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27/06/2016 – 06H45 Rennes (Breizh-info.com) – Des fouilles archéologiques menées par l’INRAP ont commencé rue de la Cochardière, près de l’Hôtel-Dieu, en mai 2016. Elles ont déjà permis de mettre à jour une série de vestiges de l’antiquité romaine, et devraient se poursuivre pendant un an. Un immeuble avec des parkings souterrains est prévu à cet emplacement.
« Le site est traversé par deux rues romaine est-ouest et une rue nord-sud », nous explique l’un des archéologues de l’INRAP qui travaille sur les lieux. « Nous avons déjà trouvé, au nord du site, une domus romaine, c’est à dire une habitation assez cossue, avec des sols en béton romain bien conservés. Elle a subsisté jusqu’au Ve siècle environ ». La villa est cependant assez endommagée : bien que le site soit resté vierge pendant plusieurs siècles, au début du XIXe, une maison a été bâtie sur ses vestiges, en partie détruits par l’établissement d’une cave, puis d’une fosse septique ; cette bâtisse a été rasée vers 1970. « Le constructeur de cette maison était un érudit et avait fait faire des fouilles à l’époque ; il avait d’ailleurs récupéré des choses », confie le chercheur. Le niveau archéologique romain est à moins d’un mètre sous le sol actuel.
Le site ne se limite pas à la villa. « Il y a aussi un cimetière, à partir du Ve siècle jusqu’au Moyen Age », autour d’une ancienne église Saint-Martin des Vignes, disparue. « Ce cimetière a été établi sur un quartier romain ». Cette église, très mal connue, a été détruite en 1794. On sait cependant qu’elle appartenait avant 1158 à l’abbaye Sainte-Melaine et sa position, au cœur d’un cimetière et très à l’écart du bâti de la ville médiévale, suggère sa grande ancienneté.
Un diagnostic réalisé en 2012 rappelle que de nombreux vestiges romains ont été découverts dans les environs de l’Hôtel-Dieu, notamment des briques romaines récupérées au XIXe, par centaines, par l’entrepreneur M. Louis qui les a réutilisées partout en ville. « A la place de l’Hôtel-Dieu il y avait d’ailleurs un grand édifice public, peut-être des thermes », précise l’archéologue. Ainsi que tout un quartier de la ville, avec plusieurs rues et des habitations.
Pendant ces diagnostics, des fragments de céramiques romaines et du haut Moyen-Age ont été retrouvés, ainsi que deux pièces de monnaies de la fin du IVe siècle. Il s’agit de deux as, l’un émis pour l’empereur Valens (364-378), l’autre à l’effigie d’Arcadius (388-402) . Près d’une tombe a aussi été retrouvée une fibule en argent en forme d’omega, décorée avec des motifs similaires à ceux qu’on peut rencontrer au Danemark et datée approximativement du Ve siècle après JC. De nombreux tessons de l’Antiquité, des VIe-VIIe et XIe-XIIe siècles ont aussi été découverts.
Les fouilles devraient se prolonger jusqu’en mai 2017 et occuper jusqu’à vingt personnes, dont plusieurs étudiants en archéologie stagiaires. Elles permettront d’améliorer la connaissance d’un quartier entier de la ville antique et d’une intéressante nécropole historique.
Crédit photo : breizh-info.com
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