La municipalité socialiste de Nantes et la Semitan ont présenté le E-Busway – version plus longue et surtout électrique rechargeable du Busway (Place Louis XVI – porte de Vertou) comme une innovation  majeure et un grand progrès technique. Force est de constater qu’ils sont déjà saturés et surtout souvent en panne, plusieurs mois après le début du service.

« Ça commence à aller mieux, on arrive à avoir des jours entiers sans panne », veut croire cet agent de prévention de la TAN. « Ils commencent à se roder et ça va un peu mieux. Puis c’est une innovation. Mais c’est vrai que le début a été dur », reconnait un autre de ses collègues. Cependant ce 13 novembre, un E-Busway était à nouveau en panne place Louis XVI, sous le regard un brin blasé d’un roi qui en a vu d’autres, perché sur sa colonne.


Et ce 15 novembre, c’est un autre E-Busway qui est tombé en panne à Duchesse Anne, comme le signale le service de la TAN sur Twitter, plutôt discret habituellement sur les pannes de matériel.

« un truc ni fait ni à faire »

« A chaque fois, ces pannes engendrent d’autres retards. Le temps que la dépanneuse vienne, le temps d’évacuer le bus, ça met au tas d’autres lignes. La C1, la 12 et la 11 si ça arrive place Foch [Louis XVI], et ça arrive assez souvent, y a le système de rechargement qui déconne bien », relève un agent. « Une innovation ? Tu parles ! On s’est fait refiler un truc ni fait ni à faire, comme le passeur d’Erdre qui fonctionne mal à l’hydrogène, et maintenant on essuie les plâtres avec les passagers, qui s’énervent et ils ont bien raison », tempête un autre.

Sans compter que les nouveaux E-Busway, pourtant plus longs et plus encombrants – ce qui explique aussi une bonne partie de leurs soucis techniques – sont déjà saturés. La ligne Busway est soumise à une augmentation constante de la population le long de la desserte, et Johanna Rolland n’en finit pas de payer le choix technique fait à l’époque par Jean-Marc Ayrault et son équipe, de mettre en place un bus à haut niveau de service sur site propre plutôt qu’un tramway. Ce dernier aurait coûté un peu plus cher, ne pouvait pas grimper sur le pont de la Rotonde [tour LU] dans sa configuration actuelle et était moins subventionné par le gouvernement, « mais avec un tramway, on a plus de souplesse pour s’adapter au trafic. On peut coupler les rames, en mettre plus et plus souvent. Là on arrive aux limites de la logique des bus », relève un chauffeur de la ligne.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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