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On ne peut pas installer à Nantes 700 migrants et penser que tout se passera bien. C’est l’expérience que vient de vivre une jeune Nantaise violée sur la voie publique par un « mineur isolé étranger ». Cette dernière pourra remercier Johanna Rolland, voire lui demander des dommages-intérêts.
Johanna Rolland : « On n’a pas osé le dire par peur de faire monter le FN. »
Johanna Rolland (PS) l’a dit en présentant ses vœux : « Nantes la généreuse a mis à l’abri 700 migrants » (Ouest-France, Nantes, mardi 8 janvier 2019). Elle avait déjà eu l’occasion d’exposer toute l’étendue de sa générosité lors d’un entretien : « L’hébergement d’urgence, ce n’est pas une responsabilité de la Ville. Mais Nantes a fait des choses. Nous en faisons encore plus et nous l’assumons : mise à disposition de tickets transports ; kits d’hygiène ; centres socio-culturels accueillant les migrants pour les accompagner à la vie sociale ; baux précaires avec les associations… Parfois, on n’a pas osé le dire par peur de faire monter le FN. Sur ce sujet, il faut faire et mener la bataille des idées. » (Presse Océan, samedi 9 juin 2018).
Mais ce qui devait arriver arriva. Dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mars, une étudiante âgée de 25 ans est violée boulevard Babin-Chevaye. Le « jeune homme », âgé de 17 ans, auteur présumé des faits, était connu après une précédente affaire de violence. Son emprunte génétique était donc enregistrée. Il vivait à Orvault dans un hôtel dans le cadre de la prise en charge par le Département des mineurs isolés étrangers (Presse-Océan, samedi 16 mars 2019)
Les risques sont pris par les Nantaises, pas par Mme Rolland
La victime pourra remercier Johanna Rolland pour ses bons et loyaux services. Car, si cette dernière reconnaît qu’« en matière de sécurité, on doit faire mieux », elle s’empresse de conclure que « Nantes a toujours su prendre des risques », ce sont les Nantaises qui les prennent, pas Mme Rolland.
Comme les viols, à Nantes, sont fréquents sur la voie publique – c’est ce que la lecture de la presse locale nous apprend -, on s’étonne que dans son « Labo 258 », avec lequel elle prépare les élections municipales, Mme Rolland n’ait pas songé à ajouter un neuvième atelier consacré justement à cette question. Un oubli, sans doute. Dommage car, dans ce dialogue engagé avec la société civile, Mme Rolland, qui se propose d’ « imaginer la ville dans dix ans » (Presse Océan, jeudi 17 janvier 2019), aurait pu aborder ce sujet très concret qui intéresse d’avantage les Nantaises que la réinvention de « nos modes de fonctionnement ».
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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