d'ornellas

22/06/2016 – 16H00 Rennes (Breizh-info.com) – Depuis un peu plus d’une semaine, le diocèse de Rennes est secoué par la rupture de la convention entre l’archevêque et l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) qui dessert la chapelle Saint-François depuis 2002. La seule communauté traditionnelle du diocèse qui fait partie de l’Eglise est clairement menacée dans sa pérennité, à court terme. Les tensions ne cessent de grandir, avec le double discours tenu par l’archevêque au sujet de la chapelle Saint-François.

Dimanche 19 juin, l’archevêque a réussi un tour de force : envoyer deux messages différents à la même heure dans deux églises différentes de Rennes au sujet de la chapelle Saint-François. La forte mobilisation des fidèles pour la survie de leur communauté commence à intéresser les médias (TV Libertés, Réinformation TV, Ouest-France, Breizh-Info bien sûr, Riposte Catholique etc.) et les réseaux sociaux (la page Facebook compte près de 1800 « j’aime » soit deux fois plus que celle de l’archidiocèse), le diocèse ne pouvait donc plus rester inerte, « une attitude traditionnelle », selon ce fin connaisseur des habitudes de Mgr d’Ornellas : « lorsque une situation le gêne, il bloque tout et plus personne ne parle, c’est l’omerta ».

Dans la chapelle Saint-François, le père Lagneau envoyé par l’archevêché a donc lu au début de la messe dominicale un courrier de Mgr d’Ornellas où il témoigne son attachement à la communauté paroissiale, affirme qu’il n’a jamais pensé qu’il faille arrêter la célébration de la messe traditionnelle dans l’archidiocèse de Rennes et qu’il était en discussion avec l’ICRSP pour trouver un successeur au chanoine Cristofoli – dont il justifie le départ par le fait qu’il soit resté huit ans en poste.

Cependant, à la même heure, au sein de l’église Saint Hélier, l’abbé Paul de La Morinère annonçait qu’il avait été nommé par Mgr d’Ornellas avec l’abbé Jean-Michel le Moal pour prendre la suite du chanoine Cristofoli pour célébrer la messe sous la forme extraordinaire à la chapelle Saint François.

Le double discours, loin d’apaiser les tensions, n’a donc ajouté qu’un peu plus d’huile sur le feu. D’autant que l’ICRSP n’a pas reçu de propositions de l’archidiocèse pour poursuivre la convention qui le lie avec ; mieux, une lettre a été envoyée par Mgr Schmitz le 2 juin pour faire état du départ du chanoine Cristofoli, « à la demande expresse » de Mgr d’Ornellas, et proposer plusieurs candidatures pour lui succéder. Cette lettre n’a toujours pas reçu de réponse.

Le diocèse ne maîtrise plus rien

Sous pression, l’évêque a rencontré l’association Saint-Benoit de Nursie, qui gère la chapelle Saint-François depuis 1988 et l’établissement d’une communauté de messe traditionnelle au sein du diocèse, alors sous le régime du Motu Proprio prononcé alors par Jean-Paul II. Selon nos informations, la réunion a été plutôt houleuse. L’association fait le résumé de cette réunion : « Monseigneur d’Ornellas a tenu à nous rassurer sur le maintien de la messe sous la forme extraordinaire du rite romain à la Chapelle Saint François à Rennes. Cependant, il n’a pas abordé les questions des messes en semaine, des sacrements, de l’instruction religieuse assurés à ce jour, et depuis 14 ans, par l’Institut du Christ Roi souverain prêtre (ICRSP). » Par ailleurs l’archevêque a confirmé ce qu’il ne pouvait guère plus nier : il a bien imposé le départ du chanoine Cristofoli. Enfin, interrogé frontalement par l’association, qui lui a demandé « Monseigneur, que prévoyez-vous pour notre communauté de Saint François et le Christ-Roi pour la rentrée ? », il a répondu clairement « Je ne sais pas ! ».

Plus troublant, l’évêque a démenti l’annonce qui a été faite à Saint-Hélier, en affirmant que cela n’aurait jamais du être dit. Fuite intentionnelle ou acte manqué ? Des fidèles de Saint-François mobilisés pour leur église se posent la question : « il y a clairement une volonté de l’évêque de mettre la zone pour démobiliser un peu tout le monde. Comme avoir fait annoncer par son auxiliaire Mgr Souchu que la chapelle allait être vendue. Une association s’y est intéressée, pour étendre son œuvre de réinsertion, et s’est faite répondre que la vente n’était pas à l’ordre du jour », relève l’un d’eux. Ou plus à l’ordre du jour, à cause notamment de la mobilisation médiatique.

Même si la communication officielle du diocèse se refuse obstinément à communiquer, malgré nos demandes répétées, elle semble avoir perdu la maîtrise des événements. « Cette histoire met un bazar formidable. L’évêque espérait faire son coup en douce, c’est totalement raté », relève un autre fidèle historique de la chapelle. Par ailleurs, l’affaire des affiches a encore ajouté de la tension. Des fidèles mobilisés contre la fermeture de Saint-François ont collé des affiches à la sortie de plusieurs églises rennaises et près de la maison diocèsaine.

Ces affiches, où on peut lire « Oui à la liberté religieuse », « Oui à la messe traditionnelle à Rennes » et « Non à la fermeture de la chapelle Saint-François », ont provoqué d’intenses réactions au sein des fidèles rennais, et beaucoup ne sont pas défavorables à la cause de la messe traditionnelle et à la résistance des fidèles de Saint-François contre la fermeture de leur chapelle. « Aujourd’hui, plus personne ne peut ignorer cette affaire. Même si le clergé reste verrouillé par Mgr d’Ornellas – tous ceux qui s’y sont opposés ou se sont montrés favorables à la Tradition l’ont cher payé par le passé, on ne peut pas empêcher les fidèles de penser et d’avoir leur avis », conclut un connaisseur des arcanes du diocèse. Et le fait que le diocèse ait porté plainte contre X, deux fois, ne fait rien pour ramener le calme.

 

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