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Passionné par l’histoire de la Presqu’ile guérandaise, Luc Braeuer, directeur du musée du Grand-Blockhaus de Batz-sur-Mer avec son frère Marc, a publié une trentaine de livres sur l’histoire des ports de Brest, Lorient et Saint-Nazaire pendant la guerre. Il nous fait maintenant découvrir la vie quotidienne des Baulois pendant la Seconde Guerre mondiale.
Durant cette dernière, l’histoire de la station balnéaire de La Baule est étroitement liée à celle du port voisin de Saint-Nazaire. À partir de septembre 1939, des britanniques débarqués à Saint-Nazaire s’installent dans plusieurs hôtels de la station balnéaire et transforment son casino en hôpital. Après la débâcle de juin 1940, ils rejoignent Saint-Nazaire dans l’espoir de revenir par bateau en Angleterre. Le 17 juin, le paquebot Lancastria est coulé par l’aviation allemande au large de ce port. La Baule enterre des victimes du naufrage échouées sur sa plage.
L’armée allemande arrive le dimanche 23 juin 1940. Sous l’Occupation, l’état-major commandant l’armée allemande de l’Ouest s’installe dans l’hôtel L’Hermitage. Au printemps 1941, le port de Saint-Nazaire commence à servir de base aux sous-marins allemands. L’état-major s’installe dans l’hôtel Majestic tandis que le casino est transformé en cantine. Après l’attaque des commandos britanniques sur Saint-Nazaire dans la nuit du 27 au 28 mars 1942, leurs morts sont enterrés au cimetière britannique d’Escoublac. À l’écart des risques de bombardement, de nombreux hôtels et villas de la station balnéaire sont réquisitionnés pour héberger des centaines de sous-mariniers. Saint-Nazaire étant détruite par les bombardements, La Baule accueille également 1700 réfugiés. Des casemates sont construites sur la plage qui devient ainsi l’un des maillons du Mur de l’Atlantique. Au printemps 1944, ces fortifications sont inspectées par le maréchal Rommel. Mais après le Débarquement, La Baule fait partie de la poche de Saint-Nazaire. Durant le siège, l’aérodrome d’Escoublac réalise des liaisons nocturnes avec l’Allemagne. En mai 1945, à la Libération de la poche, les soldats français et américains sont, à leur tour, cantonnés dans les hôtels et villas de La Baule. Le 23 juillet 1945, les Baulois accueillent le général de Gaulle…
Cet ouvrage en deux tomes est illustré par des centaines de photos d’époque. Luc Braeuer a réalisé un véritable travail de fourmi pour retrouver ces clichés réalisés par le photographe Léon Labière, par des soldats allemands, par des civils…
Kristol Séhec
La Baule, Occupation Libération, par Luc Braeuer, Liv’Editions, tomes I et II, 176 pages, 29 € chacun.
Photos : DR
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