Le secteur de la mode a eu mauvaise presse en 2018, certaines grandes enseignes ayant été accusées de ne pas rémunérer leurs ouvriers et d’autres de brûler les invendus. L’industrie textile est la plus polluante derrière celle du pétrole et d’après les chiffres communiqués par Green Peace, la production de vêtements dans le monde aurait doublé entre 2000 et 2014.

Cependant, nous assistons à un éveil des consciences. La sortie du documentaire “The True Cost” en 2015 avait déjà bousculé les aficionados du shopping. Avec un consommateur de plus en plus attentif aux conditions de fabrication de ses vêtements, il était évident que les dernières Fashion Weeks affichent une révolution de la mode.

Comment les grandes maisons couturières s’adaptent-elles face à un consommateur qui se veut toujours plus responsable et conscient face à sa consommation ? Suivent-elles la tendance d’une mode plus éthique et morale ? Prenons l’exemple de l’utilisation de fourrures et autres peaux de bêtes, ayant entretenu depuis fort longtemps des relations compliquées avec l’industrie de la mode. Pour certains, la fourrure est synonyme de luxe et d’authenticité, pour d’autres, elle ne rappelle que le massacre brutal et inutile d’animaux ayant pour seul motif la vanité.

Des groupes de pression comme PETA demandent alors aux marques de cesser d’utiliser de la fourrure dans leurs confections. L’argument mit en exergue ? Les mentalités changeantes des jeunes acheteurs, plus socialement conscients et moraux, pour qui l’utilisation de la fourrure dans le monde du textile est cruelle et insensée à notre ère. Et avec un consommateur toujours plus connecté, aucune enseigne ou créateur n’est à l’abri d’un bad buzz. C’est ainsi que l’année dernière, des créateurs comme Michael Kors, Calvin Klein, Hugo Boss, Ralph Lauren, Tom Ford, Gucci ou encore DKNY bannissent la fourrure de leurs collections. Ce n’est que récemment que la maison Versace a affirmé que ses créations seront à l’avenir fur-free. « La fourrure ? Je n’en veux pas. Je ne veux pas tuer des animaux pour faire de la mode. Cela ne me semble pas bien » annonce Donatella Versace, la créatrice.

Selon le rapport de Octobre 2018 de la plateforme dédiée à la mode Lyst, Versace serait la 6ème marque la plus en vogue, la décision de Versace devrait donc avoir un impact important sur l’industrie. Certains grands acteurs du secteur affichent également cette tendance, comme les Galeries Lafayette et leur campagne Go For Good visant à conscientiser les consommateurs sur une mode plus éthique. Caroline Rush elle, directrice générale du  British Fashion Council en charge d’organiser la Fashion Week de la capitale anglaise, annonçait qu’aucune fourrure animale n’aura sa place durant les défilés cette année. Elle ajoute que la London Fashion Week 2018 « souligne la tendance remarquée au cours de ces dernières années, avec de plus en plus de marques se vouant à utiliser des matières alternatives à la fourrure ».

Une enquête menée par l’Ifop pour l’organisation 30 millions d’amis a révélé qu’au premier trimestre 2018, 86% des Français sont pour la fermeture des élevages d’animaux à fourrure. Avec près de 4 personnes sur 5 dans l’hexagone s’opposant à l’utilisation de fourrure, les grandes marques et créateurs appliquent-ils ces mesures pour anticiper les réactions négatives de l’opinion publique ? Ou assistons-nous au contraire à une réelle prise de conscience d’intérêt environnemental de la part de ces maisons de couture ? L’année 2018 marque dans tous les cas un flagrant virage dans le modèle économique de l’industrie textile en vue d’une mode plus responsable.

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