Fake News ou ignorance ? Quand Le Télégramme évoque « l’Abbé Perrot, exécuté en 1943 pour connivence avec l’ennemi »

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On savait que Le Télégramme n’aimait pas franchement le nationalisme breton (il suffit de se souvenir du refus de Hubert Coudurier, directeur de l’information du quotidien, de publier l’annonce du décès de Yann Fouéré pour s’en rendre compte). De là à raconter des bobards, il n’y a qu’un pas que Benjamin Bréhon et Thomas Rozec viennent de franchir (par ignorance ?) concernant l’Abbé Yann Vari Perrot.

L’article — paru le lundi 22 février 2021 — évoque un podcast signé Thomas Rozec et intitulé « au vieux pays de mes pères », consacré à son arrière grand-père, Mathieu Cabioch, militant nationaliste breton durant la Seconde guerre mondiale et partisan de la collaboration avec l’Allemagne dans l’espoir de voir une Bretagne devenir indépendante (selon le précepte adopté aussi par les Irlandais indiquant que « les ennemis de mes ennemis sont mes amis »).

On peut lire, après une présentation du podcast : « Ce qui aurait pu n’être qu’un coup de projecteur sur une trouble histoire de famille est en fait bien plus que ça : une plongée dans le Léon de l’époque, sa vie austère, l’importance de la foi ; une radiographie du mouvement nationaliste breton, de ses erreurs et de ses errances ; un retour aux temps agités de l’épuration et de ses tristes lettres de dénonciation, anonymes comme il se doit.

De tout ça, Thomas Rozec sort ébranlé, ému. Quels étaient les secrets de cet homme taiseux, isolé du monde depuis qu’une explosion l’avait rendu sourd ? Que cachaient ses larges épaules, sa réputation de guérisseur capable de deviner qu’une vache était grosse et de lui éviter l’abattoir à la dernière minute ? Quel rôle a tenu son épouse, née Gardic, petite femme sèche avec laquelle “ce n’était pas tous les jours dimanche”, comme s’en souviennent encore ses petits-enfants, mais qui soutiendra jusqu’au bout son homme, même frappé du sceau de l’infamie ? Et la religion, là-dedans ? A-t-il été influencé par l’abbé Perrot, exécuté en 1943 pour connivence avec l’ennemi ? Peut-on à la fois se revendiquer catholique pratiquant, multiplier les signes de dévotion jusqu’à en user la tapisserie, et frayer avec les nazis ? »

Vous avez bien lu. Selon l’article du Télégramme, l’Abbé Perrot aurait été exécuté en 1943 pour connivence avec l’ennemi. Outre le fait que l’Abbé Perrot n’a jamais été présenté à un tribunal (on ne peut donc pas évoquer une « connivence avec l’ennemi » n’ayant jamais été jugé ni condamnée), il n’a pas été exécuté, mais assassiné, le 12 décembre 1943, par un « Résistant » du Parti communiste français, qui l’accusait de collaboration avec l’ennemi.

Voici ce qu’écrivit l’Abbé Perrot dans une lettre à une paroissienne écrite le , peu avant son assassinat :

« J’ai l’honneur de vous faire savoir que le PNB dirigé, par M. Raymond Delaporte, est un parti qui n’a été et ne peut être, tant qu’il se maintiendra dans la voie qu’il suit maintenant, condamné par l’autorité ecclésiastique. Il n’en est pas de même de certains autres mouvements bretons tels que le groupement dit “Service spécial”, dirigés par M. Célestin Lainé, de Ploudalmézeau, qui est nettement néo-païen, et le groupement Nemeton qui rêve de ressusciter la religion celtique. Ces groupements sont à fuir comme la peste. Vous me demandez ensuite s’il est permis de sympathiser avec les Allemands. Cela va sans dire puisque notre religion nous ordonne d’aimer même nos ennemis (le cardinal Baudrillart, qui était une autorité, prêchait la collaboration avec l’Allemagne). Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’il y a Allemands et Allemands et que les nazis sont des néo-païens dont il faut rejeter les doctrines parce que destructrices de tout l’ordre chrétien »

Pour la connivence avec l’ennemi, on repassera. L’abbé Henri Poisson affirme dans son livre dédié à l’Abbé Perrot : « L’assassinat de l’abbé Jean-Marie Perrot, le 12 décembre 1943, plus connu, et à qui on ne pouvait reprocher que son ardente fidélité à la Bretagne, constitue un crime odieux et ne peut s’expliquer que par le régime d’anarchie et de totalitarisme qui fut la marque de cette période. ».

On est donc là dans la petite fake news (ou dans l’ignorance ?) destinée à passer, pour les moins connaisseurs en histoire « comme une lettre à La Poste », et à salir, une fois de plus, l’Abbé Perrot, soldat et martyr de Feiz ha Breiz.

Pour ceux qui veulent lire de vrais témoignages sur la période, deux livres méritent leur attention : « Hôtel de Bretagne » et « Joli moi de Mai ».

Pour en savoir plus sur l’assassinat de l’Abbé Perrot à Scrignac, nous vous renvoyons aux deux articles rédigés par nos soins sur la question :

Les origines de l’assassinat de l’abbé Perrot [Partie 1]

Les origines de l’assassinat de l’abbé Perrot [Partie 2]

Crédit photo : DR
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4 Commentaires

  1. Qui peut aujourd’hui accorder le moindre crédit à ces immondes feuilles de choux, clones de la Daeshpesch du Dhimmi, que sont Paresse-Hassan, Wesh-Fronce et le Taleb Haram de Pontanézen?

  2. Hélas, je crois qu’il ne faut pas y voir un mensonge mais une une simple manifestation d’ignorance. La conscience professionnelle devrait conduire à vérifier ses sources ? Hélas (bis), l’éthique des journalistes n’est plus ce qu’elle était.

  3. Quand quelqu’un osera-t-il hurler la vérité ? L’Abbé Perrot s’est fait assassiner sur ordre du PC car il avait osé (le premier) dénoncer le massacre de Katyn (20 000 personnes exécutées sur ordre de Staline dans le bois de Katyn en Pologne)… d’autres l’ont suivi, parmi lesquels un éminent général anglais… alors si c’est ça la collaboration avec l’ennemi, on voit bien de quel côté se rangent les journaleux du Tele-bramm de Montrou’ !

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