La chute de Mugabe en novembre 2017 a sonné comme un espoir de fin des persécutions contre les fermiers blancs. La « réforme » agraire du président marxiste en 2000 avait consisté en la confiscation des terres gérées par les fermiers européens et la redistribution à des Africains. Cette politique avait été un échec monumental provoquant une chute colossale de la production agricole. Avec la chute de Mugabe, les fermiers blancs voient le gouvernement du Zimbabwe leur donner des gages.

Mugabe, une idéologie marxiste et haineuse assumée

Robert Mugabe, nourri à l’idéologie marxiste, avait toujours été très violent à l’égard des fermiers blancs. Récemment encore, il avait fait parler de lui dans nos colonnes. Robert Mugabe avait déclaré le 14 août dernier que toutes les personnes accusées d’avoir tué des fermiers blancs depuis le lancement de la réforme du pays et de la confiscation des terres aux Blancs devaient obtenir l’immunité et ne pas être poursuivis en justice. « Oui, nous avons ceux qui ont été tués quand ils ont résisté. Nous ne poursuivrons jamais ceux qui les ont tués. Je vous le demande : pourquoi les arrêterions-nous ? » avait-il notamment déclaré.

Au moins 12 fermiers blancs avaient été tués durant plusieurs attaques violentes de fermes. Malgré les condamnations internationales et des sanctions prises par les pays occidentaux, Robert Mugabe avait alors justifié ces meurtres : « Aucune décision judiciaire ne s’opposera à la manière que nous avons choisie pour obtenir la terre. Après tout, cette terre est nôtre par notre naissance. Elle est nôtre par nos droits. Elle est également nôtre par notre lutte. »

En juillet dernier déjà, Robert Mugabe avait provoqué l’émoi en déclarant que les fermiers blancs toujours en activité devaient être expulsés de leur propriété car la plupart des Zimbabwéens étaient à la recherche de terres.

Cette politique avait plongé le pays dans une crise alimentaire tenace. Le nombre de tracteurs utilisés par les fermiers était ainsi tombé de 25 000 en 1996 à 5 000 aujourd’hui. Selon Le Monde, citant l’AFP, « dans les champs redistribués à la majorité noire, il est fréquent de voir des hommes labourer avec des bœufs. »

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Un nouvel espoir pour les fermiers blancs du Zimbabwe ?

Après l’éviction de Mugabe du pouvoir, les fermiers blancs ont vu plusieurs signes positifs. En décembre 2017, Perence Shir, le nouveau ministre de l’Agriculture dans le gouvernement d’Emmerson Mnangagwa, a ordonné l’évacuation des fermes occupées illégalement par des Africains.

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Interrogé par l’AFP, Deon Theron – ancien fermier chassé de ses terres aujourd’hui reconverti dans l’hôtellerie – admet que la chute de Mugabe est une bonne nouvelle : « Je pense que le nouveau gouvernement va faire en sorte que les personnes compétentes puissent retourner dans les fermes ».

Autre signe positif, le ministère zimbabwéen des Terres a décidé d’étendre de 5 à 99 ans la durée du bail des fermiers blancs encore en activité.

Le signe est encourageant mais rien n’est encore gagné, comme en témoigne cette confidence de Ben Gilpin, directeur du Syndicat des fermiers (CFU) à l’AFP : « Nous avons vu la lettre et nous avons demandé des clarifications, des gens se sont rendus dans plusieurs bureaux et n’ont pas toujours obtenu la même réponse ».

La sortie de la crise est encore loin pour les fermiers européens du Zimbabwe.

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