Jeudi 11 avril 2019, la commission jeunes médecins du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a présenté une enquête sur les déterminants de l’installation chez les internes, les remplaçants et les installés.

Il en ressort 4 enseignements principaux : 

  • Un décalage entre l’aspiration à s’installer et sa concrétisation. En effet, 75% des internes envisagent de s’installer en libéral et pourtant dans les faits, seuls 12% des nouveaux inscrits à l’Ordre des médecins en 2018 exercent en libéral. Comment une telle disparité s’explique ?
  • Le territoire et la proximité familiale comme déterminants majeurs à l’installation. Pour 62% des internes et 57% des remplaçants, la qualité des services publics est un facteur essentiel à l’installation comme pour les installés. En ce qui concerne la proximité familiale, pour plus de 60% d’entre eux cela pèse fortement dans leur choix.
  • Une attente particulière sur les conditions d’exercice, en lien avec les autres professionnels de santé. L’activité mixte, libérale en groupe ou en maison de santé pluridisciplinaire est plébiscitée par 72% des internes et seuls 3% d’entre eux envisage le libéral seul ! Pour plus de 81% des internes et 87% des remplaçants, pouvoir s’appuyer sur un réseau de professionnels de santé est un point déterminant. Dans les mêmes proportions (respectivement 82% et 87%) ces jeunes médecins, comme beaucoup d’autres travailleurs, sont à la recherche d’un équilibre vie privée-vie professionnelle avec des horaires et des rythmes de travail qui ont un impact certain sur la décision du lieu et du mode d’installation.
  • Les aides financières sont importantes mais pas déterminantes. L’étude révèle que la grande appréhension est l’échec économique de l’installation (59% des internes et 43% des remplaçants). Face à cette crainte, les aides financières peuvent apparaître comme LA solution, pourtant bien qu’importantes elles sont considérées comme peu ou partiellement déterminantes pour 48% des internes et 47% des remplaçants. Les mesures financières ne sont donc pas la solution au problème démographique médical.

Le questionnaire s’adressait à l’ensemble des médecins sans distinction d’âge, de qualification, de type d’exercice et de diplôme. Celui-ci a été envoyé par mail à partir de la base de données du Conseil National de l’Ordre des médecins et a été relayé par les structures membres de la Commission Jeunes Médecins (ANEMF, ISNAR-IMG, ISNI, ReAGJIR, SNJMG). Le recueil a été effectué du 7 janvier à 27 février 2019, permettant de recueillir 15 970 réponses, dont 15 319 réponses exploitables après ajustement de la base d’analyse des résultats. Les répondants ont été classés en 3 groupes pour l’analyse statistique : – les internes (2 443 répondants) ; – les remplaçants exclusifs (2 079 répondants) ; – et les installés, en libéral ou salariat (10 797 répondants). Les spécialités médicales représentent une nette majorité des répondants par rapport aux spécialités chirurgicales, puisque 90% étaient en formation ou exerçaient une spécialité médicale. Parmi les répondants en spécialité médicale, 60% étaient en formation ou exerçaient la Médecine Générale. Pour les spécialités chirurgicales, ce sont les obstétriciens, les ophtalmologistes et les chirurgiens orthopédiques qui sont les plus représentés.

La répartition par spécialité ordinale des répondants est cohérente avec celle de l’ensemble de la population médicale française. En effet, parmi les 198 081 médecins en activité régulière en France, 87 801 sont spécialisés en médecine générale (44.3%), 85 647 (43.2%) sont spécialistes d’une autre discipline médicale et 24 631 sont des spécialistes chirurgicaux (12.4%)

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Crédit photo : Pïxabay (cc)
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