Et si on interprétait les menaces de Poutine comme les termes d’une négociation ?

Le président Poutine a réagi aux déboires de son armée en Ukraine en prenant trois mesures simplement qualifiées d’escalade par les Occidentaux : 1) l’organisation de référendums dans 4 oblasts considérés comme russophones et sans doute pro-russes – d’autant que les pro-Ukraine devraient les avoir désertés ; 2) la mobilisation partielle de 300.000 réservistes et 3) la menace de riposte nucléaire en cas de menace directe des intérêts vitaux de la Russie et du territoire russe.

Ne pourrait-on pas lire simplement le message au-delà des rodomontades et du style d’ours russe mal léché ?

Ce que pourrait en fait vouloir dire Poutine, c’est que :

1. les 4 oblasts formant l’Est de l’Ukraine sont russes et veulent devenir russes – rappelons que ce sont des zones de guerre depuis 8 ans maintenant…

2. que leur annexion va donc de soit en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et « des intérêts vitaux de la Russie »… notons au passage que toute la côte jusqu’à Odessa n’est plus citéé comme « intérêts vitaux de la Russie » et que son annexion n’est plus évoquée (bien sûr, ils ne sont pas occupés par une armée russe hors d’état de le faire en l’état actuel des choses)…

3. et que la riposte sera maximale si l’Ukraine les envahit…

Et si les Occidentaux sautaient sur l’occasion pour le prendre au mot ?

1. Les 4 oblasts formant l’Est de l’Ukraine sont russes et veulent devenir russes – ne serait-il pas grand temps de ramener la paix dans ces zones de guerre en acceptant leur annexion par la Russie ?

– avantage numéro 1 : Poutine sauve la face et peut affirmer haut et fort qu’il a gagné la guerre ;

– avantage numéro 2 : l’Ukraine est débarrassée de ces zones pro-russes et devient un pays en paix, culturellement plus homogène alors que ce clivage Est/Ouest la rendait de fait ingouvernable.

2. Une telle concession n’aurait bien sûr de valeur que si Poutine acceptait et signait des concessions sans ambigüités en échange de cette offre occidentale de sauver la face, à savoir :

– il renonce définitivement à toute revendication sur la côte sud de l’Ukraine jusqu’à Odessa et

– par conséquent à la Transnistrie (retrait immédiat des troupes et de l’aide russe) ;

– il accepte que l’Ukraine résiduelle rejoigne immédiatement l’OTAN (l’intégration technique est de toute façon presque faite) et l’UE à terme si les négociations aboutissent.

Les questions de la défense européenne et de l’UE seront à régler en interne ultérieurement.

La sanctuarisation du nouveau territoire russe serait ainsi équilibrée par celle du nouveau territoire ukrainien et par l’élimination du problème de la Transnistrie. Bien sûr, il faudra tordre le bras au gouvernement ukrainien, qui raisonne lui-aussi en mini-empire…

C’est en l’état actuel des choses un rêve, mais c’est une bonne proposition, non ?

Philippe Perchirin, entrepreneur, traducteur et auteur d’essais philosophiques et politiques

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

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25 réponses

  1. On s’est posé moins de questions quand il s’est agi d’amputer la Serbie du Kosovo pour la refiler à des mafieux albanais !

  2. C’est l’opinion d »un pro-empire américain résolument anti-russe, qui veut vendre une idéologie aux limites du racisme. Il fait semblant d’ignorer que l’empire américain veut dominer le monde et s’est attaqué à la Russie depuis au moins 1945.

    Sans vergogne, il voit dans la liberté retrouvée des Russes des 4 oblasts ( les Ukrainiens russophones de Lugansk Donetz Zaparotjie et Kerson ) une friandise pour calmer l’ours russe sorti de sa tannière.

    Il se dévoile pleinement en exigeant l’élimination de la Transnitrie. Triste personnage, propagandiste des néo-conservateurs US, qui marchande des populations innocentes.

    Il cache que 7 à 8 millions d’êtres humains, dont la  » faute  » est d’être nés russes ( comme les Bretons sont nés bretons ) sont depuis 8 ans sous les bombes de Kiev, pour avoir seulement demandé à vivre dans des régions autonomes. Et que 14.000 d’entre eux ont été tués de 2014 à 2022 ( chiffres de l’ONU ) par les  » Ukrainiens  » anti-russophones.

    Historiquement, la région de Kiev fut la  » Russ  » qui vit naître la Russie avec le prince Vladimir qui se fit baptiser, 1.000 ans après Clovis. Elle fut arrachée à la Russie 800 ans après par Lénine, puis Staline et jusqu’à Kroutchev pour la Crimée par stratégie politique.
    La mémoire historique persiste toujours.

    Mais aujourd’hui, l’important est que ces populations puissent réaliser leur rêve de redevenir russes ( seule alternative viable ) grâce aux référendums d’autodétermination qui ont enfin démarré, sous les obus hélas français des canons CASEAR et les missiles américains HIMARS.
    Ils expriment leur joie d’être délivrés :
    https://m.youtube.com/watch?v=kR3r9DyVUfA
    Et pleurent aussi leurs morts :
    https://m.youtube.com/watch?v=Xw8xgj9eQRQ

    1. Merci pour cette mise au point.
      La Russie quémande une Ukraine non nucléarisée et neutre afin de préserver ses frontières de l’ogre otannien, USA et UE compris.
      Seul le Donbass russe équivaut à mettre les États-Unis à la frontière avec la Russie.
      Lorsque la Serbie s’est vue amputée du Kosovo, les occidentaux à l’origine de son indépendance ont fait moins d’histoires alors qu’ils n’avaient aucun mandat de l’ONU .

    2. Propagandiste de criminels de guerre à l’haleine sentant la mauvaise vodka. Aucun de vous n’en échappera. Aucun.

  3. bonne réflexion, à mon avis ; mais ne tient pas compte des USA : eux veulent l’écrasement de la Russie, en faisant se battre les ukrainiens pour eux.

    1. Exact ils veulent l’anéantissement de la Russie sous couvert de guerre avec l’Ukraine.
      L’UE vassale des États-Unis se trouve mêlée à un conflit qui la mènera à sa perte au grand bénéfice de l’oncle Joe qui se voit déjà en grand reconstructeur et maître des décombres de l’UE.
      N’a-t-il pas déclaré récemment qu’il se verrait bien à la tête du Nouvel Ordre Mondial qui s’installe…
      L’ennui cette fois est que si guerre il y a ce n’est pas sûr que l’ alliance atlantiste en sorte vainqueur… Il y a beaucoup de monde en face ne serait-ce qu’au sein des BRICS.

  4. Oui. Mais cela fait beaucoup de  » scies » et avec des scies on ne peut guère faire que des bûches.

    1. Inacceptable « deal de looser » qui plus est appuyé sur une méconnaissance évidente de l’Ukraine en général et de ses régions russophones en particulier … Les Ukrainiens se battront, pour l’essentiel d’entre-eux, comme des chiens et jusqu’au dernier. L’auteur porte en lui un fond capitulard et dévitalisé assez représentatif de son monde. Hélas.

  5. « Ce qui est à moi est à moi ; ce qui est à toi est négociable. » Ainsi pourrait-on résumer la démarche de négociation de Vladimir Poutine telle que vous l’imaginez. Cependant, compter sur une « renonciation définitive » de sa part serait illusoire. Retour sur un excellent exemple de « définitif » très provisoire : Dans les jours suivant le 24 février, les partisans de l’opération militaire spéciale ont souvent allégué le non-respect des accords de Minsk pour la légitimer. Ils leur a fallu quelques jours pour comprendre leur erreur. Car ces accords signés par la Russie garantissaient l’intégrité territoriale de l’Ukraine ! Comme d’ailleurs trois ou quatre autres traités internationaux que Vladimir Poutine considère comme chiffons de papier au regard de l’oeuvre de sa vie : la reconstitution de l’URSS (il parle de « grande Russie », parce qu’il sait que le nom « URSS » a laissé un mauvais souvenir, mais on voit bien ce qu’il veut dire).
    Par ailleurs, dire que « les 4 oblasts formant l’Est de l’Ukraine sont russes et veulent devenir russes », est une généralisation hasardeuse. Vous bazarderiez bien vite Kherson et Zaporijja, sans même leur demander leur avis. Et même pour Donetsk et Louhansk, la seule certitude est qu’il s’y trouvait des partisans d’une sécession assez nombreux et déterminés pour prendre les armes (ou utiliser celles qu’on leur fournissait aimablement) contre l’Ukraine. Etaient-ils majoritaires ? Personne n’en sait rien. Dès avant le 24 février, la guerre civile qui sévissait dans le Donbass depuis 2014 et la menace d’épuration ethnique avait provoqué la fuite vers l’ouest d’un grand nombre d’habitants « non pro-russes » ; on parle en général de 1,5 million de réfugiés. Bien entendu, ces gens n’ont pas voix au chapitre dans les référendums organisés par l’occupant. Quel pays démocratique pourrait sérieusement faire mine de considérer ces référendums comme légitimes en espérant « piéger Poutine », comme vous le proposez ?

      1. Rectifiez les vôtres. L’auteur de cet article parlait de « ramener la paix dans ces zones de guerre en acceptant leur annexion par la Russie ». D’où ma réponse : « Vous bazarderiez bien vite Kherson et Zaporijja, sans même leur demander leur avis ». Il n’était même pas question de les faire participer à un simulacre de référendum organisé par l’occupant.
        Mais toutes ces considérations sont désormais d’importance très relative. Le noeud du conflit s’est soudain déplacé en Russie, d’une manière que Vladimir Poutine n’avait sûrement pas imaginée ! Nous Occidentaux discutions de la portée militaire réelle des défaites russes du côté de Kharkiv, mais en réalité c’est sur l’opinion russe qu’elles ont eu un effet ravageur. Et dans la foulée, l’annonce de la mobilisation (alors que Poutine avait assuré en mars qu’il n’y en aurait pas) a donné l’impression que la situation était quasi désespérée ! D’où la fuite vers l’étranger de dizaines de milliers de mobilisables. Les Ukrainiens comptaient sur les armes occidentales. En fait c’est de la Russie même que leur viendra peut-être le salut. Ce « crosse en l’air et rompons les rangs » a un côté assez 1917…

    1. Pour l’indépendance du Kosovo, l’alliance atlantiste y est allée sans scrupule alors qu’elle n’avait aucun mandat de l’ONU.
      La Serbie n’a pas eu son mot à dire.
      Je n’ai pas bien saisi votre remarque à propos des accords de Minsk… Accords signés par les ukrainiens, les russes, l’Allemagne et la France, ces deux dernières s’étant portées garantes de la bonne application de ces accords.
      Vous occultez le fait que ces huit années de non respect des traités ont coûté la vie de 14.000 personnes (chiffres de l’ONU) dans l’indifférence générale à l’Ouest.

  6. Il semblerait que l’auteur prenne ses désirs pour des réalités. Il confond allègrement les Russes, les Russophones et les Pro-Russe. Tout proportion gardée, cela équivaudrait à la France d’être autorisée à envahir la Suisse ou la Belgique sous prétexte qu’il y a des francophones, donc Pro-France dans ces 2 pays. Je ne pense pas que cela soit apprécié.
    En outre parler des 4 oblasts occupés par les forces russes en les situant géographiquement à l’Est de l’Ukraine témoigne que l’auteur ne connaît absolument rien de la géographie , je ne savais pas que Kherson était une ville proche du Donbass.

    1. Même sans parler d’envahir la Suisse ou la Belgique, ce serait comme si Emmanuel Macron y organisait dans certaines régions, choisies par lui et sous le contrôle de l’administration et de l’armée françaises, des référendums d’indépendance. Même de Gaulle n’a pas osé le faire au Québec !

    2. Petite précision :
      Les Flamands ne persécutent pas les Wallons francophones.l
      Les Suisses italophones et les Suisses germanophones ne persécutent pas les Suisses francophones.

  7. Vous vous trompez. Ukrainophones et russophones ont été séparés par les services secrets US qui ont créé une guerre civile en s’appuyant sur des nationalistes ukrainiens.
    Les Ukrainiens russophones ne demandaient que de pouvoir continuer à parler russe. En 2014 Kiev a imposé l’ukrainisation forcée et commencé à ravager les régions russophones. Ce fut très violent ( tortures, viols dt assassinats, vols et destructions ). Les russophones durent constituer des milices.

    Deux reporters, un reporter intrrnational anglais et un ex GI américain, couvrent ces évènements depuis 2014 ( 14.000 russophones tués selon l’ ONU de 2014 à 2022 ) :
    https://m.youtube.com/c/PatrickLancasterNewsToday/videos?view=0&sort=da&flow=list

    https://m.youtube.com/c/GrahamPhillipsUK/videos?view=0&sort=da&flow=list

    Un Breton, officier français, s’est engagé en 2015 aux côtés des russophones, il témoigne depuis :
    https://alawata-rebellion.blogspot.com/p/qui-suis-je.html?m=1

    Deux jourmalistes français couvrent l’information au Donbass depuis 2014.
    Ils ont fait une ANALYSE HISTORIQUE :
    https://www.donbass-insider.com/fr/2017/05/29/la-guerre-du-donbass-les-origines-historiques-profondes-du-conflit-i/

    Bons visionnages et bonnes lectures

  8. Aucune négociation possible avec ces barbares arriérés et envahisseurs sans foi ni loi. Retour à leur « sainte » Russie ou la mort. À propos … « La mort plutôt que la souillure » disent les Bretons … Êtes vous Français monsieur l’auteur, en plus de n’avoir certainement jamais mis les pieds dans le Donbass ?

  9. Oui, il faut d’urgence organiser cette partition du Donbass avec le reste de l’Ukraine. L’U.E. pourra ainsi légalement conserver au cœur de l’Europe un nazisme qu’il affectionne et soutient. Il me semblait pourtant que ce nazisme était le mal absolu depuis 80 ans. Mais c’est très bien ainsi. Adolf va enfin être un prénom qui va redevenir à la mode.

    1. Oui oui l’union européenne dirigée par des transexuels néonazis, allez mon gars, décuve.

  10. Une réponse de l’empire à la mobilisation russe et au référendum dans les régions russophones en Ukraine ?
    La guerre de l’empire contre la Russie serait devenue sous-marine : les 3 gaxoducs Northstream ont été rompus en mer Baltique.

    Il faut aller aux EUA pour avoir des informations détaillées sur 3 explosions qui ont rompu les gazoducs russo-allemands Northstream. Des sources officielles allemande, danoise, suisse parlent d’attaques préméditées, et de nature militaire : un coup du MI5 ?

    https://www.infowars.com/posts/blasts-detected-near-nord-stream-as-images-reveal-huge-leak/

    Oups, le gaz russe réclamé par les industriels allemands ne leur sera pas livré de si tôt.
    A suivre.

    Pour traduire : https://metager.de/

  11. Selon forbes.com
    https://www.forbes.com/sites/christopherhelman/2022/09/27/sabotage-suspected-as-russian-gas-leaks-from-ruptured-nord-stream-pipelines-in-the-baltic-sea/

    Traduction :
    Des chercheurs de l’université d’Uppsala auraient enregistré des ondes sismiques à proximité des pipelines, qui indiqueraient la présence d’explosions dans les sections de tuyaux en acier recouvertes de béton qui reposent au fond de la mer Baltique.

    Pour que les ruptures aient provoqué un bouillonnement aussi énorme, les dégâts sont présumés graves – soulignant pour les Européens la dure réalité qu’il n’y aura pas d’accord de paix miraculeux permettant de rouvrir les robinets de gaz russe cet hiver.

    Cela convaincra certainement tous les récalcitrants que l’Europe doit trouver une solution de contournement à long terme pour les artères énergétiques russes.
    Les prix du gaz en Europe ont bondi de 14 % ce jour-là.

  12. Selon le magazine américain forbes

    Selon forbes.com
    https://www.forbes.com/sites/christopherhelman/2022/09/27/sabotage-suspected-as-russian-gas-leaks-from-ruptured-nord-stream-pipelines-in-the-baltic-sea/

    Traduction :
    Des chercheurs de l’université d’Uppsala auraient enregistré des ondes sismiques à proximité des pipelines, qui indiqueraient la présence d’explosions dans les sections de tuyaux en acier recouvertes de béton qui reposent au fond de la mer Baltique.

    Pour que les ruptures aient provoqué un bouillonnement aussi énorme, les dégâts sont présumés graves – soulignant pour les Européens la dure réalité qu’il n’y aura pas d’accord de paix miraculeux permettant de rouvrir les robinets de gaz russe cet hiver.

    Cela convaincra certainement tous les récalcitrants que l’Europe doit trouver une solution de contournement à long terme pour les artères énergétiques russes.

    https://www.forbes.com/sites/christopherhelman/2022/09/27/sabotage-suspected-as-russian-gas-leaks-from-ruptured-nord-stream-pipelines-in-the-baltic-sea/

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