Le 19 mai prochain, les citoyens helvétiques sont invités à se prononcer sur deux sujets : la réforme fiscale et le financement de l’AVS (assurance retraite) d’une part, la directive sur les armes de l’autre. La Suisse jouit d’une réputation de havre démocratique largement usurpée. Tout le monde en Europe, voire dans le monde, est persuadé qu’il suffit aux citoyens de se pencher sur les thèmes soumis au vote, de réfléchir, puis de dire oui ou non et le tour est joué : les autorités s’inclinent, quel que soit le choix démocratique.

Or, rien n’est plus faux.

L’oligarchie helvétique, sœur des autres oligarchies, est transnationale.

Ses préférences vont toutes dans le sens d’une intégration de plus en plus prononcée à la fausse Europe (l’Union européenne), à l’espace atlantique (les autorités suisses ne sont que des pions dans le jeu états-unien et israélien) et à la mondialisation. Il suffit de consulter la liste des personnages des mondes politique, économique, diplomatique, militaire, culturel, universitaire suisses invités aux réunions du Bilderberg pour s’en persuader. Les moyens médiatiques (à 90 % entre les mains des journaux, télévisions et radios ayant pignon sur rue) et les éléments de propagande officiels font merveille dans le sens des efforts en vue de subordonner le peuple aux desiderata du gouvernement et des milieux privilégiés dont le conseil fédéral et le parlement servent en priorité les intérêts. Le résultat des deux ou trois dernières votations sont de ce point de vue on ne peut plus éclairants.

Le 19 mai, il s’agit donc de se prononcer sur deux modifications : celle de la fiscalité et celle du droit à posséder une arme. Je ne m’étendrai pas sur la première : elle consiste simplement à offrir aux multinationales des avantages dont on privera les petites et moyennes entreprises. Les éternels cadeaux aux grands groupes internationaux aboutiront aux résultats habituels : ils paieront de moins en moins d’impôts, tandis que les autres types d’entreprise continueront à peiner et à affronter sans aide la fatalité de la faillite. Par qui les faillis sont-ils mangés ? Par les multinationales, cela va de soi.

Plus grave est la seconde modification. Depuis 1291, le citoyen suisse jouit de ce privilège aristocratique qu’est la possession chez lui d’une arme. Elle lui permet de se défendre, de défendre les siens, mais également de se dresser sur l’heure contre tout ennemi extérieur ou intérieur. La mondialisation, servie par cette institution anti-européenne qu’est l’Union dite européenne, vise depuis belle lurette à désarmer le citoyen lambda. L’oligarchie, elle, bénéficie non seulement de milices privées, de l’attention constante de la police, mais également des forces armées, de plus en plus constituées de soldats étrangers, donc prompts à obéir sans états d’âmes aux ordres de leurs maîtres, les oligarchies cosmopolites. Jusqu’à présent, le citoyen helvétique avait le droit ancestral d’avoir chez lui de quoi répondre à une agression.

Le début de la fin de l’exception suisse ?

Mais l’Union européenne, désireuse de complaire à l’oligarchie internationale, n’a éprouvé aucune peine à convaincre les autorités suisses, traîtresses à leur peuple, et les milieux qui les commandent à mettre un terme à ce privilège particulièrement viril (mais où est la virilité de nos jours face aux féministes hystériques et à ceux qui les suivent ?) Pourquoi une telle velléité de réduire à l’impuissance le citoyen ordinaire ? Parce que l’UE et l’oligarchie helvétique savent fort bien que lorsque l’invasion migratoire qu’ils encouragent aura atteint son seuil critique, c’est-à-dire lorsque les citoyens risqueront d’être égorgés dans leur lit, il importe qu’ils soient privés de tout moyen de se défendre. De même, la Suisse, tout comme les autres pays de l’Europe, finira par crouler sous les coups d’une oligarchie impitoyable, vouée à la paupérisation de la classe moyenne, ce qui suscitera révolte et révolution.

Des citoyens désarmés ne présenteront plus dans ce cas qu’un semblant d’insoumission que des troupes internationales mercenaires n’auront aucune difficulté à réduire, fût-ce par un massacre dont l’aspect sanguinaire fera reculer les autres. L’exemple de la France de Macron est à cet égard parlant. Il y a vingt ans, à la seconde question, 80 % des citoyens helvétiques auraient répondu non sans hésiter, refusant de se voir délester de l’arme qui fait d’eux des hommes responsables et autonomes. Aujourd’hui, rien n’est moins sûr. D’une gauche, idiot utile du capital, aux féministes, des pacifistes imbéciles, naïfs ou dévirilisés, aux complices d’une mondialisation visant à exterminer les peuples de race blanche, de l’Église Vatican II, qui trahit le catholicisme, à des citoyens acquis à la cinquième colonne déterminée à effacer la Suisse de la carte de l’Europe, tous sont à même de former une majorité létale, faisant du double oui le grand gagnant de la votation, de toute manière pipée, de dimanche prochain. Si tel était le cas, ce serait le début de la fin de l’exception suisse.

Dr Michel Bugnon-Mordant, professeur émérite, géopolitologue, essayiste, Suisse

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