Yannick Jaffré : « la politique doit se pratiquer de temps en temps à la française, en envoyant des gnons ! »

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24/05/2016 – 05h15 Nantes (Breizh-info.com) – Yannick Jaffré est professeur agrégé de philosophie, essayiste, ancien membre du Rassemblement Bleu Marine à Nantes mais surtout, un esprit libre qui a lancé son site Internet d’opinion ainsi que sa petite émission (très/trop longue), qui suscite un intérêt certain, baptisée : « sévèrement Français ». Au risque de choquer ceux qui n’aiment que la langue de bois, à qui on conseillera de passez leur chemin ! Par contre, aux amateurs  d’insolence et d’analyses (ponctuelles) assez tranchantes, on conseillera d’ aller jeter un oeil sur le blog de Yannick Jaffré. Ils ne seront pas déçus…

Nous avons interrogé ce Nantais pur souche sur les derniers grands faits d’actualité afin de recueillir sa pensée.

Breizh-info.com : Qu’avez-vous pensé de l’affaire Black M ?

Yannick Jaffré : Elle est parfaite en son genre. Tout y est. On est sur l’os identitaire. Nous avons des élites suffisamment déculturées pour confier à un rappeur francophobe la commémoration de Verdun. Un « artiste » qui, littéralement, se croit tout permis. Qu’il ait exprimé sans équivoque sa haine de la France : « Je baise la France cette pauvre conne pays de kouffars » – c’est le canal habituel d’une sensibilité « diverse » dont, depuis longtemps, on n’attend pas moins ni mieux. Une racaille subventionnée de plus pour nous détester, ça nous « en aurait touché une sans faire bouger l’autre », pour parler chiraquien. Qu’elle soit invitée à venir polluer la mémoire de Verdun avec ce genre de textes nauséabonds, c’est une autre affaire. Qui tend vraiment, et très durement, la corde nationale.

Mais plus encore que les appels à la haine ethno-religieuse lancés par ce garçon, plus encore que la licence qui lui est accordée d’être raciste et homophobe, de braver, autrement dit, les grands tabous de l’époque auxquels les Français de souche sont soumis, eux – plus encore que tout cela c’est la tranquille inculture avec laquelle il abordait son invitation, avant que l’affaire n’éclate, qui soulève le cœur : « C’est de la scène, et c’est quelque chose que j’aime énormément, alors je réponds présent. Tout simplement (…) On va s’amuser ». Dans cette obscène légèreté qu’aucun conseiller en communication n’est venu corriger, dans ce mépris décontracté, cool, de l’histoire du pays, il y a plus d’injure aux Poilus qu’à travers sa haine déclarée de la France. Celle-ci, dans l’univers mental « Black M », est soit absente, soit détestée. Plus cet univers s’étendra, plus l’unité nationale sera compromise.

Les antiracistes à géométrie variable prétendent que Black M appartient à l’histoire de France parce que son grand-père aurait fait partie des tirailleurs sénégalais (ce qui, à l’heure où je vous réponds, n’est pas encore bien établi). Non, on appartient à l’histoire d’un pays quand on en épouse affectivement les caractères positifs. Allez dire aujourd’hui aux Algériens que les pieds-noirs appartiennent à l’histoire de l’Algérie, ce qui est factuellement indéniable ; faites revenir des pieds-noirs à ce titre, et naturalisez-les ; et invitez-en un à chanter pour la fête nationale algérienne – vous m’en direz des nouvelles ! Ou, dans le même esprit, invitez un groupe de black métal identitaire français lors d’une commémoration de l’esclavage : on verra les mêmes antiracistes en transe hurler à la mémoire bafouée…

Cette affaire permet donc de prendre la température exacte de l’heure : tandis que les défenseurs de Black M poussent le délire jusqu’à accuser de racisme ceux qui s’indignent légitimement de son invitation à Verdun, on a vu s’opérer contre sa venue une mobilisation réjouissante. Difficilement envisageable il y a quinze ou vingt ans, elle aurait alors sans doute échoué. Je la salue comme une victoire symbolique « 2.0 » (ce n’est pas Verdun, pour le coup), mais importante parce qu’elle exprime une salutaire exaspération. Elle traduit parfaitement la fracture identitaire qui parcourt le pays. D’un côté, une « diversité » qui ne vibre pas aux accents de l’histoire de France, ou bien de haine, soutenue par des élites de droite et de gauche qui ont perdu tout sens national. De l’autre, les patriotes ou les Français éthiques. Et ce sont les premiers, pas les seconds, qui tendent la corde…

Breizh-info.com : Le 2 mai, vous avez publié une tribune particulièrement cinglante sur Aymeric Chauprade qui était, comme vous, membre du FN il y a encore peu. Pour quelles raisons ?

Yannick Jaffré : Oh c’est tout simple. Parce que c’est une ceinture noire de trahison. Il a poussé le reniement de ses propres engagements si loin qu’il méritait une bonne rossée littéraire. Je renvoie vos lecteurs vers l’article où, reprenant sa trajectoire, je corrige le personnage – sans doute le type le plus faux que j’aie jamais rencontré. Bref, pour l’ensemble de son œuvre, il méritait de prendre. Je me suis dévoué.

Mais il y avait aussi un enjeu de fond que j’évoque au passage dans cet article. Ayant présidé deux ans et demi le Collectif Racine des enseignants patriotes au sein du RBM, j’ai quitté moi-même le Front à l’automne dernier. N’y ayant pas « gamellé », je n’en suis pas parti pour aller, comme Aimefric Chauprade, chercher meilleure soupe ailleurs. Je me suis éloigné parce que la direction du mouvement pêche à mes yeux dans le recrutement de ses élites internes, le travail de fond et l’efficacité stratégique. Si elles ne sont pas comblées d’urgence, ces failles peuvent l’empêcher de se porter à la hauteur de la mission historique que les circonstances placent devant lui.

Je travaille donc désormais dans esprit constructif hors du Front, mais pas contre. Car j’y ai rencontré des cadres et des militants de grande valeur, compétents, fervents, généreux, touchants. J’y ai fait des amitiés durables. Et je demeure proche de sa ligne « mariniste » qui répond à la grande espérance du peuple français. N’étant pas des partisans d’un aggiornamento libéral en économie, je considère toutefois que le parti traite la question identitaire de façon trop abstraite, contractualiste, aseptisée alors que, l’affaire « Black M » vient encore de le démontrer, elle mérite une approche plus substantielle, déterminée et clivante. Mais je voterai en 2017 pour le Front ou, si l’appareil ne s’améliore pas, pour ses électeurs….

Enfin pour revenir à l’infime, et infâme, personnage au sujet duquel vous m’interrogez, je lui ai consacré quelques heures pour la morale mais aussi, et peut-être surtout, pour le plaisir. La politique, qui est un sport de combat, doit se pratiquer de temps en temps à la française, en envoyant des gnons en rigolant !

 

Breizh-info.com : Vous êtes intervenu récemment sur la virilité en politique, que vous avez imagée par « ni Bourbon, ni Philippot ». Pourquoi évoquer ces deux personnalités ?

Yannick Jaffré : Parce que, si différents soient-ils l’un de l’autre, ils sont chacun emblématiques du déficit actuel en cette matière indispensable à toute bonne chimie politique… Le premier tient des positions marginales, ultra-violentes, qu’il est anthropologiquement incapable d’assumer. Le second croit pouvoir éloigner par l’habileté les futurs affrontements, pourtant inévitables, qui lui font peur. Le premier fantasme la violence de l’histoire, mais en est incapable. Le second esquive cette violence, s’imaginant que les luttes ressembleront toujours à des chicanes de bureau – indirectes, protégées, féminines. Le premier est grotesque et improductif. Le second est hyperactif et superficiel. Par-delà son cas particulier, ce très proche collaborateur de Marine Le Pen est révélateur d’une évolution anthropologico-polique inquiétante. On voit des personnalités aussi fragiles qu’elles peuvent être méchantes sans nécessité, accéder aux responsabilités dans un parti qui, force de résistance au système, devrait songer à s’étoffer autrement.

Car on se trompe lourdement en croyant qu’avec la doctrine actuelle, même encore édulcorée sur la question identitaire, le Front parvenu au pouvoir échapperait au Grand Choc. Quoi qu’il fasse ou dise, il est identifié, et à juste titre, comme le parti qui veut renverser la table dans les domaines essentiels de l’identité et de la souveraineté économique, territoriale, diplomatique. Il se prendrait dès les cent-jours des émeutes massives de banlieues, des manifestations d’ultra-gauche, une campagne d’attentats peut-être, le savoir-faire des services américains contre ses hommes, et tous les coups bas possibles, économiques et juridiques, de l’oligarchie européenne. Pour affronter ces terribles secousses, il lui faudra des caractères trempés. Je les espère pour la France.

Quant à la doctrine, je précise que je ne suis en aucun cas un nostalgique du « jean-marisme ». Héritage d’une extrême-droite de défaite et de témoignage, cette ligne-là ne mène à rien. Mais c’est une autre impasse de s’imaginer que le Front National puisse se dispenser de plonger les mains dans les plaies du pays. A cet égard, son dernier slogan : « la France apaisée » n’est pas mauvais, il est très mauvais. Relevant de la méthode Coué, il n’est adéquat ni au rôle historique du Front, ni à un présent traumatisé par le Bataclan, ni à la personnalité de Marine Le Pen telle qu’elle est, et telle qu’elle est perçue par les Français. On n’obtient pas la paix pas par des vœux pieux ni par des incantations. Elle ne s’établira qu’après une longue lutte acharnée contre les forces de la dépossession et de la guerre civile.

Quand je parle de virilité politique, je me situe donc au croisement d’une anthropologie des caractères et d’une doctrine de l’action. De ces deux points de vue, je n’enferme pas cette vertu dans la figure de la brute épaisse ou dans celle, plus noble, de l’agent des forces spéciales. Quotidienne, elle pourrait même être portée par le journaliste de Rivarol et l’autre, à condition qu’ils changent radicalement… J’ai foi en l’homme et je crois en eux !

Mais vous oubliez, au passage, que le premier idéal-type que je vise dans mon entretien est, quand même, le bobo qui prétend combattre Daesh avec une « fleur, un coeur, une idée ». C’est là le danger prioritaire. Je voudrais simplement qu’on lui oppose, côté patriote, plus d’épaisseur de caractère et de pensée.

Breizh-info.com : C’est quoi, être « sévèrement Français » ?

C’est aujourd’hui être résolu à défendre son pays sans savoir ce qu’on aurait fait en 1940 ; c’est se le demander tous les jours pour se maintenir sur la brèche ; c’est essayer de répondre à cette terrible question sans « melonnite » ni « résistance » de réseau social; c’est s’efforcer de se tenir prêt intellectuellement et, surtout, moralement, dans les conditions encore relativement confortables qui sont les nôtres. Chacun selon ses moyens et ses aptitudes. Je le redis, si je n’ai pas été assez clair : un Michel Blanc avec des couilles vaut mieux qu’un Sébastien Chabal sans.

C’est aussi être de culture française sans réserve et avec joie, densité, avec ce putain d’esprit qui nous signale dans le monde entier. Nous sommes les héritiers de Philippe Auguste, des grands barons fidèles au Roi, des Armagnacs et de Jeanne d’Arc, de Montaigne et de Rabelais, de Descartes et de Louis XIV, de Rousseau et de Valmy, de Robespierre et de Bonaparte, de Flaubert et de Camerone, de De Gaulle et d’Audiard, d’un art de vivre exceptionnel, d’un humour à nul autre pareil, d’un génie scientifique majeur, d’une pléiade de héros et d’un art de la galanterie que nous avons pratiqué avec des femmes exceptionnelles. Il y a de quoi être éternellement attaché à la France, merde, quand même ! Être sévèrement français, c’est donc refuser de se laisser définir par l’« alterophilie » ambiante.

Et c’est enfin regarder l’avenir proche avec une lucidité inquiète. Des forces considérables veulent nous déposséder de nous-mêmes, et nous soumettre à des règles, des ordres, des mœurs qui nous sont étrangers. Nous endurons sans doute la plus violente offensive xénocratique de notre histoire. J’entends d’ici les fins commentateurs à la Jacques Attali expliquer doctement que j’exprime une vieille crainte française, purement psycho-pathologique, et donc sans fondement puisque la France serait « évolutive », « ouverte », toujours « enrichie d’apports étrangers ». Je les emmerde à la gauloise parce que, comme disait le dernier Mitterrand qui les a bien connus : « ils ne ressentent pas profondément l’honneur d’être français ni de l’histoire de France ». Et je salue avec la Marseillaise nos grands aînés qui, mus par une farouche volonté de préserver, nous ont « précédé dans la carrière où nous trouvons leur poussière et la trace de leurs vertus ». S’ils s’étaient comportés comme des Attali ou des Yannick Noah, nous serions aujourd’hui un mélange de Brésil et d’États-Unis. Non, la France n’est pas négociable, elle n’est pas un « work in progress » post-moderne, et on sent se lever aujourd’hui, de plus en plus forte, la clameur des Français éthiques. Ils ne sont pas seulement ethniques même si, il faut le dire, le partage d’une lignée rend plus évidente la participation au destin français. Mais bienvenu à tous ceux qui veulent l’épouser !

Breizh-info.com : Comment voyez-vous se dérouler l’année 2016-2017, à un an de l’élection présidentielle ? Va-t-on vers un grand chamboulement à droite ?

Yannick Jaffré : Je préférerais un grand chamboulement en France ! Ayant rompu avec le pire de la gauche, je ne suis pas allé vers le pire de la droite – j’aurais dans ce cas choisi l’UDI ou l’UMP. Je dois dire d’ailleurs que la droite m’indiffère comme concept ou idéal romantique. Ou alors, il faut préciser. Si la droite c’est le gaullo-bonapartisme à vocation sociale, j’en suis. Si c’est le giscardo-orléanisme, je la conchie. Si la gauche, c’est le jacobinisme et le mouvement ouvrier, j’en suis. Si c’est le social-libéralisme et Strauss-Khan, je la vomis.

Mais je n’esquive pas votre question qui, me semble-t-il, était plus directement stratégique que métapolitique. Alors je suis plongé sur ce point, je l’avoue, dans des abîmes de perplexité. Je ne crois pas à l’ « union des droites » parce que le Front, l’UMP centrisée et l’UDI sont idéologiquement trop hétérogènes. Et je ne la souhaite pas, parce qu’elle se payerait d’une altération du corpus national. Mais je dois convenir que le rassemblement des patriotes par-delà droite et gauche, que j’ai espéré depuis la campagne Chevènement 2002, ne se produira pas avant longtemps dans les élites, et peut-être jamais. Je continue de penser qu’une telle jonction peut s’opérer dans l’électorat mais, à l’évidence, le plafond de verre de la classe moyenne est encore solide. Celle de droite est gênée par la doctrine économique protectionniste du Front et par l’Euro ; la classe moyenne de gauche par sa ligne identitaire. Or les classes populaires lui étant largement acquises avec la jeunesse, le Front devra mordre sur la classe du milieu pour l’emporter sans alliance partisane. De quoi demain sera-t-il fait ? Pour inquiéter vos lecteurs en citant Mitterrand une nouvelle fois, c’est « l’événement qui, le plus souvent, fait loi »

Breizh-info.com : Que vous inspirent les émeutes urbaines qui terrassent les villes de Nantes et de Rennes ?

Yannick Jaffré : Ah c’est la famille ! Nantais, j’ai connu l’extrême gauche locale dans les années 1990. Elle était déjà à la pointe, avec son homologue rennaise, de la contestation sans fond, fin ni forme, entre hystérie et dépression. Plus sérieusement, le stalinien Jacques Duclos a eu raison dès l’été 68 : avec leur « amorphisme révolutionnaire » les gauchistes font toujours, inévitablement, le « jeu de la réaction ». Et la réaction social-libérale, c’est aujourd’hui Macron. Pour la marque de fabrique locale : Nantes a été une métropole ouvrière sérieuse et combative, mais aussi, à partir de mai 68, une base gauchiste.

D’où qu’ils soient, les gauchistes contemporains, rebaptisés « antifas », présentent un même visage : aucune doctrine solide contre le mondialisme et, puisqu’on nous bassine avec la « haine », du ressentiment à revendre. Leur rage d’impuissants s’exprime dans une « moraline » agressive, à travers des fantasmagories idéologiques et par la casse. La casse est d’ailleurs leur seul point de rencontre avec les racailles « diverses » (quand ils ne se font pas dérouiller par elles…). Comiques involontaires, les antifas prétendent défendre une diversité avec laquelle ils ne vivent pas ensemble. Reste donc le « casser-ensemble ». Les uns et les autres sont des infoutus de quoi que ce soit.

Danton, révolutionnaire sérieux, lui, eut cette célèbre formule : « on ne détruit que ce qu’on remplace ». Les antifas n’opposent au système actuel que leur insondable vide. Se livrant à des destructions traitées avec mansuétude par Valls et Cazeneuve, ils ne nuisent qu’aux travailleurs, aux petits commerçants et à des policiers généralement issus du peuple. Pasolini, marxiste sérieux, lui, les défendait contre les petits-bourgeois gauchistes chevelus des années 70. J’ai moi-même une pensée pour ces policiers que je détestais à 18 ans, en bon petit con. Ils n’ont pas la vie facile. Mais, qu’ils le veuillent ou non, la discipline ne suffira pas toujours : outre qu’il est plus facile de taper sur des « veilleurs » que sur des « nuits debout » et des racailles, ils doivent eux aussi se préparer, tôt ou tard, à faire des choix… Comme nous tous.

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  • Erwan du Radôme

    Yannick Jaffré : encore un Breton qui s’ignore et qui tapine pour la France.

    • Ar Vran

      excellent!
      ll suffit de s’arrêter sur les lignes suivantes :’Nous sommes les héritiers de Philippe Auguste, des grands barons fidèles au Roi, des Armagnacs et de Jeanne d’Arc, » pour s’apercevoir que notre esprit « éclairé » ne connait manifestement pas son sujet car pas de chance pour lui du temps de Philippe-Auguste ou de Jeanne-d’Arc la Bretagne n’était pas française… bref que du blabla…

      • Sual

        Ceci dit, sa courte description du mouvement antifa actuel est on ne peut plus vraie !

        • Ar Vran

          Certes mais cela ne veut pas dire que le fait d’être breton vous oblige à être antif. Au contraire laissons ces excités se battre entre eux du moment qu’ils nous fichent la paix en Bretagne

      • Erwan du Radôme

        Ce qui me fait le plus tiquer, c’est qu’un Breton s’affiche avec un drapeau tricolore et un slogan franchouillard comme si c’était pêchu. C’est juste bien ringard. À revenir à ses vraies racines, à présenter un drapeau breton avec un slogan en breton, il paraîtrait plus stylé et viril. Là, ça fait juste bal musette et flonflon à la française. Bref, c’est naze et has been.

        • Pascal

          Il est peut-être Nantais mais il se défini avant tout comme un patriote français, et je ne vois pas au nom de quoi mettre en avant les couleurs de la France seraient moins viril. Si pour vous la France est « ringarde », « naze » et « has been » alors vous avez un sérieux problème d’identité…

          • Ar Vran

            Je vais vous citer un exemple comme quoi il est de moins en moins bon de se revendiquer comme français:
            Actuellement un syndicat ayant une mentalité datant de la préhistoire bloque la France et montre de ce pays une image de pays sclérosé.
            Actuellement je me trouve à Nantes et à cause de ce syndicat un congrès international avec donc beaucoup de participants venant de l’étranger ont vu leurs vols ou leurs trains annulés. Vous trouvez cela normal ? A votre avis quelle a été la réaction de ses participants ?
            Je ne pense pas qu’ils aient partagé les valeurs de vos patriotes français et je peux vous dire que face à cela et donc pour ne pas avoir honte, je préfère me définir comme Breton… Chacun son truc…

        • François Arondel

          Quelles sont nos  »vraies » racines ? Nos racines françaises, bretonnes, gallo-romaines, gauloises ou bien faut-il remonter jusqu’à nos lointains ancêtres qui colonisèrent l’Europe occidentale il y a 40000 ans ? Dans ce domaine il n’y a pas de vérité absolue. Il n’y a de  »vraies » racines que celles que nous privilégions à un moment donné. De nos jours les Bretons comme les autres Français privilégient majoritairement leurs racines françaises; c’est ainsi !

      • François Arondel

        Certes, la Bretagne bien que très largement francophone, était une principauté indépendante mais depuis cinq siècles, les Bretons font partie de la communauté française. Ils ne sont plus ce qu’étaient leurs aïeux; il est permis de le regretter, mais c’est un fait.

        • Ar Vran

          Il ne faut pas confondre le fait d’être français avec le fait d’être francophone car au vu de ce que vous écrivez nos voisins belges et suisses francophones devrait partager votre communauté française. Or quand je vais à Bruxelles ou en Wallonie ou en Suisse romande, je n’ai vraiment pas l’impression qu’ils se revendiquent comme français au contraire…

    • François Arondel

      Depuis 1532, au moins, les Bretons, dont plus de la moitié ne parlaient déjà qu’un dialecte français, ont été assimilés et intégrés dans la communauté française. En cinq siècles, ils sont devenus, pour l’immense majorité d’entre eux, 99% exactement si l’on se fie au résultat de la dernière élection régionale, des Français comme les autres. Notre identité n’est pas nécessairement plus liée à un épisode particulier de notre histoire qu’aux autres et le fait qu’il y ait eu un duché breton jusqu’en 1532 (en réalité 1488) n’implique pas la prépondérance d’une identité bretonne en Bretagne. Avant d’être Bretons, nos ancêtres ont été des Gallo-romains et auparavant des Gaulois; nous pouvons aussi privilégier ces diverses réalités du passé comme nous pouvons privilégier notre appartenance au peuple français.Par ailleurs, il y eut aussi un puissant duché de Bourgogne du 9ème au 15ème
      siècles; l’identité des habitants de la Bourgogne ne doit-elle être que bourguignonne ?
      Contrairement à ce que vous semblez penser, en matière d’identité il n’y a pas de traîtres.

  • Erwan du Radôme

    La génération de nos grand-parents a abandonné sa langue antique, ses festoù-noz et ses pardons, ses costumes et mobiliers aux matériaux nobles et sa légendaire résistance dans la peine contre la culture française de pacotille, les bals musette, sa langue de métis, le mobilier en formica et son goût pour le bavardage latin inutile et incapacitant. Bien sûr que défendre la France quand on est breton, c’est ringard. C’est être spirituellement dans les années 50. Ça pue le pastis et les rengaines bellevilloises des troquets de beaufs, alors qu’on a la force du lambig, la splendeur des pardons et l’éternité des guerzes chez nous.

    Les Français qui viennent en Bretagne se reconnaissent tout de suite à leur haut niveau de fragilité, leur petit pull aux couleurs pastel noués autour du cou, leurs petites idées de Français bavards, un coup chauvines un coup cosmopolites, mais toujours profondément ennuyantes; là où la culture bretonne est travail, dureté à la peine, rusticité, force, celticité.

    Si le ci-devant Yannick Jaffré s’intéressait à la Bretagne éternelle, il y découvrirait un trésor antique et brute à-côté duquel la culture française paraît bien indigente et sans intérêt. Personnellement, renchérir dans la franchouillardise quand on est breton sous influence de la propagande d’État, ça me fait pitié. Un peu comme ces jeunes fragiles qui, sous influence d’internet et des radios pour jeunes, s’entichent de culture du ghetto américain.

    Après, vous avez raison, chacun est libre de préférer la médiocrité à la noblesse, la laideur à la beauté, la France à la Bretagne. Mais que ce gugusse ne nous demande pas de le suivre dans ses goûts de chiotte.