Saint-Malo. Rencontre avec Valérie Fribolle, candidate de la République en marche (Macron) [Interview]

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17/05/2017 –06H45 Saint-Malo (Breizh-info.com)   Valérie Fribolle, 46 ans, chef d’entreprise à Saint-Malo a été désignée ce jeudi 11 mai 2017, candidate de la République En Marche pour la 7e circonscription de Saint-Malo. Celle qui défendra le programme d’Emmanuel Macron lors des élections législatives en juin a bien voulu répondre à nos questions et se présenter à nos lecteurs. Entretien.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs, votre parcours, et ce qui vous a amenée à rentrer en politique.

Valérie Fribolle : Je suis issue de la société civile et entrepreneuse depuis 2001. J’ai fait évoluer le commerce traditionnel avec une activité sur le web dès 2009. J’ai animé des unions commerciales puis intégré la chambre de commerce en 2004 et le CESER (Conseil économique social et environnemental régional) en 2013. Je suis mariée, j’ai deux filles de 17 et 18 ans.

Le mouvement En Marche m’avait interpellée dès le début par rapport au profil et à la méthode du candidat que j’ai trouvé originaux. J’ai apprécié la bienveillance du candidat, de son équipe et des marcheurs tout au long de la campagne, une démarche nouvelle et respectueuse à la différence des partis traditionnels.

En ce qui concerne l’acte de candidature, deux choses m’ont décidée, une première rencontre lors d’une réunion publique avec une personne d’En Marche qui me voyait bien candidate, puis « l’appel aux candidates » de la société civile qu’Emmanuel Macron a lancé fin janvier, en rappelant les valeurs du mouvement : probité, renouvellement, parité… Je me suis donc inscrite à ce moment là via la plateforme internet et j’ai déposé mon dossier de candidature.

Breizh-info.com : Si vous êtes élue député en juin, quelles sont les principales propositions de loi que vous souhaiteriez faire ? Et celles sur lesquelles vous vous opposeriez ?

Valérie Fribolle : Nous avons signé un pacte avec le Président. On s’engage à appliquer ses réformes, ses lois. Je ne vais pas commencer en juin à faire d’autres propositions de lois. On va travailler sur les lois qu’il faut installer, notamment le chantier sur la loi de moralisation de la vie publique, c’est une priorité de mon engagement.

Libérer le travail, c’est l’autre chantier important, en intégrant une vision européenne. Mais moi, je ne commencerai pas à proposer des lois.  On le fera dans un second temps. Je pourrai tout à fait en proposer. Aujourd’hui c’est un peu trop tôt.

Par exemple je souhaiterais proposer des lois qui protégeraient tous les acteurs du e-commerce (fiscalité autour des géants mondiaux du web…) et une amélioration sur les lois et leur évaluation dans le domaine de la formation et orientation professionnelle.

Breizh-info.com : Sur les propositions de loi, on ne voit pas poindre un calendrier précis chez Emmanuel Macron …

Valérie Fribolle :  Si si. La priorité c’est la loi de moralisation de la vie publique. Puis cet été sera le grand chantier pour libérer le travail en simplifiant le droit, de réformer l’assurance chômage pour en faire un droit universel. Notre troisième chantier sera la modernisation de l’économie se tournant vers un niveau de croissance dans le sens de la transition écologique énergétique et numérique notamment par une stratégie d’investissement ambitieuse.

En septembre, ce sera le chantier de l’éducation et la culture.

Breizh-info.com : En quoi d’ailleurs « la République en marche » incarne-t-elle un renouveau politique ? On retrouve parmi les cadres et candidats de vieux briscards de la politique non ?

Valérie Fribolle : Moi j’étais samedi dernier à la réunion d’investiture…et je n’ai pas vu de vieux visages. J’ai vu un vrai renouveau :  j’ai vu des kinés, une agricultrice bio de 24 ans, des enseignants avec une vision moderne…je n’ai pas senti cela. On a vraiment toute la société civile. On était 428 (il y’a 24% de parlementaires investis) . Une moyenne d’âge de 46 ans, formidable rajeunissement. Il y a la moitié de femme, et je suis assez fière en tant que femme qu’il y ait autant d’engagement.

C’était le premier engagement d’Emmanuel Macron et il l’a tenu, c’est formidable. Je suis ravie du maintien de celui-ci.

Breizh-info.com : Sur votre circonscription, vous n’êtes pas forcément connue à titre politique, bien que vivant à Saint-Malo. Comment comptez vous faire pour mener cette campagne « commando » ?

Valérie Fribolle : Je n’ai jamais fait de politique avant. Pendant la campagne présidentielle, nous avons été très actifs. J’ai un commando derrière moi (rires) qui est à l’oeuvre et qui est déjà dans une dynamique. Là on met en place le programme de campagne. Notre équipe couvre tout le territoire. Nous avons des personnes, des petits comités dans chaque commune.

Cette équipe est mobilisée. Je ne peux pas vous divulguer toutes nos opérations. Je suis connue sur le territoire de ma circonscription car une partie de ma famille est ancrée sur Cancale, le Vivier sur Mer (mon père était mytiliculteur). Une autre partie issue de commerçants de St Servan. Il y a donc des forces vives autour de moi et notamment mon suppléant Olivier Ogier, enseignant, qui est de Saint Jouan des Guerets. Il est élu local et bénéficie de notoriété et de soutiens d’élus locaux..

Breizh-info.com : Parlez nous de votre circonscription justement

Valérie Fribolle :  On peut parler de développer l’économie, pour plus d’équilibre sur tout le territoire. Le tourisme, c’est également un projet important, avec une vision sur le développement durable (beaucoup d’acteurs ont déjà cette vision qui doit être généralisée). Sur le commerce, on a des communes qui ont des difficultés, il faut les aider.

Moi je suis une petite fille de commerçant et pour moi, le commerce c’est la vie. J’espère recréer un dynamisme là où les commerces ont disparu. Un maire d’une petite commune a réussi à rouvrir un commerce qui était fermé depuis un an, ce type d’action est à valoriser, des accompagnements sont possibles notamment par la formation. Il faut soutenir ces élus.

Je crois qu’on peut aussi développer le numérique, le travail à distance, les activités nouvelles. l’innovation ça n’est pas forcément que dans les villes.

Chez nous c’est terre et mer, nous sommes très complémentaires ; il faut aussi aider les agriculteurs, recréer des circuits courts. Des chantiers ont déjà commencé mais ce n’est que le début ; il faut créer une dynamique, développer cela rapidement.

Breizh-info.com : Quelle analyse tirez vous de cette élection présidentielle ?

Valérie Fribolle : La mobilisation citoyenne a été très forte. Chacun dans son camp, on a voulu se battre pour un projet, un changement. Les Français veulent du changement. Il y a eu une majorité au second tour autour d’Emmanuel Macron, c’est une élection historique, une vraie rupture.

Il y a un rassemblement autour de lui. Les gens veulent que ça change, que nous ayons une majorité. Lorsque l’on voit la montée des extrêmes, il ne faut pas se tromper. Les Français ont compris les choses. Je leur fais confiance. La volonté de rassemblement est là.

Breizh-info.com : Etes vous une grande lectrice ? Si oui que lisez vous actuellement ? Et niveau cinéma ?

Valérie Fribolle :  Je ne peux pas dire que je sois une grande lectrice, je n’ai pas beaucoup le temps (maman avec enfants, activités extra professionnelles). J’adore lire. J’ai  lu beaucoup de livres d’anticipation, de science-fiction (Asimov, Georges Orwell, Barjavel …). J’aime aussi me détendre avec des livres comme Musso ! ou des romans historiques, polar … J’aime beaucoup les livres d’Olivier Adam, dont certains ont eu une belle adaptation au cinéma « Je vais bien, ne t’en fais pas »

Le cinéma, j’ai une vraie passion – je suis beaucoup plus large que par rapport à la littérature. J’ai une préférence pour les films français comédie ou drame, je m’intéresse à la vie des gens. Mais il y a aussi de grands films internationaux, j’ai été marqué par « 12 years a slave ». Récemment, je n’en ai pas vu faute de temps. Mais j’adore le cinéma.

Breizh-info.com : le mot de la fin pour nos lecteurs

Valérie Fribolle : J’espère incarner un grand bol d’air frais sur ma circonscription, comme l’a fait M. Macron au niveau national. Amener des idées nouvelles des projets nouveaux, de l’efficacité. Je crois qu’aujourd’hui, il faut vraiment être efficace.

Propos recueillis par téléphone par Yann Vallerie

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

  • Franck Abed

    Intéressant ! Merci.

  • Henriette M-D

    Fribolle c’est un nom mosellan. Elle n’a rien à faire en Bretagne.

    • Cathy Hodbert-Jaffrennou

      Cà c’est de l’ouverture d’esprit…Et pourquoi pas instaurer des frontières entre les départements…Histoire de bien cloisonner tout le mode…Alors là c’est certain Henriette, elle n’est pas En Marche, plutôt en marche arrière, çà retrograde sec !

    • Fribolle

      Bonjour je suis Stéphane FRIBOLLE mari de Valérie.
      Mon nom a des origines de Cornouaille Bretonne (Frabolo) puis de Chartres avant d’avoir atteri en moselle car mon grand père était resistant et membre des FFI. Blessé dans le Vercors il a été soigné en moselle où il a connu ma grand mère. Mais rapidement nous sommes revenus en Bretagne. Du côté de ma mère nous sommes issus des Collet armateurs du XVeme siècle à St Servan. Je crois que cela suffit pour être malouin. Par ailleurs Valérie née HODBERT est fille de mytilliculteurs à Saint Benoit des Ondes et ses grands parents commerçants dans la même commune des deux côtés. Née à Saint Malo ses grands parents et arrières grands parents sont servannais les Desquesses bien connus a Saint Servan. Un généalogique serieux nous a confirmé sa descendance de la soeur de Jacques Cartier. Elle est commerçante de proximité à la gare après l’avoir été à Saint-Servan, Intra Muros et Paramé. Tout cela devrait suffire à vous rassurer sur Valérie FRIBOLLE malouine de longue ascendance et ouverte sur le monde. Elle sera heureuse se vous en parler e se tient à votre disposition pour en parler lors de ses réunions publiques et autres événements.

      • Erwan du Radôme

        De toute façon, cet argument du patronyme est le degré zéro de la réflexion politique.

        D’une, c’est inepte, car nombre de gens au patronyme non-breton agissent bien plus que des gens au patronyme breton pour le rayonnement et la défense de la Bretagne et, de deux, imaginons deux cas :

        -Un type dont le grand-père paternel a un patronyme breton et tous les autres ne sont pas bretons. Du coup, bien que quarteron seulement, il a un patronyme breton.
        -Un type dont tous les grands-parents sauf le grand-père paternel ont un patronyme breton. Lui n’a donc pas de patronyme bretons, bien que les trois-quarts de ses grands-parents soient bretons.

        Bref, ridicule. Mais tout ceci n’est, évidemment, que du troll.

  • Ludo22

    Que de bonnes intentions qui vont être déçues…
    Macron = Hollande bis, en plus beau, mais encore plus menteur et cynique si c’ est possible.

  • Gwendal Pennanech

    Le discours de cette femme reflète assez bien l’aspiration de nombreux Bretons à moins de dogmatisme et plus d’efficacité. Moins de grands principes et davantage d’actions concrètes. C’est l’une des raisons du vote pour Macron. Néanmoins, ce discours réduit la politique à de l’alimentaire. Remettre la machine en marche est nécessaire mais pas suffisant. L’avenir de la Bretagne c’est aussi son peuple, sa langue, sa culture , dimensions totalement absentes. Le plaidoyer pour l’efficacité n’a pas de frontières il est en principe applicable « de Dunkerque à Tamanrasset ». Et pourtant on sait bien que le tissus local change tout. Sans prise en compte de la dimension bretonne on ne fera que du superficiel. Finalement l’idée de décliner des objectifs définis par Paris de manière servile comme de bons petits soldats de terrain est assez effrayante.

  • guylaine

    De toute façon, pas de problème pour la campagne des législatives ! Comme pour la Présidentielle, tous les journaux Français nous rabachent chaque jour comment faire pour donner la liberté de mouvements à Macron ! NOUS N’ENTENDONS PLUS PARLER QUE DE « En Marche » ! Campagne gratuite et organisée !
    On nous prend pour des veaux , d’autant plus que nombreux veaux ne connaissent ni l’importance, ni le fonctionnement des législatives !
    Ce gouvernement Macron est, avec l’aide des médias, celui qui mènera tous les veaux à l’abattoir ! Et nous avons déjà une idée du mode d’abattage qui sera réalisé !