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« Puisque le peuple- ne pense pas comme nous, il faut dissoudre le peuple.» Voici en substance, le fond de la pensée de ce qu’il reste aujourd’hui de la gauche française (est-ce que ce qualificatif lui va encore d’ailleurs ?), qui, ayant vu les ouvriers et prolétaires européens la quitter en masse, s’est appliquée à créer une nouvelle créature fantasmagorique :

Celle qui pourrait s’incarner dans le personnage d’un migrant, musulman, transgenre, féministe et opprimé.

Oui mais voilà, le réel risque de rapidement rattraper nos apprentis Frankenstein en herbe.

Car quel point commun justement, entre le musulman dont la religion condamne (parfois à mort) l’homosexualité, et la militante féministe LGBTQ+ ?

Quel point commun entre le migrant venu d’Afrique à la recherche de la société d’ultra consommation et le militant « anticapitaliste » qui l’aide à venir prétendant que chacun est ici chez lui ?

Quel point commun entre ce migrant Huts venu du Burundi et ce migrant Tutsi lui aussi venu du Burundi, pays qui les a vus se mener la guerre les uns contre les autres depuis des décennies ?

Et quel point commun entre ce militant « progressiste » du Larzac, et ce migrant Nigérian un temps passé chez Boko Haram, un temps par la mafia organisée de son ethnie qui sévit en Europe ?

Quel point commun encore, entre ces Turcs soutiens du régime d’Erdogan et ces Kurdes soutiens du PKK, qui vivent à quelques rues les uns des autres en Bretagne ?

Ces questions – pas si caricaturales que cela puisque de tout temps, ce sont des minorités qui ont fait l’histoire – pourraient former un livre tellement elles sont nombreuses, quasi infinies.

Les forces de gauche qui ont abandonné leurs travailleurs nationaux – et qui dénoncent même leur penchant à l’enracinement et au « populisme » – semblent aujourd’hui imaginer qu’il est possible, demain, que la France devienne ce carrefour mondial, où toutes les contradictions d’une planète se retrouveraient soudainement dans la joie et la bonne humeur, avec un projet commun, quasi religieux (progressiste ou droit de l’hommiste pour les uns, républicain pour les autres).

Non seulement elles l’imaginent, mais elles dessinent virtuellement ce carrefour au quotidien, fermant les yeux sur la réalité, celle que vivent les communautés, les individus, au quotidien, et qui est toute autre.

La réalité pourtant, ce sont des affrontements entre communautés ethniques sur la jungle de Calais et des tensions communautaires qui naissent sur plusieurs territoires de l’hexagone. Ce sont des incidents entre Turcs et Kurdes dans plusieurs villes de France. C’est d’admettre qu’il n y a jamais eu de marche des fiertés LGBTQ+ organisée à Roubaix ou à La Courneuve. C’est de constater que jamais une religion n’avait autant opposé ses partisans et ses détracteurs en France où elle a été implantée. C’est d’évoquer non pas « les migrants », mais des millions d’hommes et de femmes aux cultures, aux mœurs, aux langues, aux traditions, aux visions du monde différentes voir opposées, qui aspirent à venir dans nos pays.

C’est tout simplement d’être parfaitement conscient que, loin des rêves et des fantasmagories, ce n’est pas « la croisière s’amuse » qui  nous attend demain, mais bien un scénario que les Pierre Boulle ou les John Carpenter n’auraient jamais été jusqu’à imaginer.

D’être conscient que demain, ni Tarik Ramadan, ni ses partisans ne défileront sur un char de la Gay Pride tout de cuir vêtus. Que le « réfugié » nigérian passé chez Boko Aram n’acceptera pas très longtemps que Caroline de Haas lui parle de sa façon de se comporter avec les femmes. Mais aussi que les « mâles blancs », ce nouveau mal absolu, n’accepteront pas bien longtemps d’être constamment mis plus bas que terre par toute l’oligarchie dominante.

Le plus « drôle » dans tout cela ? C’est que cette gauche, qui par ses rêves teintés d’inspirations polpotiennes a ouvert la boîte de Pandore, sera la première à être ramenée à la dure réalité par la créature de Frankenstein qu’elle a fabriqué.

On comptera les points , on reconstruira ensuite …

Julien Dir.

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