L’ailier irlandais James McClean a été agressé verbalement par des fans en colère ce week-end à l’occasion du match de Championship (D2 anglaise) entre Stoke City et Middlesborough.

Le joueur de 29 ans, natif de Derry (Irlande du Nord), a en effet refusé, une nouvelle fois, de porter le coquelicot brodé sur son maillot, en hommage à l’armée britannique, à l’occasion des journées se jouant les 3 et 10 novembre, ceci à l’approche des commémorations de la Grande Guerre.

James McClean, sur son compte Instagram, a réagi aux insultes dont il a fait l’objet, raillant une partie des fans de Stoke, remerciant « les fans réellement éduqués et qui le soutiennent » et revendiquant d’être un « Proud Fenian » , c’est-à-dire l’appellation qui désigne les nationalistes irlandais résistants par les armes aux britanniques.

La Fédération anglaise (FA) a ouvert une enquête suite à ce post

McClean, joueur international en équipe d’Irlande, avait déjà fait de même et provoqué des polémiques dans ses clubs précédents de Sunderland, Wigan et West Brom. Le port du coquelicot n’est toutefois pas obligatoire pour chaque joueur, mais des fans estiment que c’est un manque de respect total. « Il est bien content de joueur en Angleterre, mais il crache sur nos anciens. Qu’il aille jouer dans son pays au Derry FC s’il déteste à ce point l’Angleterre » nous confie via Facebook un fan de Stoke habitant en France.

Les dirigeants du club de Stoke City ont déclaré qu’ils « respectaient sa décision et son droit de suivre ses propres convictions . Le club revendique ses liens étroits avec les forces armées et a également invité les membres des forces armées à se joindre à nous lors du match de commémoration de Middlesbrough. Cependant, nous reconnaissons que le coquelicot a des significations différentes selon les individus et les communautés et (comme la Légion royale britannique) nous ne croyons pas que quiconque devrait être forcé ou même contraint de porter le coquelicot contre son libre arbitre.»

macclean

Depuis ses débuts en Premier League avec Sunderland en 2012, McClean a été critiqué (mais aussi soutenu par des fans irlandais) à plusieurs reprises pour son refus de porter des maillots de football portant le symbole du coquelicot lors des matches du Jour du Souvenir (11 novembre). Il explique son refus par respect pour ses compatriotes assassinés à Derry en 1972 à l’occasion du Bloody sunday, tout en expliquant qu’il s’agissait d’une prise de position pacifiste, et sans aucun ressentiment anti britannique. McLean associe le coquelicot aux actions de l’armée britannique en Irlande du Nord et ne le porte donc pas par principe.

A noter que ce dernier a déjà été menacé de mort par des militants loyalistes en Irlande du Nord.

À l’occasion du 11 novembre, date de commémoration de l’armistice de 1918, des coquelicots (« poppy ») en papier fleurissent sur les poitrines des Britanniques. Une tradition pour célébrer la mémoire des soldats tombés pendant la guerre, sous la forme d’un coquelicot à la fois, car les tranchées britanniques dans les champs de Flandre étaient remplies de coquelicots en 1915, mais aussi parce que la couleur de cette fleur est celle des habits traditionnels des soldats de Sa Majesté.

Crédit photos : DR
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