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05/05/2017 – 23H00 Saint-Brieuc (Breizh-info.com) – « Jusqu’où va-t-on descendre ? Abcédaire de la bêtise ambiante » : ce titre d’un ouvrage d’Alain Soral pourrait largement accompagner les récentes déclarations de Loran, ancien guitariste du groupe punk Les Béruriers Noirs, qui vient d’appeler – en prenant le soin de le médiatiser – cette semaine, dans une vidéo… à aller voter Emmanuel Macron.
Loin, très loin, à des années lumières même, de l’esprit punk des années 80, du « no futur » mais aussi de la contestation de l’ordre social établi, l’ancien guitariste a donc choisi le représentant du système, et notamment du système bancaire. « Oï, oï, Ouille, ouille » pourraient se moquer certains anciens des groupes punks et skins des années 80 qui n’ont eux, pas opéré de virage à 360 degrés !
Emmanuel Macron, en tout cas, se passerait bien de ce soutien « pour faire barrage à Marine Le Pen » – qui pourrait lui porter la poisse dimanche 7 mai dans les urnes…
Car les Béruriers noirs – outre le style musical assez peu élaboré y compris pour du punk (presque toujours le même air et le même rythme en fond sonore) – n’ont jamais été réputés pour être de fins analystes politiques, ni même de bons devins.
Ainsi, en 1984 sortait « Porcherie », chanson « anti-tout » devenu quelques années plus tard une chanson axée contre le Front national et reprise en coeur par des millions de jeunes manifestants à chaque grande messe contre l’extrême droite. « Plus jamais de 20% » chantait alors le leader du groupe, en 1989, lors d’un concert à l’Olympia, appelant tout le public à faire un bras d’honneur au Front national.
Pourtant, depuis l’apparition des Béruriers noirs dans les années 80, le Front national n’a cessé de faire progresser ses scores – hormis l’interlude de 1998 et les difficultés entre 2007 et 2010 notamment – dépassant les 30, les 40, et même les 50% dans certains départements de France.
Depuis « Porcherie », le Front national a conquis des municipalités, des conseils départementaux, est arrivé deux fois au second tour de l’élection présidentielle, et les idées que ce parti porte depuis les années 70 occupent une place désormais majeure dans le paysage politique français, de façon transpartisane.
De quoi faire rager Loran Béru , désormais installé en Bretagne, reconverti dans le groupe « les ramoneurs de Menhir », groupe au son plus travaillé que les Béruriers noirs, et toujours engagé dans un florilège de causes diverses et variées comme l’indique son site Internet !
Après François, ancien chanteur des Béruriers noirs qui a, selon l’Express, « échangé sa crête pour un poste au CNRS » c’est donc Loran, qui a décidé d’échanger la Makhnovchtchina contre un vote en faveur d’Emmanuel Macron.
Suggestion : après avoir repris « Porcherie » en version 2017 avec Les Ramoneurs de menhirs (en collaboration avec le bagad de Quimperlé) pourquoi ne pas reprendre également « Salut à toi », en rajoutant un couplet qui commencerait par : « Salut à toi Punk social démocrate ! Salut à toi Punk banquier ! Salut à toi Punk en marche ! …»
Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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