29/08/2015 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – Du 17 au 23 août dernier, à Sées (61) se tenait la deuxième université d’été de l’Académia Christania, un projet fondé en 2014 par des étudiants catholiques . Des Bretons ont participé à cette nouvelle initiative, qui mêle spiritualité, sport, et militantisme politique, et qui semble rassembler de plus en plus de participants. Nous avons interrogé Victor Aubert, l’un des animateurs principaux de l’Académia et dans le même temps son président, de retour d’une semaine très active.
L’occasion de faire le point sur cette semaine de formation principalement à destination des jeunes, mais également d’évoquer l’implication croissante de l’Église catholique en matière politique, avec notamment la répétition d’appels à l’immigration et à l’accueil des clandestins, souvent au grand dam des fidèles eux-mêmes.

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Breizh-info.com : Qu’est-ce qu’Academia Christania ?

Victor Aubert : Il s’agit d’une plateforme de formation dans laquelle nous mettons à disposition des savoirs fondamentaux, en spiritualité, en philosophie et en politique, et d’un réseau de camarades pour tous les jeunes de bonne volonté qui souhaitent s’engager d’une manière ou d’une autre dans la reconquête spirituelle et politique de notre pays.

Breizh-info.com : Vous avez achevé la troisième édition. Quel bilan en tirez-vous ?

Victor Aubert : Nous sommes satisfaits de cette université d’été d’une part à cause de la qualité et de la cohérence des interventions, mais aussi par la bonne volonté de nos 60 jeunes participants qui ont fait preuve de générosité en donnant une semaine de leurs vacances pour se former, ils semblent en être sortie avec des convictions davantage ancrées dans des principes solides et ils ont également l’air d’avoir envie de s’engager dans des projets concrets.

Breizh-info.com : Quel était le contenu de cette semaine ? Quelles ont été les interventions marquantes.

Victor Aubert : Nous offrons d’une part une formation générale autour de principes fondamentaux, qui ne varie que très peu d’années en années et d’autre part une formation plus en phase avec des problématiques sociales ou politiques.

Cette année le thème de l’université d’été était le capitalisme, nous avons donc invité des intervenants qui ont à la fois retracé la genèse du système technico-capitaliste et qui en ont aussi montré les limites sociales, anthropologiques, écologiques, et politiques.

Ce fil rouge a été traité avec sérieux et équilibre afin de ne pas tomber dans des travers caricaturaux, le but étant de dégager des issues pratiques et des propositions concrètes réalistes pour lutter contre les travers de ce système (surconsommation, pollution, chômage, déracinement…).

Ces résolutions pratiques furent apportées lors d’une excellente conférence donnée par notre ami Jean Terroir du Mouvement d’Action Sociale qui a su donner des perspectives concrètes, applicables au quotidien et à la portée de tous (le texte de cette dernière conférence est disponible sur le site du Cercle Non Conforme).

Breizh-info.com : Depuis les épisodes de La Manif pour tous, on a l’impression que les jeunes catholiques se retournent à nouveau vers le militantisme politique. Est-ce éphémère ou amener à durer ?

Victor Aubert : Il est certain que la Manif pour tous a été à sa manière un « Mai 68 conservateur », et que de nombreux jeunes qui n’auraient sûrement jamais mis un pied dans une manifestation ni défié la police, sont descendus dans la rue.

Mais les événements étant retombés suite au vote de la loi Taubira, beaucoup de ces jeunes ont repris leur train de vie de petits privilégiés en oubliant leurs soucis éphémères du bien commun. Il est néanmoins vrai que ces événements ont aussi été l’occasion d’un réel éveil politique pour une partie non négligeable de ces jeunes, et on peut espérer que cet éveil soit durable et fructueux.

On peut citer notamment le mouvement des Veilleurs qui a suscité de nombreux engagements politiques ou metapolitiques, et les mouvements déjà existants comme les identitaires ou l’Action Française ont eux aussi bénéficié de ces événements qui ont débloqué certaines réticences envers des engagements militants. Quant à savoir  si cela va durer, n’étant pas prophète je ne peux rien dire d’intéressant à ce sujet.

Breizh-info.com : En France, en Italie, en Belgique, les évêques appellent à accueillir les migrants, à ouvrir les portes de l’Europe à ce nouveau camp des saints qui se profile. Comment dès lors peut-on être à la fois un fidèle catholique en totale contradiction avec les représentants de l’église ?

Victor Aubert : Je crois que les catholiques ne sont pas strictement tenus d’obéir à leurs évêques dans des domaines tels que la politique. Le rôle premier des évêques est d’expliciter la révélation et d’éclairer les principes de la morale évangélique. En dehors de ces deux rôles, leur autorité n’est pas infaillible.
Si les évêques sont aveugles au péril que constitue l’immigration massive (tant pour l’Europe que pour les migrants eux-mêmes) cela ne déresponsabilise pas les fidèles d’ouvrir leurs yeux sur cette situation et d’agir en vue du bien commun.

Breizh-info.com : L’Église ne portera-t-elle pas une lourde responsabilité (y compris l’actuel pape) dans les troubles qui pourraient arriver en Europe rapidement ?

Victor Aubert : Pour ce qui est du Pape François, je pense qu’il faut d’abord se méfier des  prétendues déclarations à propos des immigrés, telles qu’elles nous sont retranscrites dans les grands médias du système, et aller lire l’intégralité des déclarations en italien, directement sur les médias du Vatican. On s’apercevra alors que le Pape François n’est pas si immigrationiste que veulent nous le faire croire ces médias qui isolent bien souvent certaines citations qui vont toujours dans le même sens.

Par ailleurs il ne faut pas oublier que le Pape lui-même peut être mal conseillé et désinformé quant aux situations réelles des problèmes liés à l’immigration massive.

Quant aux évêques qui se positionnent en faveur d’un accueil sans limites des immigrés, je pense en effet qu’ils se font les responsables des troubles que nous connaissons déjà en Europe et qui deviendront de plus en plus réguliers et nombreux dans les années à venir.  Pour ma part je pense qu’il est de la responsabilité des catholiques et des clercs éclairés sur ces sujets, de parler haut et fort de ces problèmes en faisant bien évidemment preuve de pédagogie puisque ces sujets sont brûlants.

Breizh-info.com : Quelles sont les valeurs que défend aujourd’hui ou que recherche un jeune qui participe à Academia Christiana ?

Victor Aubert : La valeur fondamentale que nous promouvons est l’enracinement, car de là découlent l’ouverture spirituelle, et la possibilité d’un véritable engagement généreux au service du bien commun. Nous voulons donner aux jeunes le goût de leurs racines pour qu’ils soient prêts à se donner à leur pays par amour pour leur prochain. Nous voulons que notre combat s’enracine aussi dans la durée et pour cela nous nous adressons aux intelligences, car il faut que nos intuitions ou nos convictions s’appuient sur le réel et puissent se justifier par des arguments crédibles et pertinents .
Notre association a pour but d’abord de former, puis de maintenir un lien entre les anciens participants afin qu’ils se soutiennent et s’entraînent mutuellement dans leurs engagements , mais pour cela nous les incitons à s’investir dans des œuvres déjà existantes (écoles libres, mouvements militants, parti politique, entrepreneuriat, associations…).

Breizh-info.com : À l’heure où les églises se vident, voir sont abandonnées par les fidèles, il semble y avoir un renouveau de l’église que l’on appelle « traditionaliste » . Quelle est son influence réelle aujourd’hui en France ? Comment expliquez-vous ce renouveau ?

N’étant pas sociologue je ne peux me prononcer sur l’influence globale du renouveau « traditionaliste » dans l’Église. Ce que je peux constater à mon niveau c’est un nombre important de jeunes vocations, des paroisses remplies de fidèles, de nombreuses conversions.
Je pense qu’on peut expliquer en partie ce renouveau par une parole vraiment en phase avec notre temps sur tous les sujets (sexualité, politique, morale, éducation, spiritualité, écologie, sobriété…), mais aussi sur le choix d’un rite liturgique qui lui aussi est en phase avec les besoins de notre époque (recueillement, beauté, sacralité, sens du sacrifice, théocentrisme…).

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Le rôle spécifique des évêques est de procéder aux sacrements de l’Ordre et de la Confirmation, et l’administration d’un diocèse. Ce rôle spécifique s’ajoute à celui de n’importe quel prêtre. Merci.

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