Crise énergétique : l’occasion de faire un bond qualitatif vers un maximum d’autonomie ?

ille-et-vilaine

Les innombrables effets inattendus de la crise ukrainienne et des ramifications mal identifiables de cette dernière mettent cruellement à nu l’incroyable incurie et l’incompétence crasseuse de nos dirigeants. La devise « Gouverner, c’est prévoir » leur est parfaitement inconnue. Ce sont des songe-creux verbeux et prétentieux, des baudruches vides. Le pays est géré au jour le jour et au petit bonheur la chance, et notre minable et méprisable classe politique exclusivement clientéliste se contente de réagir aux crises diverses et variées qui tombent sur leurs têtes hébétées en accumulant à la va-vite les mesures d’expédients à la manière de poulets sans tête courant affolés contre les grilles d’un poulailler. Et ils ne savent réagir aux critiques qui pleuvent dru sur eux que par l’arrogance, la morgue et l’autoritarisme. Quant aux (illégaux ?) « conseils » et autres « états généraux » nommés, ils ne servent visiblement à rien de bon…

Un des exemples frappants est la crise énergétique, qui résulte de l’accumulation de décisions d’autant plus aberrantes qu’elles ne sont pas le fruit d’une réflexion stratégique à long terme, mais de l’aléatoire combinaison cancéreuse de différentes pathologies de la politique française : clientélisme, soumission aux délires idéologiques de sectes totalitaires, vassalisation aveugle vis-à-vis d’une commission européenne dont les prérogatives sont issues du coup d’État du traité de Lisbonne (2007)… et tout à l’avenant dans le cadre d’une fin de non-recevoir radicale à toute culture de la démocratie.

Le prix de l’énergie est donc en train d’exploser,

  • parce que d’une part le gouvernement russe a décidé de réagir aux sanctions européennes et accessoirement à l’aide financière apportée à l’Ukraine dans la guerre en coupant le robinet du gaz (ce qui leur coûte aussi) ; petite leçon de capitalisme (Ludwig von Mises, chapitre 0) : quand un produit se raréfie très fortement face à une très forte demande, les prix explosent ; quant à l’imbécile mesure du « blocage des prix », elle démontre que nos crasseux n’ont rien appris depuis la « Loi du maximum » de 1793 ; mais il est vrai que l’histoire n’est plus enseignée…
  • parce que par ailleurs, l’hystérisation de la lutte contre le réchauffement climatique a amené l’État français à fermer un tiers du parc nucléaire français en sacrifiant la souveraineté énergétique du pays sans prévoir d’autre alternatives que des parcs mal dimensionnés d’éoliennes aussi inefficaces que hideuses… ou le gaz importé d’ailleurs !
  • sans parler des accords de régulation des prix en Europe, d’inspiration soviétique et non « libérale », imposés par une UE dépourvue elle aussi de tout élément de démocratie véritable…

Et pourtant, les revendications dépensières et étatistes de l’opposition communiste ou gauchiste ainsi que des différents courants de la droite nationale ou patriote ne m’inspirent pas du tout.

Pour les mêmes raisons que celles qui me rendent dubitatif pour tous les autres fronts de crise :

  • crise de l’hôpital public : il faut revaloriser les budgets de l’hôpital public… (non ! privatiser !)
  • crise de la sécurité : il faut revaloriser les budgets de la police et de la justice… (oui ! C’est régalien !)
  • hausse du prix de l’essence : distribuons des chèques aussi ridicules que coûteux… (marxisme…)
  • hausse du prix de l’électricité : distribuons des chèques aussi ridicules que coûteux… (marxisme…)
  • hausse du prix du chauffage : distribuons des chèques aussi ridicules que coûteux… (marxisme…)
  • etc. etc.

Alors que, parallèlement : la crise du coronavirus a vu une nouvelle explosion de la dette pendant que les taux d’intérêt sont en train de remonter pour contrer l’inflation ; l’armée française est en état de mener une guerre de haute intensité pendant quelques semaines seulement ; l’économie chinoise pourrait imploser suite à une gigantesque bulle immobilière spéculative sans parler des crises taiwanaise, ouighour, tibétaine sous-jacentes et du raidissement provoqué par l’inquiétante politique impérialiste du désormais « président à vie » Xi Jinping (liste non-exhaustive)…

On rappellera ici utilement que l’économie française (saine, celle des TPE-PME/PMI-MEI) a été ravagée depuis les années 70 par une caste politique post-soviétisante kleptocrate et corrompue qui a pillé l’État pour s’enrichir personnellement et indûment, et acheter des clientèles suffisantes pour leur légales mais illégitimes élections a minima – ce qui n’a absolument rien à voir avec le libéralisme véritable, en tout cas démocratique, fédéraliste, minarchiste, conservateur et identitaire que je défends…

Alors, je ne dis pas qu’il ne faut pas maintenir des capacités de réacteurs nucléaires – surtout de dernière génération – à un niveau raisonnablement élevé ni surtout que le démantèlement envisagé de cette capacité nucléaire qui assure la souveraineté du pays n’est pas une aberration voulue par des écologistes complètement déjantés. Nous avons besoin du nucléaire, surtout de dernière génération, parce que cette énergie est bien plus propre que par le passé, assure notre souveraineté et nous permet de bénéficier d’une énergie bon marché pour le plus grand profit de nos entreprises (sachant que toutes les autres mesures fiscales, sociales et réglementaires que j’ai proposées par ailleurs dans mon court manifeste « Introduire un véritable régime de démocratie en France : proposition de réformes concrètes indispensables » – obtensible gratuitement à la demande, sont tout aussi impératives pour transformer l’essai sans oublier la fin des accords européens).

Ce que je veux dire ici, c’est qu’une remise à niveau de notre parc nucléaire va à nouveau, parmi les autres priorités, alourdir la dette abyssale de la France qui pourrait, si la crise s’aggrave, si l’inflation reprend et si les taux d’intérêt remontent, atteindre un niveau critique alors que la ponction de l’État sur l’économie a atteint le double (60 %) du seuil considéré par le général de Gaulle comme caractéristique d’une économie « communiste » (35 %). Sans oublier le fait qu’il faudra le cas échéant 5 ans pour reconstituer des capacités nucléaires suffisantes.

Et ce que je veux aussi dire, c’est que j’en ai marre d’entendre en permanence ces sempiternels appels à l’État. Satané peuple d’esclaves ! L’État, on le voit bien, n’est pas la solution mais est une composante essentielle de tous les problèmes ! L’État doit se concentrer sur le domaine régalien qu’il a abandonné alors que celui-ci constitue son essence même, et se retirer aussi largement que possible de tous les autres !

Il est en effet une action complémentaire très importante, dont j’ai pris conscience dans le cadre de plusieurs travaux accomplis pour le département du ministère fédéral allemand de l’économie et des technologies ainsi que pour son équivalent de la Confédération helvétique. Pas les parcs d’éoliennes, qui correspondent à nouveau à la vision centralisée de bureaucrates franchouillards consistant à remplacer des centrales nucléaires par d’hideuses mers d’éoliennes défigurant les paysages et les côtes tout en fournissant une énergie intermittente (un crime de plus) !

Car la crise des prix de l’énergie peut aussi paradoxalement constituer un choc salutaire incitant à repenser entre autres l’intégralité de nos petites infrastructures !

Je pense à des solutions qui ont déjà commencé depuis des années à être mises en œuvre en Allemagne et en Suisse, non sans de premiers succès prometteurs. Je parle d’une autonomie énergétique aussi large que possible du plus grand nombre de bâtiments possible. Tout bâtiment en effet, qu’il soit public, industriel ou privé peut être autonomisé totalement, très largement ou au moins partiellement en termes d’énergie, de chauffage et d’approvisionnement en eau. Sans défigurer quelque paysage que ce soit. Avec certes des investissements notables, mais très inférieurs à ceux qu’exigent la construction à neuf ou la remise à niveau de nombreuses centrales nucléaires. Répartis sur une multitude d’acteurs. Et bien plus rapide à mettre en œuvre. Tout bâtiment préalablement isolé peut, selon les conditions, être chauffé en couvrant son toit de panneaux solaires thermiques ou en l’équipant de pompes à chaleur ou de systèmes géothermiques de surface. Il peut aussi produire tout ou partie de son électricité. Il peut récupérer l’eau de pluie et recycler en les traitant les eaux usées qu’il génère. Si l’État le faisait pour toutes les infrastructures qu’il possède, cela lui coûterait moins cher et serait plus rapide à mettre en œuvre que la construction à neuf ou la remise à niveau de nombreuses centrales nucléaires. Mais l’État est lent et poussif. Les entreprises privées par contre (et surtout une multitude de PME-PMI !) seraient bien inspirées de prendre rapidement de telles mesures après études d’experts compétents : plus souples et réactives, elles peuvent les financer en empruntant, réaliser des travaux sans attendre indéfiniment des décisions de l’État et peuvent, au vu de l’explosion des prix de l’énergie, rapidement amortir leurs investissements tout en maîtrisant leurs coûts de production en lissant le problème des fluctuations à terme.

À cela vient s’ajouter un avantage stratégique considérable et essentiel pour tout le pays : la guerre en Ukraine a montré l’extrême danger stratégique et militaire que représente dans les conflits à venir la centralisation dans tous les domaines, entre autres de la production d’électricité. Les centrales et le réseau consistant à transporter de l’énergie sur des grandes distances (avec de grandes pertes au passage) sont sensibles aux actes de terrorisme et de sabotage. Alors qu’aucun ennemi intérieur ne peut saboter des dizaines de milliers de sites autonomes voire bien plus. Un avantage décisif en cas de troubles qui pourraient caractériser les futurs conflits.

Les particuliers propriétaires sont en revanche plus difficiles à amener à la transition : tous ne peuvent pas faire face aux coûts d’équipement ou n’ont pas de capacités d’endettement suffisantes. Des aides bien plus substantielles et de vastes campagnes de communication pourraient au moins en partie faire bouger les lignes.

Mais soyons clairs : la production centralisée, de préférence nucléaire pour les raisons précédemment exposées, et le réseau restent indispensable pour sécuriser le tout. Pas d’idéologie, pas de fanatisme, pas de terrorisme intellectuel, du pragmatisme en toute chose !

Pour les particuliers et les entreprises cependant, le plus important est d’acquérir la plus grande indépendance possible vis-à-vis de l’État. Je l’ai déjà dit : dans toutes les questions qui ne relèvent pas du domaine strictement régalien, l’État n’est jamais la solution. L’État est le problème. Toujours.

Philippe Perchirin

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

2 réponses

  1. Il faut supprimer la loi NOME qui permet, grâce à l’ARENH, aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner en électricité parce que EDF est obligé de revendre aux fournisseurs 25% de sa production à un prix régulé, dans des conditions fixées par les pouvoirs publics!…Les bons à rien, qui nous gouvernent, sont responsables du fiasco dans lequel nous nous trouvons!

  2. achetez des pulls et des moumoutes pour cet hiver, le gaz sz schiste américain tardera et celui de l’algérie et du qatar encore plus! salopiauds de russes qui nous fournissaient à prix normal sont des tyrans!

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS