Immigration : une nouvelle loi en 2023 pour accélérer le repeuplement de la France

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Le président de la République a présenté le 15 septembre aux préfets réunis à l’Elysée leur feuille de route pour les prochains mois. Parmi les différents thèmes abordés, Emmanuel Macron a dévoilé les contours d’un projet de loi sur l’asile et l’immigration qui sera soumis aux parlementaires début 2023. Les nouvelles dispositions visent notamment à accélérer la politique de peuplement des territoires français, en particulier ruraux, par des migrants extra-européens. Cette annonce a de quoi étonner car elle était absente de la profession de foi d’Emmanuel Macron envoyée aux Français avant le deuxième tour de l’élection présidentielle, le 24 avril dernier. Elle s’inscrit pourtant dans le prolongement et l’accélération de la politique de répartition des migrants sur le territoire national menée depuis plusieurs années.

Le projet présidentiel d’Emmanuel Macron

Entre les deux tours de l’élection présidentielle organisée en avril 2022, Emmanuel Macron présentait aux Français dans sa profession de foi « 10 raisons » de choisir son projet. Parmi celles-ci, l’immigration était succinctement évoquée, sous la forme d’un slogan : « Pour l’Europe des frontières qui lutte contre l’immigration clandestine ». Le candidat à sa réélection à la présidence de la République s’est bien gardé à l’époque d’annoncer l’amplification de sa politique de peuplement de la France par des populations extra-européennes. Il vient de lever le voile sur son projet le 15 septembre à l’Elysée, devant un parterre de préfets.

« Une politique inefficace et inhumaine » d’accueil et d’intégration

Dans un discours fleuve d’une heure et 47 minutes, Emmanuel Macron a, entre autres sujets, dressé un état des lieux de l’immigration dans notre pays que l’on peut qualifier de réaliste. Le président de la République a tour à tour fustigé la complexité et la longueur des procédures d’asile, l’opportunisme de migrants économiques faisant une demande d’asile, la générosité de notre système d’aide sociale, supérieure à celle d’autres pays européens, l’accueil et l’intégration souvent déficients des étrangers quand ils arrivent en France et le faible nombre de reconduites dans leur pays des étrangers en situation irrégulière.

Le consensus sur le plan d’action présenté à la suite de ce diagnostic sera par contre plus difficile à obtenir. S’appuyant sur la « transition démographique » à venir, qui se traduit déjà par une baisse du nombre d’élèves dans les écoles, Emmanuel Macron a effet annoncé avoir demandé à la première ministre de travailler sur « une politique profondément différente de répartition sur le territoire, des femmes et des hommes qui sont en demande de titres (de séjour NDLR) et aussi de ceux qui en ont reçus ».

Le président de la République a précisé que « si nous savons offrir de l’urgence, de l’hébergement et de l’intégration dans ces régions (les espaces ruraux qui sont en train de perdre de la population NDLR) à des femmes et des hommes qui arrivent sur notre sol, les conditions de leur accueil seront bien meilleures que si nous les mettons dans des zones qui sont déjà densément peuplées, qui ont une concentration de problèmes économiques et sociaux massifs ». Le chef de l’Etat a annoncé en conclusion qu’un projet de loi relatif à l’asile et l’immigration sera déposé au parlement début 2023, couplé à une loi d’orientation et de programmation ambitieuse.

Une politique de gestion de flux

Emmanuel Macron a donc repris la main sur le dossier de l’immigration, après l’annonce du ministre de l’intérieur le 26 juillet de la présentation en septembre d’un projet de loi visant uniquement à fluidifier les procédures de retour des étrangers en situation irrégulière. En effet, si le projet de loi qui sera présenté début 2023 aux parlementaires devrait bien contenir des mesures dans ce sens, la grande nouveauté est l’annonce par le président de la République d’une véritable politique de peuplement de la France par des populations étrangères, en particulier dans les zones rurales.

Pour surprenante qu’elle puisse apparaitre, cette annonce s’inscrit pourtant dans la continuité de la politique menée par le gouvernement socialiste sous la présidence de François Hollande et de celle qu’Emmanuel Macron impulse depuis qu’il est au pouvoir. Un bref historique permet d’en retracer les principales étapes, qui aboutissent à accueillir toujours plus d’extra-européens en France.

L’essor des structures d’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés

Au pic de la crise migratoire, la chancelière allemande Angela Merkel annonçait le 31 août 2015 l’ouverture en grand des frontières de son pays. Cette annonce a entrainé par ricochet un afflux massif de migrants dans les autres pays européens. Plutôt que de fermer leurs frontières, certains pays comme la France, ont choisi d’accueillir les migrants et d’organiser leur prise en charge dans des centres d’accueil. Le gouvernement dirigé par Bernard Cazeneuve a dans cet objectif engagé un programme d’accroissement du nombre des structures d’hébergement, présentées pour certaines comme provisoires, sur tout le territoire français.

Quelques mois seulement après avoir été élu, le 5 septembre 2017, Emmanuel Macron annonçait dans un discours aux préfets un nouveau renforcement des capacités d’hébergement des migrants dans le cadre d’un plan gouvernemental ainsi qu’un projet de loi sur l’asile et l’immigration. De fait, l’effort considérable consenti à ce sujet a abouti au doublement en quelques années du nombre de places en structures d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile et réfugiés.

La cartographie réalisée par la Cimade est à ce titre impressionnante : 50 000 places en centres d’accueil pour demandeurs d’asile, 64 500 en hébergement d’urgence des demandeurs d’asile, 5 350 en programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile, 4 500 en centres d’accueil et d’étude de situations, 8 700 en centres provisoires d’hébergement.

Éric Dick a dans un documentaire réalisé en 2018 mis en lumière la profonde transformation de villes et de villages vendéens par l’immigration, accentuée par l’implantation de ces structures d’accueil. On découvre au fil de ses investigations le nombre important de migrants arrivant dans certaines communes, leur religion (très majoritairement musulmane), leur pratique religieuse (souvent assidue), l’essor de l’islam dans ces terres profondément chrétiennes, le soutien des associations d’aides aux migrants, la recherche d’une main d’œuvre bon marché par certaines entreprises, la propagation silencieuse de la viande halal et une conception angélique du « vivre ensemble ».

Compte tenu de l’ampleur des flux migratoires, créer toujours plus de places d’hébergement est rapidement apparu insuffisant. Les gouvernements successifs conduisent désormais une politique d’accueil des migrants de plus en plus directive : il ne s’agit plus seulement d’accueillir et d’héberger, mais également de répartir sur le territoire national tant les « mineurs isolés » que les demandeurs d’asile.

La répartition des « mineurs isolés »

Parmi les migrants arrivant en France, les jeunes étrangers sont de plus en plus nombreux à se prévaloir de leur minorité pour demander une prise en charge au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Le phénomène a pris une telle ampleur que les capacités d’accueil de nombreux départements, en particulier en Ile de France, sont fréquemment saturées.

Pour « résoudre » ce problème, ou à tout le moins en réduire les effets, le gouvernement a décidé par décret ministériel pris en 2016 de « répartir de manière proportionnée les mineurs entre les départements ». Des départements qui étaient jusqu’à maintenant à l’écart de ce type d’immigration se voient imposer de fait la création de structures d’accueil ou la prise en charge des nuitées à l’hôtel. Ainsi, conformément à l’arrêté du 22 avril 2022, les Côtes d’Armor doivent cette année accueillir 1,01% des mineurs isolés intégrant l’aide sociale à l’enfance cette année, le Finistère 1,46%, le Morbihan 1,15% et l’Ile et Vilaine 1,65%.

La répartition des demandeurs d’asile

Les demandeurs d’asile récemment arrivés en France sont également très nombreux en Ile-de-France. Afin d’équilibrer leur répartition sur le territoire, la loi asile et immigration promulguée en 2018 prévoit un mécanisme d’orientation directive des demandeurs d’asile en régions. Le schéma national d’accueil des demandeurs d’asile et d’intégration des réfugiés vise plus précisément à établir un « rééquilibrage territorial » en orientant des demandeurs d’asile depuis l’Ile-de-France vers les autres régions du territoire. Le gouvernement précise avec précaution dans son document de présentation qu’« afin d’en garantir la soutenabilité, ce dispositif sera mis en œuvre de façon progressive, sur plusieurs années ».

La « transition démographique », nouvelle étape de la politique de peuplement 

Dans son discours prononcé le 15 septembre, le président de la République a présenté les grandes lignes de la future politique de répartition des migrants sur tout le territoire. Il la justifie par deux arguments :

– des «espaces ruraux (…) sont en train de perdre de la population», où «nous devrons fermer des classes, vraisemblablement des écoles et des collèges» ;

– la concentration de migrants récemment arrivés dans des villes denses et pauvres.

La nouveauté par rapport aux dispositifs existants consiste dans le caractère pérenne du peuplement administré du territoire français que le chef de l’Etat souhaite impulser : il ne s’agit plus de prise en charge provisoire mais de l’installation de familles dans des communes en vue de leur sédentarisation.

Emmanuel Macron entend ainsi autant résoudre un problème démographique que tenter d’améliorer l’intégration des étrangers en France. Cette stratégie est contestable à plus d’un titre.

La politique d’immigration ne peut en effet se résumer à une gestion des flux qui ne pourraient en aucun cas être ralentis, voire arrêtés. A l’heure où le communautarisme, en particulier musulman, s’affiche de façon de plus en plus ostentatoire, elle tend à considérer les hommes et les femmes comme interchangeables, indépendamment du droit des Français à leur continuité historique.

Le cap fixé par le président de la République passe également sous silence les causes profondes de l’exode rural : la mécanisation, les suppressions d’emplois, etc. Une politique de peuplement ne fait pas une politique d’aménagement du territoire et encore moins une politique économique. Transplanter autoritairement des populations dans des villages en décroissance démographique n’entrainera pas automatiquement des créations d’emplois, sauf peut-être ceux subventionnés par l’Etat et les collectivités territoriales, via les impôts.

Enfin, on peut s’interroger sur le sens des priorités du président de la République. A l’heure où 1,5 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études ni en formation, on attend vainement un plan d’urgence à ce sujet. Le contrat d’engagement jeune censé conduire les jeunes inactifs à l’emploi mis en place en 2021 tarde à produire tous les effets positifs attendus. La récession économique qui se profile et les multiples difficultés d’intégration de populations immigrées déjà présentes devraient inciter à la plus grande prudence. Toutes ces considérations étaient absentes du discours d’Emmanuel Macron devant les préfets le 15 septembre. La manifestation organisée le 17 septembre à Callac contre le projet de peuplement de ce village par des migrants augure peut-être un mouvement de fronde appelé à prendre de l’ampleur.

Paul Tormenen

Crédit photo : DR
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16 réponses

  1. Plutôt que prôner l’accueil de gens qui sont d’autres cultures et religions pour la plupart, le Freluquet devrait axer sont effort sur une vraie politique de « natalité française » et supprimer le « planning familial » qui ne pense qu’avortement. Ce président de m…e ne sera que le fossoyeur de le France.

  2. Les immigrés ont complètement changé notre façon de vivre. Un seul exemple : dans ma jeunesse on ne fermait jamais à clef sa porte d’entrée, et il n’y avait pas de clôtures avec la doute, etc. … Conclusion : interdire toute immigration non européenne.

  3. Ce mec qui nous sert de Président est un fou dangereux ! Il n’est pas sans savoir qu’il fait entrer l’ennemi ( X fois déclaré !!)dans le pays qu’il est censé protéger, gérer,etc.. il est urgent d’exiger sa destitution !!

  4. D’abord, on vend les meilleures entreprises françaises, on déconstruit l’Etat Républicain en laissant péricliter la Police, l’Education, l’Hôpital, les Transports etc…et ensuite on repeuple la France avec des extra-européens ( synonyme africains, Lybiens….) avec religions et cultures complètement impossible à intégrer au modèle français. En un mot, disparition totale d’une nation, voire d’un pays au profit d’une soi-disant UE.
    Les petits enfants de ceux qui ont voté Macron vont en baver….

  5. Mouais, qu’ils continuent à faire les kékés nos corrompus…
    Ceausescu lui-aussi jouait encore les cadors la veille de sa punition .

    Il y a des provocations qu’on regrette amèrement le moment venu, trop tard.
    Il y a des conneries qui rendent les choses plus longues, plus difficiles, plus effroyables.
    En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées et une imagination débordante, Macron comme les autres corrompus le comprendront trop tard et c’est tant mieux !

  6. Zemmour a tenté d’ouvrir les yeux aux Français, mais l’appel du ventre ( le niveau de vie ) a eu raison de lui autant que les médias et l’autre candidat de la vraie droite.
    Maintenant le tyran peut voguer de conserve avec la gauche immigationniste pour accélérer le grand remplacement.

    Le saupoudrage d’arabo-islamistes dans les provinces de France n’est pas une nouveauté ( hôtels, centres de vacances, petits hôpitaux etc. tous locaux désaffectés ont été réquisitionnés par les préfets souvent contre la volonté des élus locaux) mais on peut imaginer que le projet horizon aura apporté un moyen nouveau à son plan. Il profite toujours des évènements qui opposent la France traditionnelle à la France révolutionnaire.
    Ce n’est évidemment pas un hasard s’il a convoqué les préfets, et fait cette provocation en plein débat médiatisé autour de Callac.
    Un long discours à la façon de ses monologues en période des gilets jaunes pour endormir et convaincre les imbéciles, en même temps que les plans sont élaborés : subventions nouvelles, emplois réservés aux réfugiés, formations, assistanat de longue durée, polices…
    Les partis de droite sauront ils s’unir dans les communes, les départements et les régions ?
    Et les ruraux visés sauront ils s’organiser localement pour repousser l’invasion de leurs villages ?

  7. Macron veut porter l’estocade à la France. Il a réussi sa mission qui consistait à détruire le tissus économique, industriel et social de notre pays et, mème sans majorité absolue au parlement, il a les coudées franches pour anéantir le peu de (molle, très molle) résistance du peuple Français. On a pu constater que mème le RN c’est dégonflé et n’a pas voulu voter la motion de censure déposée par la NUPES qui aurait pu gicler le gouvernement (sous prétexte que ça aurait entravé la marche de la démocratie bla, bla, bla). Alors nous y voilà, chaque patelin va recevoir sans broncher son lot de chances qui ne tarderons pas à se multiplier exponentiellement en faisant venir les frères et les cousins. Fin de l’histoire de France.

    1. En politique le désespoir est interdit.
      La trahison devrait l’être, et MLP n’en est pas loin à force de d’empêcher toute entente entre les vraies droites et ce faisant de nuire au peuple. ( je n’apprécie pas beaucoup ce terme fourre tout de « droite » , je préfère caractériser avec le patriotisme, le libéralisme ( de Bastiat ), le christianisme, la charité, la famille, etc. propres à la France traditionnelle.)

  8. il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous ! donc obéissez, bossez pour payer des impots et surtout fermez là; des callag il va y en avoir partout, ce sera intéressant de connaitre les réactions des ploucs qui auront été choisi (pas au touquet ni à neuilly bien sur)

    1. Notez que l’invasion migratoire c’est comme les éoliennes, c’est super mais surtout pas chez ceux qui vous les imposent.
      La fille de Micron est à la tête du collectif s’opposant aux éoliennes à Le Touquet.

      Exemple très récent totalement occulté par les merdias : Martha’s Vineyard
      Le patelin avec la maison d’Obama l’immigrationniste, en plein fief démocrate.
      Il a suffi qu’on leur envoie 50 migrants (pas plus) pour qu’ils les expulsent en moins de 24H avec appel à la garde nationale etc…

      Pour rappel, les gauchos US ont refusé de faire intervenir la garde nationale lors des émeutes meurtrières de Black Lives Matters « ce serait raciste »
      Par contre quand cela se passe chez-eux, les mêmes démoncrates appellent la garde nationale pour 50 campeurs !

      1. Callac a ses Black lives matter : les antifas pourront provoquer les résistants et chercher l’incident. Aux Etats-unis les maires aidait les BLM et réciproquement.

        et Callac a sa Garde nationale : la Gendarmerie. Peut-être un critère de la famille Cohen pour choisir Callac comme 1er village-horizon des 20 villages de l’asso Merci.

  9. Callac a ses BLM : les antifas pourront provoquer les resistanys et chercher l’incident.
    et Callac a sa Garde Nationale : la Gendarmerie. Peut-être un des critères de choix de la ville pour y établir le village-horizon de l’association merci créée par la famille Cohen ?

  10. https://mobile.twitter.com/F_Desouche/status/1572139542462750720

    Les Callacais, les habitants des 19 autres Villages-horizon et ceux de toutes les villes rurales ont à affronter Cohen et maintenant Macron. Pour celui qui récolta 20 % des votes au 1er tour, le projet de l’association Merci est une  » formidable opportunité  » et l’occasion d’ajouter une loi supplémentaire à l’arsenal immigratoire.
    La réussite des résistants qui vont peut-être se défendre juridiquement à Callac, dépendra donc aussi de l’opposition politique des partis patriotiques au niveau national.

  11.  » Un beau matin, votre préfet de département vous appellera pour vous signifier qu’il a 1.000 ou 2.000 migrants à répartir dans le département et que 300 reviennent à votre commune,  »
    Finalement il n’y a que Eric Zemmour pour s’adresser, de façon concrête, aux maires des petites villes :
    https://www.bvoltaire.fr/migrants-a-la-campagne-eric-zemmour-joue-la-carte-des-maires-ruraux/
    Mais prévoir l’avenir ne suffit pas pour repousser l’invasion des campagnes par des immigrants.
    Reste à voir comment Reconquête va agir au plan national, et comment ses militants aideront les Callacais à élaborer une stratégie pour résister localement.

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