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Nous avons déjà eu l’occasion de parler d’Éric Plumer, l’ancien chef du service d’ordre du Parti socialiste, viré en octobre 2017 lors du plan social post-défaite présidentielle : « Une soixantaine de départs sur 100 salariés » (Le Canard enchaîné, 4 avril 2018) au siège de la rue de Solférino.
Rentré chez lui à Geneston, près de Nantes, Plumer n’a toujours pas digéré sa mise à la porte : « Après la branlée qu’on s’est prise, je peux comprendre un licenciement. Mais il y a la manière. Là, ça été digne d’une entreprise du CAC 40… » (Ouest-France , Loire-Atlantique, 17-18 mars 2018). D’autant plus que François Hollande l’avait classé au rang des « institutions socialistes » (Libération, jeudi 22 mars 2018).
Grâce à l’affaire Benalla, les médias reparlent du Breton. « Benalla n’a pas encore 20 ans quand il rejoint les gros bras du service d’ordre (SO) de Solférino, Éric Plumer, l’historique patron du SO du PS, accueille cet étudiant en droit qui a grandi dans un quartier populaire d’Evreux : « C’était un gamin bien, équilibré, il réagissait bien, il avait des compétences. C’est moi qui l’ai formé à la sécurité politique. » Il aime bien le petit nouveau. « Parfois j’ai eu besoin de le remettre dans les élastiques, mais comme tous les autres’’ » (L’Obs, 26 juillet 2018).
« Je suis effaré par ce que j’apprends maintenant. »
Au PS, Benalla a été affecté à la sécurité de Martine Aubry, d’Arnaud Montebourg, de François Hollande, ce qui lui permet de bâtir un CV où rien n’est véritablement faux, mais rien n’est vrai non plus. Plumer précise les choses : « Je l’ai eu sous ma responsabilité de 2010 à 2012. Il était bénévole. C’était un bon pro qu’il fallait recadrer de temps en temps, mais j’avais confiance en lui. Je suis effaré par ce que j’apprends maintenant. » (Ouest-France, 21-22 juillet 2018).
Le plus marrant dans cette histoire est qu’à l’origine des ennuis que connaît le marocain Alexandre Benalla se trouve l’Algérien Taha Bouhafs qui a tourné les images sur lesquelles le premier se livre à des violences sur des manifestants (Libération, vendredi 20 juillet 2018). On reste donc entre musulmans, même si l’hostilité entre les ressortissants des deux pays est bien connue. Autre curiosité : la presse algérienne a vu dans Benalla un « agent des services secrets marocains » infiltré dans les hautes sphères de l’État (Valeurs actuelles, 26 juillet 2018).
Benalla : un mariolle qui avait tout pour réussir ?
Sur le plan idéologique, Benalla est un homme complet. D’une part, il est considéré comme « musulman pratiquant », par Karim Achaoui, l’avocat des voyous, le premier s’étant proposé pour protéger le second à titre bénévole (L’Obs, 26 juillet 2018). D’autre part, le jeune chargé de mission à l’Élysée a « été initié au sein de la loge Les chevaliers de l’espérance, de la Grande Loge nationale française (GLNF) ». « Ce Franc-maçon porte le matricule 106 161 de cette obédience depuis janvier 2017 », écrit le journaliste de L’Express François Koch sur son blog « La lumière » (Le Figaro, jeudi 26 juillet 2018). Musulman et franc-maçon, Benalla possédait les bonnes cartes ; un mariolle qui avait tout pour réussir.
La conclusion revient à Éric Plumer : « Un mec gentil, qui veut bosser », dit-il à propos de Benalla. Normal pour un « adepte du Krav-Maga, le close-combat de l’armée israélienne ». (Journal du Dimanche, 22 juillet 2018).
Bernard Morvan
Illustration : DR
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