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La première du spectacle consacré hier à l’imaginaire breton, très réussie, pourrait être suivie d’une tournée, avec le Morbihan comme prochaine étape. La salle de spectacle (350 spectateurs) était comble et captivée. Patrick Poivre d’Arvor, ému, a remercié les Perrosiens pour leur écoute, félicitant les quelques enfants présents : ils ont suivi sans broncher une heure de spectacle en se laissant prendre par l’ambiance (les textes n’étant pas à destination d’un public enfantin).
Un dispositif artistique simple et efficace
La voix sobre et chaleureuse du journaliste-écrivain Patrick Poivre d’Arvor récite un florilège de textes d’auteurs bretons (Renan, La Villemarqué …) ; ensuite, deux musiciens – Ronan Baudry au saxo, Romain Hervé au piano- vont chercher dans le patrimoine musical et la création récente des accords avec les thèmes évoqués.
Ys, évoquée au milieu d’une bourrasque, qui secouait le palais des Congrès édifié à même la grève de Trestraou, illustrée par la Cathédrale engloutie de Debussy, donna dès le préambule le ton enchanteur de la soirée.
Les toniques « vendanges armées » en terre franque ; le retour providentiel du duc Jean IV ; les crimes et la damnation de Iannig Skolan, multirécidiviste et féminicide des temps jadis… furent suivis de morceaux de compositeurs actuels, faisant varier sur un son jazz des gwerz immémoriales. On retiendra notamment la Rapsodie bretonne de Robert Bariller (1918-1980) et l’Ankou du Lannionnais Eric Voegelin.
En conclusion, le Lamento du compositeur trégorrois Guy Ropartz rappela toutes les peines de l’exil. L’ambiance intimiste, éclairée seulement des images projetées sur le grand piano par Michel Follerou, donna au palais des Congrès les couleurs d’une veillée familiale, au commencement des mois noirs qui s’installent.
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