Le Quai d’Orsay n’assure que 2 à 3% de la diplomatie française

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22/10/2014 – 07H00 Blois (Breizh-info.com) – Les Rendez vous de l’Histoire (RVH), à Blois, sont souvent l’occasion de conférences intéressantes. Cette année ils avaient pour thème les Rebelles. Certes, le thème des rebelles à l’ordre français a été passé sous silence – exit Bretons, Corses, Basques ou Kanaks, Chouans et autres Bonnets Rouges, malgré une actualité propice et riche. Ce qui est logique, puisque selon un blésois habitué de l’événement, « c’est avant tout une manifestation organisée par les intellectuels de Paris pour se convaincre eux-mêmes qu’ils ont raison ». Mais il y avait quand même quelques conférences qui échappaient à cette volonté d’auto-persuasion.

Par exemple, le jeudi – jour traditionnellement calme puisque le premier des RVH, quand la ville ne ploie pas encore sous le poids des intellos parisiens qui arrivent le lendemain – il y avait une conférence intéressante baptisée « diplomates et rebelles ». Un oxymore ? Pas vraiment puisqu’il était question de diplomates d’Amérique du sud issus d’une aristocratie administrative locale nourrie à l’esprit des Lumières et hostile aux dictatures qui étouffaient alors leurs pays. Ou encore de députés et sénateurs français qui voyageaient massivement en RDA à l’époque où la France avait déjà reconnu la Chine (en 1964 ) mais pas la RDA (ce qui n’arrivera qu’en 1973 ). Ce qui n’empêchera pas députés, sénateurs et maires de grandes villes de visiter des usines et des exploitations modèles, et de s’exprimer sur les médias est-allemands, parfois dans le sens tout à fait contraire de la politique officielle française d’alors.

A cette conférence était présent Yves Saint-Geours, actuellement directeur général de l’administration et de la modernisation du Quai d’Orsay, mais aussi (et avant tout) agrégé d’histoire et spécialiste de l’Amérique Latine. Interrogé par un auditeur sur la lenteur des mécanismes de décision au sein de la diplomatie française, voilà ce qu’il a répondu : « c’est l’un des mauvais côtés de nos sociétés démocratiques : les décisions avant d’être prises passent par plusieurs cycles de consultation, font la navette, et quand elles sont presques prises, elles peuvent encore être retournées. Mais c’est finalement assez secondaire car le Quai d’Orsay n’assure plus que 2 à 3% de la diplomatie française. C’est la société civile – les entreprises, les citoyens, les médias, etc. – qui s’est pleinement emparée des relations entre les états, alors qu’auparavant elles étaient l’apanage presque exclusif des diplomates. »

Crédit photo : Jebulon/Wikipedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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