Chapelle Saint-François à Rennes : Mgr d’Ornellas dans le refus et le double discours ?

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28/06/2016 – 06H30 Rennes (Breizh-info.com) – La situation autour de la chapelle Saint-François de Rennes apparaît clairement bloquée, après que le rendez-vous entre Mgr Schmitz, provincial de France de l’ICRSP (Institut du Christ Roi Souverain Prêtre), et l’archevêque de Rennes Mgr d’Ornellas, ait été infructueux. Et ce bien que l’évêché affirme le contraire. Il semble qu’aucune avancée réelle n’a été faite et l’archevêque est resté muré dans son refus de voir la communauté traditionnelle forte de près de 700 fidèles continuer avec l’ICRSP qui la dessert depuis 14 ans. Pour les fidèles concernés,  le double discours de l’évêque continue encore.

Pour rappel, la messe traditionnelle existe à Saint-François depuis 1988. Depuis 2002, c’est l’ICRSP qui dessert cette chapelle, d’abord avec le chanoine Trézières en poste jusqu’à 2008, puis avec le chanoine Cristofoli. Le 10 juin dernier, Mgr Souchu, évêque auxiliaire de Rennes, annonçait au chanoine Cristofoli que son départ était exigé, que la convention entre ICRSP et évêché était rompue, et que la chapelle allait être vendue. Des annonces qui mettaient le feu aux poudres dans une communauté nombreuse, active et soudée. Par la voix du président de l’association Saint-Benoît de Nursie, qui gère les lieux depuis 1988, ceux-ci annonçaient leur détermination à défendre l’avenir de leur communauté et à rester dans la chapelle saint François.

Depuis, bien que l’évêché soit revenu – en paroles tout au moins – sur son intention de vendre la chapelle, il accumule faux pas, communication hésitante et double discours , ce qui n’arrange pas la situation, on s’en doute. D’autant que l’affaire commence à faire des vagues au sein du diocèse, et même à le dépasser puisque des fidèles de partout ont apporté leur soutien à la communauté traditionnelle de la chapelle Saint-François, notamment sur sa page Facebook qui compte en deux semaines à peine déjà deux fois plus de « j’aime » que la page officielle de l’archidiocèse de Rennes.

Vendredi dernier, le 24 juin, Mgr Schmitz, provincial de France de l’ICRSP, est venu de Montauban jusqu’à Rennes afin de rencontrer Mgr d’Ornellas, entre 16 h 30 et 18h30. Le rendez-vous a été infructueux : « rien n’a été décidé et les négociations continuent », nous résume le chanoine Cristofoli, tandis que Mgr Schmitz ne fait pas de déclaration officielle. Les quelques détails qui ont filtré sont plus précis. On sait par exemple que l’entretien, qui était prévu en tête à tête entre les deux prélats s’est déroulé différemment. En réalité, Mgr Schmitz a été laissé seul dans une petite pièce pendant vingt minutes, après qu’il ait fait six heures de route, puis il a été reçu par Mgr d’Ornellas, flanqué de deux ecclésiastiques – les pères Lemoine et Lagneau –, le délégué à la communication Jelle Lemaître et une secrétaire.

Pendant une heure et demie, l’évêque de Rennes serait apparu muré dans son refus de laisser continuer une communauté traditionnelle qui a le tort de se développer – près de 700 fidèles, plusieurs vocations sacerdotales par an, une centaine de scouts, de nombreuses activités pour les jeunes et les familles – et de trancher sur le déclin spirituel et matériel du reste du diocèse. Finalement, sa position n’a pas évolué par rapport au 20 juin, lorsqu’il a reçu l’association Saint-Benoît de Nursie. Alors que celle-ci lui a posé directement la question « « Monseigneur, que prévoyez-vous pour notre communauté de Saint François et le Christ-Roi pour la rentrée ? », il avait répondu « Je ne sais pas ! ». ApparemmentMgr d’Ornellas, ce 24 juin, ne sait toujours pas.

En revanche, son délégué à la communication semble savoir. Juste après la fin de l’entretien, vers 18h50, nous sommes passés à la Maison de la Communication recueillir la version du délégué à la communication de l’archevêché, Jelle Lemaître. Alors que l’entretien venait juste de s’achever, et que sa tenue était de notoriété publique depuis deux jours, un membre de son équipe de communication a tenté de nous faire croire qu’il n’y avait pas eu d’entretien. Devant notre mine incrédule, ils se sont alors placés à cinq pour nous interdire l’accès. Comme nous insistions, Jelle Lemaître a fini par nous recevoir entre deux portes, pour nous dire que « l’entretien s’est bien passé », « des avancées concrètes ont été faites » et « la question serait réglée dans les jours ou semaines à venir, sans doute dans les nominations qui vont arriver fin juin ». Force est de constater que la version des services de communication de l’archevêché est plus optimiste que la réalité.

Le départ du chanoine Cristofoli, une mutation comme les autres ? L’évêque en flagrant délit de double discours

Mercredi dernier, Jelle Lemaître assurait qu’il était habituel dans le diocèse de Rennes que les prêtres restent en poste 6 à 7 ans en poste – une façon de justifier que le diocèse demande le départ du chanoine Cristofoli puisqu’il est en poste depuis 8 ans. Du reste, son évêque ne dit pas autre chose dans sa lettre du 19 juin qu’il a fait lire par le père Lagneau aux paroissiens de Saint-François, au début de leur messe : « après le départ du chanoine Jean-Paul Trezières, j’ai nommé le chanoine Gwenaël Cristofoli qui exerce ici son ministère depuis huit années. Il est donc normal d’envisager un changement pour lui car il est d’usage que tout prêtre change de mission après être resté entre six et neuf années au même poste ». Le mercredi 22 juin, l’évêque enfonçait le clou dans un message que le père Lagneau a lu lors de la réunion d’information organisée par l’association Saint-Benoît de Nursie à la chapelle Saint-François : « je n’ai pas de double langage, même si une communication non maîtrisée a pu le faire penser. Ma lettre du 19 juin demeure ma seule parole ».

Cette affirmation est contestée par un proche de la chapelle Saint-François, qui affirme : « Nous avons trouvé au moins un cas où le diocèse n’a pas suivi cette règle : le cas du père Bernard Heudré, curé-doyen de la Cathédrale, connu pour être très proche de l’archevêque. Il est en poste depuis septembre 2005 dans cette paroisse. Cette constatation pose un double questionnement. Il y aurait-il donc des curés plus égaux que d’autres, et d’autres moins égaux, surtout quand ils développent leurs paroisses et suscitent des vocations ? Et comment faire confiance à un archevêque qui affirme ne pas avoir de double langage, mais qui multiplie les occasions d’avoir un double discours. » No comment…

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