Brexit. Boris Johnson ne manque pas de panache

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Boris Johnson, Premier ministre de Sa majesté britannique, ne manque pas de panache. Il avait décidé de longue date que, accord ou pas accord négocié avec l’administration de Bruxelles, le Royaume-Uni devrait quitter l’Union européenne (UE) au plus tard le 31 octobre prochain. Il sait parfaitement qu’une telle navigation vers la haute mer ne dépend pas, en régime ordinaire, de sa seule décision. En droit britannique, et depuis 1689, la légitimité n’appartient pas au peuple mais aux Chambres. « BoJo » ne peut donc quitter l’UE sans une décision en ce sens des Communes réunies à Westminster. C’est pourquoi il a décidé de contourner l’obstacle en suspendant le Parlement jusqu’au 12 octobre. Il suffisait d’y penser.

Après cela, entre le 12 et le 31 octobre, les délais seront chiches et ses opposants n’auront pas le temps d’un aller-retour institutionnel entre les Communes et la Chambre des Lords pour signifier à l’UE une demande de nouveau délai aux fins de mettre au point une autre manière de la quitter que celle, brutale, du Brexit dur. Sans cette demande explicite de la part du Parlement britannique, c’est l’article 50 du traité de l’Union qui s’imposera : la Grande-Bretagne ayant signifié voilà deux ans l’ouverture de la procédure de vingt-quatre mois nécessaire à la notification de son retrait de l’UE, une fois le délai écoulé (il a déjà connu une prorogation exceptionnelle), le retrait deviendra automatique. Ce que Johnson entend risquer.

Un « scandale constitutionnel » ?

Philip Hammond, ancien ministre des Finances, conservateur comme Johnson, parle de « scandale constitutionnel ». Ce serait vrai s’il existait une constitution britannique. Mais tel n’est pas le cas. S’appliquent donc les règles habituelles. Parmi celles-ci, la suspension du Parlement, qui est coutumière en septembre, et dont la durée dépend du Premier ministre. Cette suspension est destinée à laisser aux partis le temps de ce que leurs homologues français nomment des ‘universités d’été’, c’est-à-dire des retrouvailles avant la rentrée parlementaire pour mettre au point, chacun de son côté, la hiérarchie des objectifs à atteindre et les stratégies à développer à cet effet.

Très habilement, BoJo a considérablement allongé le délai cette année. Les parlementaires crient au coup de force, et ils ont raison. Mais la procédure est légale ; ce qui accentue les effets secondaires du côté des opposants qui ne s’y attendaient pas. La pseudo rentrée parlementaire du mardi 10 septembre risque donc d’être fortement agitée, et écourtée à une journée seulement. Sauf si les opposants parviennent à s’entendre d’ici à mardi prochain pour mettre Johnson en minorité et provoquer, à terme, des élections générales. BoJo a parié sur l’inverse : les oppositions sont trop diverses dans leurs motifs pour parvenir à s’entendre, et des élections générales risquent de se retourner contre les travaillistes qui, pour l’heure, n’ont vraiment pas bonne presse et auraient tort de risquer une telle confrontation.

Dans son Coriolan, Shakespeare faisait dire à l’un des ses personnages : « Qui dépend de vos faveurs nage avec des nageoires de plomb. » En suspendant le Parlement, Bojo a lui aussi lancé du métal fondu en direction de ses opposants, qu’ils soient conservateurs ou travaillistes. Bénéficiera-t-il des effets attendus ? Une première réponse sera donnée mardi prochain.

Jean-François Gautier

Crédit photo : Bikash Halder/Flickr (cc)
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