14/02/2014 – 21H00 NANTES Breizh-info.com – « Ce ne sont pas des listes qu’elles présentent mais des carnets de bals d’apparatchiks ». Les oreilles de Johanna Rolland et de Laurence Garnier ont dû siffler jeudi soir lors de la présentation de la liste du « Parti des Nantais » (PDN), conduite par Pierre Gobet. Une entrée en fanfare – le bagad de Nantes était là  – pour cette nouvelle liste en lice pour les prochaines municipales nantaises.

Vaste locaux donnant sur la place Graslin, spectacle son et lumière, sonneurs du bagad de Nantes, éclairages bleus et roses qui n’étaient pas sans rappeler les couleurs de La Manif Pour Tous, matériel de propagande abondant, buffet copieux : le Parti des Nantais avait bien fait les choses jeudi soir. 150 personnes pour la plupart d’allure très bourgeoise et dans une ambiance « rallye » avaient fait le déplacement pour assister à la présentation de la liste menée par Pierre Gobet.

Bi-national franco-anglais, le leader du Parti des Nantais,  s’il réside dans la ville depuis 17 ans, n’en conserve pas moins un fort accent et un style « très british ». Ce sexagénaire au physique sportif, chef d’entreprise « reconnu dans le monde de la finance », se veut le seul vrai candidat  de la société civile.

La liste qu’il conduit se veut résolument « apolitique » : ni de droite, ni de gauche, ni même du centre. A l’exception d’Annick  Le Ridant, ex responsable UMP dont le fan club se manifestait bruyamment, aucune tête politique connue ne figure d’ailleurs sur la liste.  Interrogée sur une éventuelle proximité avec la LMPT, son équipe de campagne répond qu’effectivement Pierre Gobet  en défend les idéaux. Pourtant un journal le déclare favorable au mariage homosexuel. Comprenne qui pourra !

Comprenant une majorité  de petits patrons, commerçants, artisans et professions libérales, la liste est également ouverte à la diversité : une demi douzaine de  candidats sont en effet d’origine réunionnaise (dont le responsable de l’association nantaise) ou antillaise.

Si incontestablement la sociologie de la liste et son public la rapprochent de la droite nantaise, on pouvait noter, au détour des conversations, une aversion marquée pour Laurence Garnier, tête de liste UMP-UDI.

Encore succinct, le programme du parti use d’un vocabulaire très « politiquement correct ». On y parle en effet de «concertation», d«intégration», d’«accessibilité», d’«engagement citoyen», ou de « jeunes des quartiers sensibles…». Plus étonnant est le projet de création d’un « Centre de citoyenneté » afin de « promouvoir l’interdépendance et la solidarité communautaire et de combattre l’incivilité ». Ce centre serait lié au CIDEM – un organisme fondé par la Ligue des droits de l’Homme et la Ligue de l’enseignement qui n’ont jamais masqué leur grande proximité avec le Parti socialiste et qui se font le relais de tous ses projets sociétaux – et au « Centre Nord Sud »  – organisme lié au Conseil de l’Europe chargé de promouvoir « une citoyenneté mondiale démocratique ».

Très offensives envers les listes du PS et de l’UMP, les cartes postales distribuées lors de la réunion tranchent avec le ton du programme. Petit florilège :« La candidate Ps n’a jamais travaillé, c’est une professionnelle du boniment » ou « Système Rolland ou système Ayrault, c’est kif, kif, bourricot » ou encore  « la piscine sur la Loire de Rolland PS et le phare de la Tour De Bretagne de Garnier UMP ? Non mais sérieux ?»  Et pour finir : « Ce ne sont pas des listes qu’elles présentent mais des carnets de bals d’apparatchiks ». Ces dames apprécieront.

Partant du fait que 77% des Français ne font plus confiance au personnel politique, Pierre Gobet affirme être très optimiste quant aux résultats qu’obtiendra sa liste. Les Nantais « de tous les quartiers » prendront-ils son parti ?  Réponse le 23 mars.

Photo : Parti de Nantes
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