Alain de Benoist : « Macron n’apparaît pas comme la marionnette fabriquée que l’on imaginait »

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29/05/2017 – 07h15 Paris (Breizh-Info.com) – Depuis quelques semaines, les évènements politiques se sont succédés en France, et le principal d’entre eux reste bien évidemment l’élection d’Emmanuel Macron à la  présidence de la République.

A quelques semaines des élections législatives, Alain de Benoist, qui vient par ailleurs de sortir un livre (« Ce que penser veut dire » aux éditions Pierre Guillaume de Roux) fait le point sur l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, sur l’état de l’opposition et notamment du Front national, et sur les grands enjeux à venir.

Breizh-info.com : Emmanuel Macron est devenu président de la République. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Alain de Benoist : Des regrets d’abord. Une certaine sidération ensuite. Jamais élu dans le passé, encore inconnu il y a quelques années, Emmanuel Macron a tenu son pari. Cela ne s’explique pas uniquement par l’ampleur des soutiens dont il a bénéficié. Se propulser à la tête de l’État sans être le candidat d’un parti traditionnel, passer en deux ou trois ans de l’obscurité à la lumière, cela ne s’était encore jamais vu. Cela montre l’ampleur de la crise actuelle, et cela donne aussi à son élection un caractère historique.

On objectera bien sûr que Macron n’a jamais été élu que par défaut, qu’il n’a jamais recueilli que 43,6 % des inscrits, qu’un bon tiers des Français (33,7 % des inscrits) ont boudé le choix qui leur était proposé, soit en se réfugiant dans l’abstention soit en votant blanc ou nul dans des proportions jamais vues depuis 1969, et enfin que près de la moitié de ceux qui ont voté pour lui ne l’ont fait que pour « faire barrage » à Marine Le Pen. Mais tout cela sera vite oublié. Même quand on est mal élu, on est élu.

J’ajouterai que les premiers actes de la présidence Macron, même s’ils ne laissent pas véritablement présager de ce que sera sa politique, donnent au moins à penser que le personnage a été sous-estimé par beaucoup, moi le tout premier. Je ne doute pas un instant que la politique de casse sociale, de baisse des salaires et d’ouverture des frontières qui sera très probablement mise en œuvre par la grande coalition des libéraux de tous bords qu’il a constituée sera une catastrophe pour notre pays.

Mais pour l’instant, Macron n’apparaît pas comme la marionnette fabriquée que l’on imaginait. Non seulement ce n’est pas un « Hollande bis », comme le disent les gens de droite les plus obtus, mais ce sera à bien des égards un anti-Hollande. Cet ultralibéral est sans doute aussi un homme autoritaire, convaincu de la nécessité de redonner de la solennité à la fonction présidentielle. Les mots-clés de son discours, c’était bien « en même temps » !

Breizh-info.com :  Qu’avez-vous pensé de la composition du gouvernement ? Y voyez-vous, comme je le disais récemment dans une tribune libre, un coup de génie d’Emmanuel Macron pour tuer la droite, briser le FN et se retrouver uniquement avec une forte d’opposition d’extrême gauche dans la rue face à lui ?

Alain de Benoist : On s’attendait à un gouvernement de « startuppers », reflet d’une conception postpolitique de la vie publique. Là encore, cela n’a pas été le cas. Votre analyse n’est pas fausse, mais il faudrait ajouter que Macron ne fait qu’exploiter à son profit une situation qu’il n’a pas créée.

Outre son optimisme « jeuniste », son succès s’explique par la conjonction de deux facteurs : le désir général de voir « dégager » l’ancienne classe politique et le fait que pour 75 % des Français les notions de droite et de gauche « ne veulent plus dire grand-chose » (sondage Cevipof, mars 2017).

Emmanuel Macron poursuit en fait un objectif très simple : faire disparaître, briser, assécher ou laminer tout ce qui se trouve encore dans l’espace politique séparant la République en marche de la France insoumise d’un côté et du Front national de l’autre. Voici quelques années, on avait vu une nouvelle tripartition FN-UMP-PS succéder au vieux bipartisme à la française.

Cette nouvelle tripartition a paru remplacée au soir du premier tour de la présidentielle par une forme quadripartite : FN-Républicains-France insoumise-En marche ! En cherchant à attirer vers lui la « droite » du parti socialiste et la « gauche » des Républicains, Emmanuel Macron cherche à recréer une tripartition différente de la précédente : FN-République en marche-France insoumise. La coalition des libéraux n’aurait plus alors à faire face qu’à la conjonction des « extrêmes ».

On remarque tout de suite que cet objectif, propre à désespérer les Cambadélis et les Baroin, n’est en revanche pas très différent de ce que peuvent souhaiter de leur côté Marine Le Pen et surtout Jean-Luc Mélenchon.

Breizh-info.com :  Malgré ses onze millions de voix du second tour, Marine Le Pen a déçu la plupart de ses partisans. Quelles sont selon vous les causes de ce qu’il faut bien appeler son échec ? Pensez-vous, vous aussi, qu’elle a trop parlé d’économie et de social, qu’elle ne s’est pas suffisamment concentré sur les électeurs de droite, qui constituaient sa réserve de voix la plus naturelle ?

Alain de Benoist : A la veille du second tour, Marine Le Pen était créditée d’au moins 40 % des voix. Elle n’en a recueilli que 34 %. Cette piètre performance ne peut pas s’expliquer uniquement par le soutien quasi unanime des médias et des puissances d’argent à la candidature Macron. Elle ne s’explique pas non plus par un prétendu échec de la « dédiabolisation ».

En 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s’était qualifié au second tour, trois millions de personnes étaient descendues dans la rue, alors que le président du FN n’avait aucune chance de l’emporter.

Cette fois-ci, il n’y a eu que quelques bandes de casseurs et d’antifas pour aller s’agiter dans la rue. Comme le dit très justement Pierre-André Taguieff, « l’anti-nationalisme diabolisant, rejeton de l’antifascisme et de l’antiracisme, a largement perdu en force de mobilisation ». En clair : ça ne marche plus.

Si Marine Le Pen n’a pas été capable de retourner la tendance en sa faveur, alors qu’un véritable boulevard s’ouvrait devant elle, c’est tout simplement que sa campagne n’a pas été bonne.

On peut certes alléguer les thèmes qu’elle a choisis de privilégier. Comme beaucoup, je pense en effet qu’elle a eu tort de mettre en avant des arguments d’ordre économique, et non de souligner les enjeux civilisationnels de cette élection. Son obsession de la sortie de l’euro a eu des effets ravageurs, car à supposer même qu’un tel objectif soit justifié, il est évident que la complexité du sujet interdisait d’en faire un thème de campagne, d’autant qu’une vaste majorité de Français y est totalement opposée.

Je crois au contraire qu’elle n’a pas assez insisté sur le social qui est, avec l’immigration et l’insécurité, l’une des préoccupations majeures des classes populaires à une époque où le système capitaliste est en train de dévaster le monde sur une échelle encore jamais vue. Par opposition aux nomades hypermobiles, les sédentaires ne se sont pas encore convertis à la mondialisation !

Mais l’essentiel n’est pas là. Le plus grave, c’est ce que la candidate Marine Le Pen a clairement révélé ses propres insuffisances. Sa campagne n’a jamais été dans le ton juste. Elle a manqué de style, d’émotion, de lyrisme, de vibrato. Elle sait parler, elle ne sait pas débattre.

Elle sait se faire applaudir, mais pas soulever les foules. Dans le désastreux débat qui l’a opposée à Macron, elle s’est révélée à la fois incompétente et inutilement agressive, donnant ainsi à penser qu’elle n’était pas au niveau de ses ambitions.

Marine Le Pen a eu le grand mérite de transformer un mouvement purement protestataire en parti vraiment désireux d’arriver au pouvoir, mais pour arriver au pouvoir il faut en avoir les capacités. De même ne suffit-il pas de prétendre parler au nom du peuple pour savoir parler au peuple…

Breizh-info.com : Quelles perspectives de recomposition politique voyez-vous se profiler ?

Alain de Benoist : La recomposition est en réalité un coup de grisou qui a déjà atteint tous les milieux politiques. Pour les deux anciens « grands » partis qui étaient porteurs du clivage gauche-droite, les socialistes et le s Républicains, ce n’est pas de recomposition, mais de décomposition qu’il faut parler. Le PS est à l’agonie, et Mélenchon ne dissimule pas son désir de le remplacer.

L’ex-UMP, de son côté, représentait depuis longtemps une alliance contre nature de la droite conservatrice et de la droite bonapartiste, de la droite orléaniste et du centre libéral. Le coup de tonnerre de l’élection présidentielle y a libéré des forces centrifuges qui vont avoir le plus grand mal à se réconcilier. On le voit chaque jour plus nettement : ces partis-là appartiennent déjà à une autre époque. Et l’on peut d’ailleurs se demander s’il n’en va pas de même de la forme-parti telle qu’on l’a connue.

Peut-il y avoir une recomposition à droite ? C’est ce que souhaitent les tenants de la « droite hors les murs » qui en appellent depuis longtemps à une « union des droites », vieil objectif jamais réalisé. La stratégie « buissonnière », qui prône l’alliance du populisme et du conservatisme, des classes populaires et des classes moyennes, a une validité certaine.

Elle achoppe néanmoins sur un point aveugle : de quel conservatisme parle-t-on ? Avec le conservatisme libéral, il n’y a rien à faire à mon sens, parce qu’il s’agit d’un oxymore : le libéralisme, qui est à l’origine du capitalisme, de l’individualisme et de l’universalisme sans-frontiériste, repose sur des fondements qui aboutissent nécessairement à détruire tout ce que les conservateurs veulent conserver. Les flux migratoires ne sont qu’une conséquence (et un aspect) de la logique du profit. On ne mobilise pas les classes populaires en défendant les intérêts des puissants.

La dynamique populiste est appelée de son côté à perdurer, pour l’excellente raison qu’elle s’enracine dans la sociologie actuelle. La fracture populiste traverse actuellement toutes les tendances politiques. La situation présente n’est pas socialement durable. Si les classes populaires, qui ne sont plus représentées politiquement, culturellement et intellectuellement parce qu’elles ont été marginalisées par l’oligarchie, sont aussi soucieuses d’identité, c’est qu’elles ne possèdent rien d’autre que ce patrimoine immatériel.

Breizh-info.com : Le Front national va-t-il finir par imploser ? Ne serait-ce pas un mal pour un bien ?

Alain de Benoist : Le Front national n’est pas réformable, et personne ne peut prétendre remplacer Marine Le Pen. Marion a eu raison de quitter la vie politique. A partir de là, on peut tout envisager : des turbulences à coup sûr, une ossification progressive, peut-être des scissions. La déceptionite provoque toujours les mêmes effets. Florian Philippot, qui est à la fois la bête noire des extrémistes de droite, des cathos et des libéraux, va certainement se trouver mis en accusation. Mais on peut imaginer d’autres scénarios.

L’implosion du FN serait-elle un mal pour un bien ? Je n’ai pas de réponse à cette question, parce que je ne vois pas poindre l’amorce de ce qui pourrait le remplacer.

S’il s’agit de créer un autre mouvement, plus radical, mais dans lequel il faudrait abandonner toute critique du capitalisme libéral et ne plus exprimer de conception du monde particulière, de façon à ne plus parler que d’identité et d’immigration, je n’en vois pas l’intérêt.

On ne séduira jamais ceux qui veulent en priorité défendre leur portefeuille car, quels que soient leurs sentiments sur l’immigration, ils se trouvent très bien dans l’abjecte société marchande où nous vivons. D’un autre côté, il est très clair que nombre d’orientations très contestables du FN devraient être modifiées ou abandonnés, mais l’appareil du parti n’a apparemment ni le désir ni les moyens de se remettre en question.

Breizh-info.com : Nous venons de commémorer la mort de Dominique Venner. Quel héritage laisse-t-il aujourd’hui ?

Alain de Benoist : Il laisse l’exemple d’un style de vie, d’une volonté de tenue et de fidélité à soi-même qu’il aura incarnée jusque dans sa mort. Il n’était pas l’homme des compromis (son hostilité aux valeurs chrétiennes ne se cachait pas derrière l’équivoque du « pagano-christianisme »). On lui doit aussi une série de livres d’histoire, dont un grand nombre resteront des œuvres de référence.

On ferait mieux de les lire plutôt que de s’exciter sur des écrits de jeunesse, dans lesquels Dominique Venner ne se reconnaissait plus depuis longtemps – d’autant qu’à la fin de sa vie, il était plus que jamais convaincu de l’inutilité de l’action politique.

Breizh-info.com : Vous venez de sortir un nouveau livre intitulé « Ce que penser veut dire ». Pouvez-vous nous en parler ?

Alain de Benoist : Réponse simple : c’est un recueil de textes qui s’attachent à présenter la vie et l’œuvre d’un certain nombre de grands penseurs, depuis Rousseau, Goethe, Nietzsche et Karl Marx jusqu’à Jean Baudrillard, Julien Freund, Michel Villey et Jean-Claude Michéa, en passant par Carl Schmitt, Heidegger, Leo Strauss, Hannah Arendt et bien d’autres.

Autant de figures qui nous ont appris à penser – non pas à penser à quelque chose, mais à penser quelque chose : la nature de l’homme et le fonctionnement de la société, l’essence du politique et celle du droit, la signification de la guerre, les rapports entre nature et culture, le rôle de la technique, l’aliénation marchande, etc. Penser veut dire aller à l’essentiel. On est très loin de la politique politicienne !

Propos recueillis par Yann Vallerie

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

  • guylaine

    Macron ne s’est pas propulsé, mais il a été propulsé ! Il y a là une énorme différence ! LA PUBLICITÉ permanente et l’image d’un jeunot a suffi à attirer tous les veaux de France !

    • Gwendal Pennanech

      En partie propulsé aussi par l’incompétence et la vulgarité de sa prétendue némésis ! Toutes ces histoires de français ne nous concernent pas nous Bretons. En revanche le vide sidéral de ce système politique francaoui devrait être interprété par les nationalistes Bretons de tout bord comme une invitation à occuper l’espace! Car relever Breizh voilà un projet autrement plus enthousiasmant que les derniers soubresauts d’agoniant d’une France au stade terminal !

      • François Arondel

        La France est certes malade, comme beaucoup d’autres nations européennes, mais la Bretagne l’est plus encore. Avez-vous déjà oublié qu’elle a voté massivement pour Macron et que le président de la région est un proche de Macron ? Même les candidats LR sont, en Bretagne, massivement favorables à Macron ! Quant aux nationalistes bretons de tous bords, ils ne sont que 1% (dernière élection régionale).

        • Gwendal Pennanech

          ” La Bretagne ” dans le sens de la région francisée de Bretagne souffre des mêmes maux que la France pusiqu’elle en dépend. Ce qui compte c’est Breizh . Un combat national d’émancipation et de reconstruction de notre vrai pays – Breizh. Le désir d’émancipation est aussi vieux que la domination française (d’Argentre , Pontcallec, etc.) c’est de ce côté que sont les forces vives . Qu’elles soient minoritaires pour l’instant est en effet un problème : cela fait perdre du temps au peuple Breton. Mais c’est ce germe qui constitue notre seule chance de salut. Sinon nous sommes morts. Et moi je ne veux pas que mon Pays neurre, toutes les France sont des facettes d’une même réalité funeste pour la Bretagne .

          Soit dit en passant votre chiffre de 1% est au mieux une erreur de votre part et au pire un mensonge. Regardez le plus prêt les résultats des élections “régionales” . Mais finalement 5% aujourd’hui , peut devenir 20% demain et 50% après-demain. Ou pas. La victoire n’est jamais garantie. En revanche sans action la défaite est assurée.

          • Dauphin Nicolas

            Une Bretagne dans le cadre de l’union européenne ? Mais quelle inculture ….

          • Alain

            A enfin un intellectuel…!

            Mais pour les pauvres d’esprit comme nous, pouvez-vous argumenter votre phrase?

            Union-Européenne : ensemble géopolitique regroupant 500 millions de personnes autour de l’identité/la culture européenne.

            Inculture : être dépourvu de culture…

            Pour vous, si les Bretons (l’une des plus anciennes nation européenne : 4,6 millions de pers) envisagent leur pays dans cette union, c’est une preuve qu’ils sont incultes….

            Il faut le dire, votre commentaire, s’il n’avait pas été écrit nous aurait fortement manqué…

        • Alain

          Faut arrêter avec ce chiffre de 1%… que voulez vous démonter?

          Sauf a être totalement déconnecté ou malhonnête, vous savez pertinemment que:

          Ce sentiment pour l’indépendance est bien plus important en Bretagne. Malgré une histoire de Bretagne non apprise aux enfants… (pourquoi maintenir dans l’ignorance un peuple, si n’est pas indépendantiste?)

          Vous savez également, que l’indépendantiste est largement brimée dans les médias.
          Vous savez également que toute carrière politique est impossible en dehors des partis jacobins établis.
          Vous savez également que la gauche politico-culturelle bretonne s’est fourvoyée en croyant à une collaboration avec la gauche française dans un mythe internationaliste et se retrouve aujourd’hui décrédibilisée seulement capable de s’enfoncer dans un jusqu’au boutisme pour masquer l’erreur.

          Sauf à être défavorable au principe de “démocratie”, vous savez pertinemment qu’il n’existe en Bretagne aucun pouvoir réel de cette nature (suffit de regarder la décentralisation du pouvoir partout en Europe pour s’en convaincre sans avoir à trop fatiguer ses méninges).

          Si les indépendantistes disposaient des moyens financiers et médiatiques utilisés par Macron, ne pensez-vous pas ce pourcentage serait au minimum similaire à ce que l’on connait en Écosse ou en Catalogne?

          Dans un tel contexte, brandir le 1% comme une vérité, ne pensez-vous pas que cela relève plus
          d’une approche démagogique que réfléchie?

      • guylaine

        Mais que vous le vouliez ou non, la Betagne est une région FRANÇAISE !

        • Gwendal Pennanech

          La Bretagne a perdu son indépendance il y a quelques siècles et est en effet (mal) administrée par la France depuis. Quel scoop ! On n’avais pas remarqué ! On peut être du côté du manche on peut aussi être du côté de la résistance. Vous ne pouvez interdire ni l’espoir ni la détermination chère Madame. La France n’est pas une fatalité et est en bout de course : rien n’est eternel !

        • Alain

          “.. que vous le vouliez ou non…”

          Argument d’un Français ne percevant sa gloire que dans la domination des autres… par défaut d’autre chose…
          Ou,
          Argument d’un Breton colonisé espérant trouver l’estime de soit par la complaisance avec son dominateur…

          Pour votre information : Le statut international de la Bretagne est toujours celui d’un état indépendant… La Bretagne n’a pas besoin de référendum pour reprendre son indépendance, uniquement d’informer la France, l’ONU et le tribunal international de la Haye que l’exercice de cette indépendance redevient effectif…

          Si vous en doutez, militer pour qu’on apprennent l’histoire de Bretagne aux enfants et regardons ensemble le résultat au bout d’une seule génération… On verra si vous avez raison…

          (Et entre nous, si vous êtes français, affirmer que la Bretagne est une région de France, c’est simplement démontrer votre ignorance de votre propre identité…)

  • Alain

    Qui vivra verra… Une chose est sûr, l’oligarchie est acculé à devoir améliorer la situation économique et sociale pour abaisser le risque de conflit avec les citoyens.

    Par contre, l’évocation du tripartisme semble se concrétiser, et ce n’est pas sûr que cela soit une bonne nouvelle :

    Dans de nombreux pays, le tripartisme est une bonne chose : Un parti remporte les élections mais pour constituer un gouvernement il est obligé de négocier avec les 2 autres pour constituer un programme de gouvernement. Cela permet à tous d’introduire des thématiques propres au prorata du score obtenue et sans entrer dans un conflit durant la période de gouvernance, permettant au gouvernement de travailler sereinement. (Dialogue plutôt que conflit).

    Dans le modèle tripartite hexagonale qui semble se dessiner : Les 2 autres partis sont qualifiés d’extrémistes, il ne reste donc qu’un seul parti acceptable…. Du fait, les 2 partis jouent les épouvantails en s’opposant frontalement au parti central qui “doit” gagner les élections (front Républicain) sous la menace de voir les extrêmes accéder au pouvoir. (Le conflit plutôt que le dialogue, pour mettre à un parti unique de se maintenir au pouvoir… En sorte, une forme de dictature démocratique)

    Quand à évoquer Macron comme un libéral, c’est surprenant… Ce Libéralisme évoqué n’existe que dans la tête de Macron et de ses financiers, il n’est nullement issu du dialogue interne à un parti politique. D’ailleurs Macron ne dispose d’aucun parti politique et encore moins d’un parti politique libéral.

    Donc, on retrouve les 2 démons français :
    La défiance vis à vis du pouvoir du peuple,
    Le culte du “chef” omniscient qui s’impose comme divinité salvatrice…

    Ça peut plaire aux Français qui n’ont connu que ce modèle depuis Clovis,
    Ça peut plaire aux Bretons, qui ont connu un autre modèle du temps de leur indépendance et jusqu’à 1789, mais qui aujourd’hui ne voient la “modernité” que dans le fait de singer les Français…

    Par contre si les résultats économiques et sociaux ne sont pas au rendez-vous….!

    • Gwendal Pennanech

      Je partage votre analyse ! Et aux Bretons conscients comme vous et moi cela ne peut que fortement déplaire … je doute que nos “particularismes” intéressent le parti unique qui sera encore moins soumis à la pression de changer quoi que ce soit à la relation centre-périphérie…

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  • Gwendal Pennanech

    Avec des “si” on mettrait Lutece en emphore. À mon humble avis une partie de l’électorat de Le Pen pourrait bien aller vers Mélenchon . C’est assez proche tout ça finalement. Surtout depuis que le FN est devenu assimilateur d’immigrés et que la FI est devenue silencieuse sur le sujet . Donc d’un côté France technique dirigiste enarchique (En Marche!) qui pourrait bien en prendre pour 20 ans de pouvoir et de l’autre frange contestataire sans réelle perspective de pouvoir et qui s’en accommode finalement très bien – l’aveu d’incompétence lors du débat présidentiel a confirmé.

    Tout cela nous le disions et maintenant cela saute aux yeux. Ça fait perdre du temps aux Bretons qui soit dit en passant ont au moins eu l’instinct d’aller vers le vainqueur preuve de l’esprit finalement positif et constructif qu’ils feraient mieux de mettre au service d’eux-même et non de la France.

    • guylaine

      L’électorat FN est pour une limitation drastique de l’immigration ! Melenchon est pour l’immigration massive ! C’est incompatible!

      • Gwendal Pennanech

        70% des Hexagons sont contre “l’immigration” extra européenne. Quant aux partis français aucun ne propose de garantir l’intégrité du peuple breton !

      • Charline

        Visiblement certains n’ont toujours pas compris que le FN n’a rien à voir avec l’image qu’en donne ses opposants. Le FN est un parti pro immigration comme les autres, quoi qu’en dise le PS. Ce n’est pas un parti raciste. Le FN ne souhaite pas stopper l’immigration, d’ailleurs il y a plein d’immigrés au FN. Les Le Pen n’ont jamais eu l’intention de retirer la nationalité française aux personnes de couleur. Au contraire, le FN dit clairement que toute personne de couleur a vocation à rester ou à devenir française. Le Pen et Mélanchon partagent la même utopie multiraciale francophone, qui est le seul projet politique toléré par l’Etat français au sein des partis politiques autorisés à exister. Revendiquer son appartenance au peuple français c’est participer pleinement et activement à cette utopie débile.

  • Eschyle 49

    Lisez ceci ( 23.563 vues , 5.723 mots ) : http://reseauinternational.net/avons-nous-elu-un-fou/

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