Philippe Perchirin, traducteur et auteur d’essais philosophiques et politiques poursuit sa série d’articles consacrés à l’ère Macron et à ce qu’il nomme « La marche à l’abîme de la France ». Ces articles sont consacrés à la phase finale de la crise française, dont le quinquennat d’Emmanuel Macron est emblématique. 

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Une France traversant une triple crise existentielle, économique et sociale, politique et démocratique, civilisationnelle

  • La crise civilisationnelle repose sur le refus de poser la question migratoire en termes rationnels : économiques, sociaux, culturels et bien entendu civilisationnels pour la présenter criminellement comme une question idéologique et religieuse. Derrière cela se cache une vaste accumulation de confusions autours des notions d’État, de citoyenneté, de nation et de nationalisme, ainsi que le terrorisme d’idéologues malhonnêtes et criminels qu’il convient de démêler, de démasquer et de dénoncer – commençons par là

Nations et nationalismes : la grande confusion (impérialisme contre droit des peuples)

Le nationalisme des nationalités est strictement l’inverse du nationalisme colonialiste, suprémaciste, impérialiste et ultimement raciste !

La passion des allemands pour leur Kultur et notamment la remise à l’honneur passionnée des grandes épopées pagano-chrétiennes du moyen-âge a lancé le très vaste mouvement romantique des nationalités qui s’est emparé de tous les peuples notamment slaves, germaniques, celtiques (en Bretagne avec Hersart de la Villemarqué et son Barzaz-Breiz) au 19e siècle.

Soyons clair : le nationalisme des nationalités est le strict inverse du nationalisme anti-ethnique français, colonialiste, impérialiste, suprémaciste et raciste sous couvert d’un universalisme grotesque et mensonger. Le terme de « nationalisme » revêt donc deux sens radicalement inverses !

Le nationalisme anti-ethnique colonialiste, impérialiste, suprémaciste et raciste sous couvert d’universalisme correspond à la prétention des empires à soumettre les peuples voisins à l’esclavage voire à les éradiquer. Au nom de leur supériorité culturelle (l’universalisme français) ou ethnique (le racisme allemand).

Dans la deuxième partie de son ouvrage Les origines du totalitarisme, consacrée à l’Impérialisme (1982), Hannah Arendt établit clairement la distinction entre nationalisme au sens de la revendication de tout peuple à une identité nationale et le racisme, qui est l’idéologie impérialiste par excellence, en soulignant que l’impérialisme est le strict inverse du nationalisme en ces termes : « Que le racisme soit la principale arme idéologique des politiques impérialistes est si évident que bon nombre de chercheurs donnent l’impression de préférer éviter les sentiers battus du truisme. En revanche, la vieille confusion entre le racisme et une sorte de nationalisme exacerbé est encore monnaie courante. Les remarquables études qui ont été faites, en France surtout, et qui ont prouvé que non seulement le racisme est un phénomène très différent, mais qu’il tend à détruire le corps politique de la nation, sont généralement passés sous silence. » (in : Hannah Arendt « Les Origines du Totalitarisme » chez Gallimard, collection Quarto 2017 déposée en 2002, trad. Martine Leiris)

Aujourd’hui, il y a en effet une claire inversion du sens des mots, une fois de plus et notamment en France, consistant à qualifier de racisme la revendication légitime des nations naturelles (constituées ou non en État) à préserver leur langue, leur culture et leur identité, ce qui fait bien entendu partie des droits humains les plus fondamentaux, à du « racisme ». Cette imposture est le fait des idéologues qui veulent soumettre les peuples, les réduire à l’esclavage en les privant de tous droits, indépendance et démocratie, voir à les éradiquer, par assimilation ou dans les faits. La France le fait depuis deux siècles à l’égard de ses minorités nationales en portant en permanence de façon fallacieuse et crapuleuse l’accusation de « racisme » vis-à-vis de ceux qui refusent de disparaître. Le seul racisme en France est le racisme assimilateur de l’État (une langue, une culture, un État central, etc.). Soyons clairs une bonne fois pour toutes : il va sans dire que c’est la prétention impérialiste à la colonisation, à la soumission, à la réduction à l’esclavage et à l’éradication, et elle seule, qui est du racisme idéologique ! Il en va ainsi de l’idéologie jacobine, et il en va également du prétendu « antiracisme » qui est le racisme et le néonazisme, en l’occurrence un nazisme inversé.

Il existe en effet pendant tout ce siècle une forte tendance à convertir le nationalisme impérialiste en colonialisme, les empires puisant leur légitimité dans le panslavisme russe, le pangermanisme allemand … mais les empires coloniaux français et surtout anglais ne font, au nom de leurs intérêts économiques (Empire britannique) ou politiques (Empire français ayant vocation à civiliser « les races inférieures » (Jules Ferry)) rien d’autre tout en tenant un autre discours …

Le nationalisme des nationalités par contre est la revendication par ces mêmes peuples de leurs droits imprescriptibles à l’existence, à l’identité et à l’indépendance vis-à-vis des empires (turc, russe, allemand et surtout austro-hongrois …) à l’instar des mouvements indépendantistes anticolonialistes (Inde, Afrique et monde arabo-musulman). L’identité est un droit humain inaliénable.

Le droit de tous les peuples à l’existence, à la liberté à l’indépendance (nationalisme ethnique) est un droit fondamental relevant des vrais droits de l’homme et du citoyen !

Le contraire, c’est-à-dire la prétention à soumettre les peuples à l’esclavage en les privant de tous leurs droits à l’indépendance, la liberté et l’identité, en attendant de les éradiquer de la surface de la terre (y compris sous couvert d’un odieux mensonge « universaliste ») est un crime pouvant être apparenté aux crimes contre l’humanité !

Quand l’Union Européenne, l’ONU ou je ne sais quelles instances internationales prétendent priver les peuples de leurs droit inaliénables au nom de mensonges et de manipulations idéologiques et langagières (relevant d’un universalisme fantasmé par des pervers, voir l’idéologie française), elles commettent des crimes assimilables à des crimes contre l’humanité !

Ça n’a jamais été la soif de liberté des petits peuples vis-à-vis des empires qui a été à l’origine des désastreuses guerres du 20e siècle et de leurs cortèges de misères et de crimes. Les désastreuses guerres du 20e siècle et leurs cortèges de misères et de crimes puisent leur origine dans le choc des empires – centraux et coloniaux ! Dans le nationalisme anti-ethnique colonialiste, impérialiste, suprémaciste et raciste sous couvert d’universalisme ! PAS dans le nationalisme des nationalités !

Quand il parle du « nationalisme », compris comme la revendication légitime du droit inaliénable des peuples à la démocratie, à la liberté, au droit à l’existence et à l’identité comme étant à l’origine des guerres mondiales, Macron tient un discours crapuleux, odieux et mensonger en inversant systématiquement le sens des mots et les faits historiques : c’est bien au contraire ce que lui-même revendique une fois de plus au nom des mensonges éhontés d’une Union Européenne née d’un rêve impérial de bureaucrates, antidémocratique, antilibéral au sens politique du terme, antihumaniste et foncièrement anti-ethnique colonialiste, impérialiste, suprémaciste et raciste sous couvert d’universalisme qui avait déjà été à l’origine des désastres du siècle dernier…

Macro n’est pas « l’homme providentiel » qui va sauver la France : il en est le fossoyeur, le dernier président de la Ve République. Il n’est pas Henri IV, mais Henri III ; pas Bonaparte, mais les directeurs corrompus du Directoire ; pas De Gaulle, mais Pétain.

En revanche, le sauveur n’est hélas toujours pas en vue non plus …

Le RN veut certes restaurer l’autonomie de l’État français. Mais sa revendication n’a aucun sens s’il ne précise pas l’absolument nécessité que l’indépendance d’un tel État soit assurée dans un cadre démocratique, libéral au sens politique ET économique, et abandonne donc son stupide programme postmarxiste et son étatisme jacobin. La revendication identitaire est une revendication des droits de l’homme, elle vaut pour les Alsaciens, les Savoyards, les Occitans, les Corses, les Catalans, les Basques, les Bretons et les Flamands. La France doit aussi abandonner sa présence outre-mer …

Philippe Perchirin

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