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La chasse à l’homme menée par la nouvelle Inquisition n’a plus aucune limite en France. Après l’affaire Folau, interrogé sur ses croyances religieuses et il est vrai très relayée par la presse sportive française , Denis Balbir, qui commentait le match Marseille Leipzig, vient d’en faire les frais, lui qui a été suspendu à titre conservatoire par W9 suite à la diffusion malveillante, vraisemblablement par un employé de la chaîne, d’une séquence vidéo hors antenne dans laquelle il traite les supporteurs de Leipzig de « pédés ».
Denis Balbir insulte les joueurs de Leipzig en OFF ? #OMRBL pic.twitter.com/Wc3Fk0bwVF
— ?? American ?? (@lep4risien) 12 avril 2018
Une séquence captée une heure après le coup de sifflet final. Il n’en fallait pas plus pour qu’y compris la ministre des Sports, Laura Flessel, se fende de son tweet et participe au lynchage. Homophobie, le mot est lâché.
Je salue la décision de @w9. Les propos homophobes même hors antenne sont condamnables. J’organiserai le 17 mai prochain à @INSEP_PARIS un colloque #exaequo, « sport et homophobie, parfois l’égalité est une victoire ». @MarleneSchiappa @DILCRAH https://t.co/SCJWQqTKQF
— Laura Flessel (@FlesselLaura) 13 avril 2018
Pourtant, tous ceux qui ont pu suivre le match OM contre Leipzig hier soir ont sans doute été ravis par la qualité des commentaires, lors d’un match de haut niveau remporté par Marseille 5 buts à 2. Faudra-t-il également interdire de stade tous les supporteurs marseillais qui, sur chaque dégagement du gardien de but adverse, scandaient « oh hisse enculé ! » ? Et puis pourquoi pas les licencier, les tuer socialement ? Faudra-t-il désormais se retenir, y compris en privé, de s’exprimer comme on l’entend, et avoir la main sur la couture du pantalon ?
Les excuses de Denis Balbir n’y feront rien, la meute est lâchée, et sa carrière compromise : « Je suis navré de ces propos déplacés échangés hors antenne et qui n’ont donc jamais été diffusés . Je présente mes excuses à tous. La diffusion de cette séquence privée et en aparté sur les réseaux sociaux est cependant particulièrement malveillante.»
La conclusion ira à Vincent Duluc, journaliste pour L’Equipe, qui dénonce, avec quelques pincettes, le lynchage de son collègue : « Sur l’affaire Balbir. 1. Il a tenu ces propos honteux au bout une journée effroyablement difficile, après un deuil personnel; 2. Si le hors antenne était diffusé, plus personne ne pourrait bosser; 3. Cette ère du jugement et de la dénonciation ne fait pas rêver.»
Non, ça ne fait pas rêver, ça fait même très peur.
Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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