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04/07/2014 – 07H00 Rennes (Breizh-info.com) – Alors que le Parlement débat actuellement de la réforme territoriale, un sondage commandé par la presse régionale à l’institut LH2 révèle que 77% des Bretons sont pour le retour de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne. Ils étaient 57% au mois de mars en Bretagne et 63% en Loire-Atlantique à s’y montrer favorable, signe que le débat et le projet de réforme territoriale proposé par Manuel Valls semblent avoir fait significativement basculer l’opinion en faveur d’une réunification bretonne.
En Bretagne, le sondage – qui concernait la vision des Français de leurs territoires et de leurs administrations – a concerné 601 habitants représentatifs de la population, âgés de 18 ans et plus (571 personnes en Pays de la Loire).
Il démontre qu’une majorité des Bretons (70%) sont avant tout attachés à leur commune et à leur municipalité, alors que la communauté de communes (17%), le conseil général (5%) et le conseil régional (6%) ne semblent pas répondre à leurs préoccupations quotidiennes. Si l’institution « région » ne suscite pas l’adhésion, ils sont néanmoins 90% des Bretons à se déclarer attachés à leur région, signe d’un distingo clair fait entre l’administration et l’identité.
Concernant le projet de réforme des régions, si une majorité (62%) la jugent nécessaire, ils sont 65% à estimer que ce projet ne prend pas en compte la spécificité de leur région et ils sont 60% à estimer que François Hollande et le gouvernement ne mènent pas bien cette réforme, nouveau désaveu pour l’actuelle majorité.
Ils sont également 72% à souhaiter plus de démocratie directe, notamment en ce qui concerne la mise en place de référendums départementaux, et 62% à souhaiter la suppression des conseils généraux. De quoi faire grincer des dents Claudy Lebreton et le Front National, partisans de la départementalisation à outrance.
Le sondage démontre aussi que les Bretons, mais également les habitants de Loire-Atlantique sont majoritairement favorables (77% et 70%) au rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Une progression de 7 points pour la Loire-Atlantique et de 20 points pour la Bretagne.
Difficile dès lors de savoir dans quel cadre les Bretons et les habitants de Loire-Atlantique souhaitent voir ce rattachement puisqu’ils ne semblent pas non plus (à un niveau néanmoins moindre) opposés à une fusion Bretagne-Pays de Loire (63% et 67% favorables)
Au final, ce sondage tend à démontrer que les Bretons souhaitent ardemment et majoritairement le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne, tout en contestant la façon dont la réforme actuelle est mise en place (pas de référéndum, découpage arbitraire …). Enfin, si les Bretons ne semblent pas attachés aux institutions et aux administrations (hormis la commune, centre de proximité), ils n’en restent pas moins fortement attachés à leur région en tant que terre identitaire et d’appartenance.
Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
3 réponses à “77% des Bretons pour la réunification de la Bretagne”
Même la reforme territoriale hollande et valls ça ne marche pas !manipuler les sondages pour marier la bretagne et pdl , moi je suis pour la bretagne historique et autonome comme beaucoup de regions europeennes avec des pouvoirs renforcés !
Cette étude met en évidence plusieurs choses:
– le fait que l’attachement aux régions est désormais plus important que celui qui est accordé aux départements (73% pour les premières contre 59% pour les seconds au plan national). Malgré cela, l’attachement aux institutions départementales et régionales est très faible (7% et 6% au plan national, 5% et 6% en Bretagne, ce qui fait de la région une structure administrative aussi peu appréciée que le département) tandis que les communes sont de loin les institutions locales les plus appréciées (67% au plan national). Ceci dit, les territoires départementaux bénéficient encore d’une belle cote d’attachement (59% au plan national), surtout en Bretagne (74%). Il peut sembler étonnant que le département, dont on dit souvent qu’il n’est qu’une création du gouvernement révolutionnaire, bénéficie d’une telle cote, mais les départements se sont dans une large mesure calqués sur les anciens évêchés (jusqu’en 1789 un étranger était un étranger à l’évêché; les registres paroissiaux sont très explicites à ce sujet) qui eux-mêmes ont adopté la trame des anciennes cités gallo-romaines. Les départements ont, pour beaucoup d’entre eux, une réelle parenté avec les cités gauloises de l’antiquité. Ainsi la Loire-Atlantique correspond à la cité des Namnètes à laquelle a été ajoutée une petite partie de la cité des Pictons au sud de la Loire. La Bretagne actuelle, comprend cinq départements qui correspondent grosso modo aux cinq cités gauloises des Namnètes, Redones, Vénètes, Osismes et Coriosolites. L’attachement à ces terroirs a sans doute pour origine une réalité beaucoup plus ancienne que les fiefs féodaux.
– la Bretagne se distingue, en ce sens que les Bretons sont les plus attachés à leur région (90%), mais pas beaucoup plus que les Auvergnats par exemple (83%). D’une façon générale, l’attachement local, régional et dans une moindre mesure départemental, est fort; c’est en Ile de France et en Pays de Loire qu’il est le plus faible, tout en restant très majoritaire, ce qui ne surprendra personne. Comme l’a fait remarquer l’auteur de l’article, l’enracinement local n’est pas synonyme d’attachement à une organisation administrative particulière. On peut ajouter que l’identité ne se résume pas, bien sûr, aux structures administratives et que la Bretagne des années 1950, qui n’existait pas au plan administratif, avait une identité très forte, du fait de l’existence de 700000 à 800000 locuteurs de la langue bretonne. Cette identité n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même malgré l’existence d’une institution régionale. Il faut donc grandement relativiser l’importance de cette institution quant à l’identité ou plutôt à la spécificité culturelle régionale. L’enracinement local qui est très fort en Bretagne n’implique nullement, de la part des autochtones, un effort particulier en matière linguistique ; les Bretons se disent attachés à la langue bretonne (qui était, de loin, le trait culturel le plus distinctif de notre région) mais ne font aucun effort pour l’apprendre. Seules la pratique de la danse et de la musique traditionnelles (qui ne connaissent plus l’engouement que nous avons connu jusque dans les années quatre vingt dix) permettent d’affirmer l’existence d’un certain particularisme breton. En fait, le trait le plus marquant des Bretons est aujourd’hui la volonté de vivre et travailler au pays laquelle est, semble-t-il, plus marquée que dans la plupart des autres régions.
– 67% des Français souhaitent que des référendums soient organisés dans les départements concernés par des modifications du périmètre régional, ce qui confirme la préférence très majoritaire pour la démocratie référendaire
– les Bretons souhaitent très majoritairement le rattachement de la Loire-Atlantique (77%) mais 63% d’entre eux verraient d’un bon oeil la fusion de la Bretagne et des Pays de Loire ! Il est dommage que la question de la préférence entre statu quo, région Bretagne à cinq départements et fusion avec les Pays de Loire n’ait pas été posée.
Bon, maintenant, il faut envisager une manif à la rentrée et préparer pour avoir le temps de bien mobiliser et ainsi faire reculer le pouvoir qui est à bout de souffle. L’annonce aurait déjà un effet.