politique jeune non issu du sérail, moderne et plein de nouvelles idées, désireux de réformer un système français à bout de souffle en pleine crise budgétaire, économique, financière, sociale et identitaire, culturelle et civilisationnelle.

Macron n’est pas « l’homme providentiel » qui va sauver la France : il en est le fossoyeur

Or non seulement il n’en est rien, mais c’est tout le contraire qui est vrai : énarque étriqué lobotomisé par sa formation et dépourvu de la moindre imagination, formaté au sein d’un système français figé et moribond (ENA), ayant fait carrière dans un capitalisme d’État s’enrichissant non dans l’esprit d’entreprise mais dans celui de connivence et de collusion avec le politique (le problème n’est donc pas « le monde de la finance » ni même la « banque Rothschild », mais celui du capitalisme d’État, des rentes de situation et de prébendes caractéristiques du système économique de NEP avancée à la française !), homme jeune gâteux avant l’âge incapable de comprendre la et les crises françaises, par ailleurs nombriliste borné dépourvu de tout charisme et des qualités humaines indispensables à un leader, le président Macron apparaît de plus en plus pour ce qu’ont vraiment voulu ses promoteurs en contrebande : le vide de la pensée au pouvoir, le continuateur aveugle et borné de toutes les causes criminelles de la et des crises françaises, le conservateur fanatique d’un passé mort depuis longtemps, l’embaumeur tardif d’une momie déjà putréfiée, le praticien acharné d’un monde sclérosé et figé, un docteur Sangrado de la politique.

Macron, l’homme qui poursuit l’explosion des dépenses au lieu de les maîtriser, Macron l’homme qui poursuit la hausse d’impôts à taux confiscatoires sur des assiettes se réduisant comme peau de chagrin au lieu de les baisser, Macron l’homme qui continue la dérive budgétaire et l’endettement public menaçant l’État d’insolvabilité au lieu de se lancer de façon conséquente dans la rigueur et le désendettement, Macron qui poursuit l’inflation réglementaire en ajoutant aux délirantes couches législatives existantes une délirante couche « écologique » au lieu de déréglementer et de rationaliser, Macron pour qui « libéralisme » signifie simplement la poursuite de la vente des rares fleurons de l’économie française à des prédateurs étrangers qui s’empressent de fermer les usines céans et de rapatrier les productions dans leurs pays au lieu de favoriser la compétitivité française en mettant en œuvre (notamment au bénéfice des TPE-PME-MEI) des recettes libérales réelles (c’est-à-dire « ultra-libérales ») et de veiller à des accords de libre-échange équilibrés (cf. la pratique de Trump dans ce domaine), Macron l’ennemi juré de toute démocratie qui poursuit l’incroyable dérive autoritaire et liberticide pour ne pas dire totalitaire de l’État au lieu de donner aux exilés de la nation désormais majoritaires la représentation qu’ils méritent – en accentuant jusqu’à la rupture la sécession qui disloque une société française privée de contrat social, Macron l’allié politique des islamistes et des djihadistes en poursuivant là aussi l’explosion civilisationnelle du pays au lieu de réaffirmer les principes incontournables fondant l’unité de la société céans (avec pour alternative l’expulsion des agresseurs).

Macron n’est pas « l’homme providentiel » qui va sauver la France : il en est le fossoyeur, le dernier président de la Ve République. Il n’est pas Henri IV, mais Henri III ; pas Bonaparte, mais les directeurs corrompus du Directoire ; pas De Gaulle, mais Pétain.

En revanche, le sauveur n’est hélas toujours pas en vue non plus…

Philippe Perchirin 

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